‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 149 sur 368 · GÉNÉRALITÉS PHYSIQUE DU GLOBE · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS PHYSIQUE DU GLOBE

502. D» E. Sœchting. Die Fortschritte (1er physikalischen géographie im Jahre 18P3. (Les progrès de la géographie physique en 1863). Berlin, 1863, in-8\ 68 pages. (Extrait des Fortschritte der Physikj édités parla Société Physique de Berlin, 17* année.)

Rien ne saurait être plus utile et d'un plus grand intérêt pour les études générales que ces revues périodiques des progrès accomplis dans la marche d'une science. Le D' Sœchting passe en revue les publications de 1863 relatives aux diverses branches de la physique du globe, et donne de chacune un aperçu analytique, accompagné des remarques nécessaires. Il traite successivement de la physique du globe en général et de la géographie mathématique, des mesures qui font connaître les formes générales des continents, de Thydrologie maritime et fluviale, des glaciers et des volcans.

503. D' Prosper de Pietra Santa. Essai de climatologie théorique et pratique. Paris, 1864, in-8", vii-370 pages, avec figures dans le texte.

Cet ouvrage est le développement de la thèse doctorale de M. Pietra Santa, imprimée à Montpellier en 1864 (255 pages in-8«) sous le titre d'Essai àe climatoloyie. C'est une savante étude cosmologique et physique des conditions de la vie à la surface du globe.

504. C. bAUBENY, professer in the university of Oxford. Climate ; an inquiry into the causes of ils diflTerences, and into ils influence on vegetable life. comprising the sub^lacice of four Lectures delivered before tlic natural History society at the

Muséum, Torquay, in february, 1863. Oxford (and London, Bohn) 1864. iii-8».

505. E. Renou. Limite des neiges persistantes. Comptes rendus de Vacadémie des sciences, t. 58, n" 8, 22 février 1864, p. 370-375.

Note d'uD très-grand intérêt pour la géographie physique et la phy* sique du globe. Nous en extrayons quelques passages :

On a cherché depuis longtemps quelle relation météorologrique unissait Taltitude de la limite inférieure ^des neiges persistantes au climat de chaque contrée. Bouguer pensait que cette limite correspondait à une température annuelle moyenne égale à zéro. De Buch et de Humboldt ont cherché à faire voir qu'elle se rapprochait davantage d'une température moyenne ^e Pété égale à zéro. Néanmoins, on s'est aperçu promptemcnt que ni

Tune ni l'autre de ces conditions ne convenait à la ligne en question.

Malgré son apparente simplicité, malgré son indépendance apparente de toute appréciation et de tout arbitraire, la limite des neiges persistantes n'en est pas moins un fait de définition. Sans doute, si nous considérons les contrées équatoriales, l'égalité et la constance des phénomènes météorologiques se traduisent par une limite fixe des neiges. Quand on va de Puebla à Mexico, par exemple, on est frappé de cette calotte blanche qui couvre le Popocatepetl et l'Iztaccihualt ; il ne s'y produit jamais de déplacements bien sensibles.

Mais, si nous considérons nos p/iys froids, le phénomène n'est plus aussi simple : en hiver la neige couvre toutes les pentes et gagne jusqu'aux plaines les plus basses : au printemps les pentes inférieures se découvrent les premières, et en été elles fondent jusqu'à une grande hauteur qui atteint une certaine limite habituelle en automne ; puis l'hiver revient, et les neiges descendent de nouveau. On voit ainsi perpétuellement pendant six mois les neiges descendre et pendant six mois fondre jusqu'à un certain niveau : c'est là ce qu'on appelle la limite des neiges perpétuelles, ou, mieux, persistantes.

Cette simple considération fait voir que la limite qui nous occupe est en rapport avec la température de la moitié la plus chaude de Tannée, c'est-à-dire avec la température des six mois compris entre le 22 avril et le 22 octobre. C'est ce qui m'a fait découvrir la loi suivante :

Dans toutes les contrées de la terre^ la limite des neiges persis-

est ValMude à laquelle la moitié la plus chaude de Vannée une température moyenne égale à celle de la glace fondante. Sous plusieurs points de vue, la température moyenne de la '^noitié la plus chaude de Tannée joue un assez grand rdle dans Sa nature. G^est elle qui détermine les limites en latitude et al- ^tude des forêts ; ainsi VAbies excelsa exige, pour prospérer de manière à former des forêts, une température moyenne ainsi calculée égale à 7 degrés. A Bérézof, au nord-ouest de TAsie, la moyenne est 8^2 d'après les observations que nous connaissons: le pays est couvert de forêts d'arbres verte, mais elles cessent bientôt au nord. Le Pin Gembro et quelques autres espèces paraissent se contenter d'une moyenne de 3 à 4 degrés, mais alors ils sont isolés. Il était naturel de croire que les arbres qui prennent et perdent leurs feuilles précisément entre les deux époques de température moyenne, et auxquels l'hiver est indifférent pourvu qu'ils ne soient pas détruits, suivraient cette température moyenne de la moitié chaude de Tannée. Chaque espèce a des exigences particulières ; les arbres les plus rustiques, comme le Bouleau, le Pin Gembro, TEpicéa, etc., marquent la limite au delà de laquelle arrive le désert. Une autre donnée qui limite les forêts est la quantité de pluie annuelle; les forêts exigent qu'elles dépassent 40 centimètres par an , un peu plus dans les pays chauds, un peu moins dans les pays froids.

Voici un tableau où se trouvent groupés quelques chiffres intéressants :

Noms des contrées. de la limite '^*^!!!?tll^^I^

des neiges. "'«yenne-

Andes 4795» 27 », 4

Mexique 4580 26», 2

Caucase 3216 20» ,0

Pyrénées 2800 17«,r)

Alpes 2700 17%0

Karpathes 2592 16*, 2

Altaï 2144 13«,4

Alpes Scandinaves, latitude 61" 1650 10% 3

Islande 940 6%3

Mageroë 714 4*, 8

Ile Cherry 180 T ,2

Spitzberg, côte sud-ouest , iattitude 78".. 0 0«,0

506. J. Verne. Voyage au centre de la terre. Paris, 1864, grand in-18, 335 pages (Hetzel) .

507. A. GuiLLEMiN. Le CieL Notions d'astronomie à Tusage des gens du monde et de la jeunesse. Paris, 1854) grand in-8*, vi-626 pages, avec 11 planches et 216 vignettes dans le texte. (Hachette).

On ne ^'étonnera pas de nous voir inscrire parmi les ouvrages qui se rattachent à notre section actuelle, un livre qui a pour titre c Le Ciel. » La Géographie élève ses regards vers les plaines célestes, pour reconnaître, par la position des astres, la trace annuelle ou journalière du double mouvement que la Terre elle-même accomplit dans l'espace. Là est l'origine et l'explication de tous nos phénomènes terrestres : les saisons qui partagent l'aunée, les heures qui mesurent le jour, le jour lui-même, ses inégalilés et ses alternatives ; et la chaleur, source de la vie, et le froid, image de la mort. Sans la contemplation et l'étude des astres, l'homme ne connaîtrait du globe qu'il habite que l'étroite enceinte qu'il y peut embrasser du regard ; c'est par le Ciel qu'il sait la grandeur et la forme de la Terre. Le livre de M. Guillemin est d'ailleurs un chef-d'œuvre : chef-d'œuvre d'exécution typographique et artistique ; chef-d'œuvre par la science profonde de l'auteur jointe à une admirable clarté d'exposition. Il n'est donné qu'aux esprits de premier ordre de^ vulgariser la science sans lui rien enlever de sa grandeur, de la rendre accessible h tous sans l'abaisser ni la mutiler. M. Guillemin est un vulgarisateur comme Airago dans son Astronomie populaire et dans ses Notices, comme Laplace dans son Exposition du système du monde, comme Homboldt dans son Cosmos.

M. Verne aussi appartient à cette noble famille des savants appelés à répandre, en les simplifiant, les premières notions de la science. J'ai déjà eu plus d'une fois occasion

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