‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 150 sur 368 · LES VULGARISATEURS DE LA SCIENCE · texte numérisé non relu

LES VULGARISATEURS DE LA SCIENCE

^^ signaler la remarquable puissance de réalisation (je n'ai P^^ d'autre mot pour rendre ma pensée) que possède l'au- ^^r de ce singulier livre, — je veux dire l'art de donner ^^e réalité saisissante aux descriptions et aux récits, de ^^Xidre palpable et vivant ce qu'on voit par les yeux de l'es- •Pï*ît, en un mot l'alliance, à un très-haut degré, des notions Solides de l'homme d'étude et des qualités brillantes de l*liomme d'imagination. Cette faculté, M. Verne a voulu l'appliquer au développement de cette thèse géologique, que la théorie du feu central est une supposition toute gratuite. Je suis bien loin de répondre que M. Verne convertisse la majorité des physiciens et des géologues ; tout ce que je puis affirmer, c'est que le livre se lit avec un attrait singulier. Si ces lignes tombent sous les yeux de M. Jules Verne, j'oserai lui suggérer une idée qu'il réaliserait admirabtetnent, j'en suis convaincu. Je voudrais que la plume qui nous a puissamment captivés par ses fictions si vraies d'un double voyage sous les feux du tropique africain et au milieu des frimas polaires, et qui maintenant ne craint pas de nous entraîner dans les entrailles mêmes de la terre, par une fiction si naturellement racontée qu'on a peine à se persuader qu'elle n'est pas une vérité, je voudrais, dis-je, que cette plume si ingénieuse à la fois et si puissante, inscrivît en tête de son prochain livre : le premier homme. Écrire l'histoire même de notre globe avant l'apparition de l'homme, ce couronnement sublime de la création, et nous dépeindre les étonnements, les terreurs, les adorations de l'Être nouveau en présence du spectacle qui pour la première fois frappe ses regards, c'est là un sujet di^ne, je le crois, du sérieux talent de M. Verne.

410 GÉOGRAPHU: GÉNÉRALE.

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