‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 160 sur 368 · CARTOGRAPHIE DU MOYEN ÂGE · texte numérisé non relu

CARTOGRAPHIE DU MOYEN ÂGE

tes îles Madère , qui est placé sur le parallèle du G. Gantin, »onr légende : Isole dicte forlunate, S. Brandany. Martin Befceim, sur son célèbre globe (1492), relègue Tlle de S* Brandan ellement loin dans le S. 0., qu'elle arrive presque à la latitude lu C. Vert*. Le déplacement de ce mythe géographique du H. au S. dans l'espace de neuf siècles, est en rapport avec es progrès de la navigation , et avec la direction que suivirent les entreprises des peuples commerçants de la Siftéditerranée. Les tentatives que l'on fit au moyen âge pour déterminer avec plus de précision que ne Pavaient failles anciens la position de certaines terres, portèrent, on le sait, les dessinateurs de cartes à remplir les espaces vides de l'Océan d'îles dont la situation éprouva plus de changements encore que les noms. L'emploi sans critique des relations légendaires ou exagérées, devint sur les cartes la ëource d'une multitude d'erreurs que Ton retrouve dans les cartes italiennes du nord de l'Europe, ainsi que de nombreuses lies de l'Atlantique qui se répètent, en quelque sorte stéréotypées, jusqu'au dixseptième siècle, et dont non-seulement il est impossible de déterminer la véritable situation, mais dont l'existence nïème, en certains cas, reste tplus que douteuse.

M. Matkovitz décrit douze autres cartes ou portulans des quinzième et seizième siècles qu'il a trouvés dans la même bibliothèque. Il en mentionne aussi plusieurs du dix-septième siècle ; mais ceux-ci n'ont plus , naturellement , le même intérêt pour l'histoire de la science et des découvertes.

Ce riche dépôt possède en outre plusieurs manuscrits relatifs à l'ancienne marine des Vénitiens, et qui ne sont pas sans importance pour l'histoire de la navigation. Il faut mettre au premier rang sous ce rapport le Trattato di NaU" tica^ co7nposto net 1444 da Pietro de Versi, Inédit.

Dans les autres bibliothèques de Venise qu'il a explorées, M. Malkovitz signale les documents suivants.

1. Sur Saint-Bran dan, l'importance de ce mythe géographique et ses déplacements, M. Matkovitz renvoie aux Recherches critiques d*Alex.Humhol(lt sur l'iiistoirp géographique du Nouveau Continent, et à l'ouvrage du D' Peschel, ZeitaUer der Enidechungen, p. 39; il aurait pu citer aussi un mémoire spécial de M. d'Avezac.

Dans le musée Correr :

Un portulan de Pietro Vesconte de Gênes, en huit fenill sur parchemin, exécuté à Veoise en 1318. C'est nn d plus anciens atlas nautiques qui nous soient parvenus, bibliothèque impériale de Vienne possède un Atlas blable du même auteur et du même temps. A en juger divers indices, celui de Venise doit, toutefois, être le pP ancien des deux. La côte N. 0. d'Afrique ne va que jn qu'au C. Bojador(Bucedor).

Plusieurs autres portulans et atlas hydrographiques seizième et du dix-septième siècles.

Dans la bibliothèque de M. Eman. Gicogua :

Une grande carte marine sur parchemin, signée Franaûeus de Cesanis de Vciieciis, a. d. mccccxxi. Sur les Gasani, famille de Venise, qui a produit plusieurs cartographes distingués, on peut consulter une note du cardinal Zurla, di Marco Polo, I,l3bk.

Une grande carte de Tile de Candie de près de cinq pieds de longueur , avec Tindication Georgio dicto Calapoda Creternis fecit nel anno 1562.

M. H. Major a lu k la Société des Antiquaires de Londres, au mois de mai 1864, un mémoire sur une mappemonde récemment découverte dans la Bibliothèque royale du château de W^indsor. M. Major croit pouvoir fixer la date à Tannée 1512 ; les nouvelles terres sont désignées sous le nom America. Ce serait, d'après cette date, la plus ancienne carte coDnue où le moià* America soit inscrit: on sait que le premier livre où ce nom ait été apfpliqué aux terres nouvelles qui venaient d'être découvertes par Colomb et qu'Amerigo Vespucci avait vues après lui, est de 1507. Un autre intérêt s'attache à la mappemonde décrite par M. Major : c'est qu'elle est de la main de Léonard de 'Vinci, le rival illustre de Michel-Ange.

S 3. Orient.

590. Maçoudi. Les Prairies d'or; texte et traduction par C. Barbier DE Metnard et Pavet de CouRTEiLLE. T. IIÏ. Paris, Irapr. imp. 1864, in-8*, 464 p«igcs.

Publication de la Société Asiatique.

591. Jacut's Reisen, aus seinem geographischen Wœrterbuche beschreiben (les voyages de Yàkoût, tirés de son Dictionnaire géographique), von f. Wustenpeld, Zeitschrift der Deutschen Morgenlaendischen GeseUschaftj t. XVIII, 3* cah. p. 397-493.

592. Die Post-und Reiserouten des Orients; mil 16 Karten nach einheimischen Quellen (les routes de poste et de caravanes de l'Orient ; avec 16 cartes tirées des sources orientales) , von A. Sprenger (l**"" heft). Ahhandlungen fur die Kunde des Morgenlandes : herausgegeben von der Deutschen Morgenlaendischen Gesellschaft, t. IIl. n» 3. Leipzig, 1864, in-8« 159 pages.

593. J DE Goeje. Mémoires d'histoire et de géographie orientales Leyde, 1864, in-8", n" 2 et 3. 40-lix, 132-xi pages.

Le premier de ces deux cahiers se compose d'un mémoire sur le Fotouhn's Scham (Histoire de la conquête de la Syrie), attribué à Aboa Ismaïl al-Basri, qui florissait vers le milieu du deuxième siècle de l'hégire Le second, d'un «Mémoire de M. Goeje sur la conquête de la Syrie. »

594. Le MahâbhArata. Traduit complétcmont pour la première fois du sanscrit en français, par Hippolyte Fauche. T. III. Meaux (et Paris, Dupiat) 1864, grand in -8", xii-583 pages.

Ce 3« volume contient la fin du 3* livre (Sabha Parva) du grand poëme indou, et la moitié du 3* livre ^le Vana Parva).

La géographie de l'Orient, comme celle du moyen âjye, s'est enrichie de travaux importants. MM^ Barbier de Meynard et Pavet de Courteille nous ont donné le troisième volume de leur traduction des Prairies d'Or de Maçoudi (n** 590), qui se publie aux frais de la Société asiatique. La Société asiatique parle peu, si ce n'est le jour où chaque année son secrétaire, M. Jules Mohl, prend la parole pour son Rapport annuel, toujours si remarquable par ses savantes et judicieuses appréciations; son journal est depuis

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trop longtemps d'un très-médiocre intérêt pour les science — ^s historiques et p^éographiques : mais par les excellentes pi l)iications qu'elle patronne et qu'elle défraye, par son Ibn— Batoutah \ par son Maçoudi *, par les autres ouvrages d même importance qui se préparent sous ses auspices, ell garde en Europe le rang que lui ont acquis ses illustres foi dateurs, Silvestre de Sacy, Klaproth, Rémusat, Ehigèn^ Burnouf. Maçoudi n'est pas un géographe dans le propre du mot ; c'est plutôt un voyageur, en même temp>« qirun historien. C'est un écrivain universel, qu'on a sut*nommé, non sans raison , le Pline de l'Orient ; c'est, en somme, un des esprits les plus remarquables qu'ait produits l'Asie musulmane au temps de la splendeur intpllectuel/e et politique du khalifat. Comme Ibn-Rhaldoun , cet antre prodige de l'Orient, il a des échappées philosopliiques qu'on ne rencontre guère dans les plats horizons des chroniqueurs musulmans, auxquels manquent tout à la fois la lumière et la chaleur. Ce n'est pas, assurément, un Hérodote ni un Thucydide, pas plus que ce n'est un Strabon ou un Xénophon; mais il attache et instruit, parce qu'il a beaucoup va et bien vu, — mieux vu, du moins, que la plupart de se» contemporains. II trouvera des termes chaleureux pourcélé' brer l'amour de la patrie; la nature et ses splendeurs nel^ laissent pas indifférent. Parle-t-il des livres, voici en quel* termes il en exalte les mérites :

Los sages l'ont dit avec raison : le meilleur et le plus sûr amis, c'est un livre. Selon que tu le désires, ses découvertes charment, ses aperçus nouveaux te récréent ; il te donne, à tc>JJ gré, et des préceptes fortifiants, et de merveilleux secours. ^ t'offre en môme temps le commencement et la fin, peu oub;a coup ; il réunit ce qui est loin à ce qui est près de toi, le pas .au présent ; il combine les formes les plus diverses, les espèce* les plus différentes. C'est un mort qui te parle au nom d^*

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