‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 170 sur 368 · T. II, p. 31 et suiv · texte numérisé non relu

T. II, p. 31 et suiv

2. Sur cette question fondamentale de l'ethnograptiie, nous devons renvoyer aux discussiuus approfondies dont le sommaire est consigné aux Bulletins de la Société d'Anthropologie, principalement au t. IV, 18S3, p. 139 à 161.

nées plus richement de certailns instincts, comme on voit des races de chiens mieux douées, les unes pour la course, les autres pour le combat, les autres pour la chasse, les autres, enfin, pour la garde des maisons ou des troupeaux. Il y a là une force distincte, si distincte qu'à travers les énormes déviations que les deux antres moteurs lui impriment on la reconnaît encore, et qu'une race, comme l'ancien peuple ârien, éparse depuis le Gange jusqu'aux Hébrides, établie sous tous les climats, échelonnée à tous les degrés de la civilisation, transformée par trente siècles de révolutions, manifeste pourtant dans ses langues, dans ses religions, dans ses littératures et dans ses philosophies, la communauté de sang et d'esprit qui relie encore aujourd'hui tous ses rejetons. Si différents qu'ils soient, leur parenté n'est pas détruite; la sauvagerie, la culture et la greffe, les différences de ciel et de sol, les accidents heureux ou malheureux ont eu beau travailler; les grands trafts de la forme originelle ont subsisté, et l'on retrouve les deux ou trois linéaments principaux de l'empreinte primitive sous les empreintes secondaires que le temps a posées par-dessus. Dès qu'un animal vit, il faut qu'il s'accommode à son milieu ; il respire autrement, il se renouvelle autrement, il est ébranlé autrement, selon que l'air, les aliments, la température sont autres. Un climat et une situation différente amènent chez lui des besoins différents, par suite un système d'actions différentes, par suite enfin un système d'aptitudes et d'instincts différents.

On ne saurait mieux définir que ne le fait le même écrivain, dans le passage suivant, Tinfluence de ^habitation géographique sur le développement plus ou moins rapide et la direction des facultés semblables chez deux races congénères : '

Quoique nous ne puissions suivre qu'obscurément l'histoire des peuples ariens depuis leur patrie commune jusqu'à leurs patries définitives, nous pouvons affirmer cependant que la profonde différence qui se montre entre les races germaniques d'une part et les races helléniques et latines de l'autre, provient en grande partie de la différence des contrées où elles sont établies, les unes dans des pays froids et humides, au fond d'âpres forêts marécageuses, ou sur les bords d'un océan sauvage, enfermées dans les sensations mélancoliques ou violentes,

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