En Britannie, au midi du rempart, demeuraient des Kym
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ris, immigrés de diverses régions de la Gaule et principalement de la Belgique.
6. Les Celtes établis dans PEurope continentale étaient des Kymris, — peut-être sauf quelques restes gadhéliques dans la (hnle méridionale.
7. Les Celtes gaulois étaient mélangés au midi avec des Ibères, et au nord-est avec des Germains.
9. Quelques-unes des tribus belgiques doivent être considérées comme des Germains celtisés.
13. Des restes de Tancienne langue gauloise et des idiomes néo-celtiques se rencontrent dans la langue française, môme jusque dans les patois du midi.
\k. Bien que les Bretons celtiques soient en partie immigrés de la Britannie, leur continuité avec l'ancienne population gauloise est d*autre part fort probable.
En somme, nous l'avons déjà dit, cette longue discussion sur l'acception historique et ethnographique du nom de Celte aura eu tout au moins pour résultat de poser trèsnettement les termes du problème , d'en bien dégager les données acquises, et de désigner avec précision les faits d'observation qui restent h vérifier ou à compléter. Un mémoire anglais très-élaboré de M. Daniel Wilson de Toronto, reproduit dans V Anthropological Review d'après un journal • canadien (n*" 620) , complète dignement cette remarquable enquête scientifique , à laquelle, pour la partie physique, elle apporte bon nombre de faits nouveaux.
S 5. L'ethnologie à la dernière réonion de rAssociation britannique pour l'avancement de la science, septembre 1864.
On sait que la British Association for the Advancement of Soîence est en Angleterre, avec plus de retentissement, peut-être, et un plus grand mouvement extérieur, ce que sont en France les Congrès scientifiques annuels de nos provinces. Les matières ethnologiques y ont eu cette année une place assez considérable , bien qne la chimie, la phy-
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sique et rastronomie , c'est-à-dire les sciences directement applicables à Tindustrie et à la navigation, y voient d'nn œil assez peu bienveillant l'intervention des sciences regardées comme spéculatives. Un rapport a été fait à ce sujet à la Société Anthropologique de Londres ; nous en tirons les indications suivantes :
Le Rev. F. W. Fersar, sur la fixité du type chez l'homme.
— L'auteur s'accorde en grande partie avec Nott et Gliddon. « Son mémoire, dit le rapporteur, est sans aucun doute un des plus philosophiques qu'on ait écrits snr la matière.
John Crawfurd, sur les âges supposés de pierre, de bronze et de fer. — Sunrinfécondité des races croisées chez Thomme.
— Sur les antiques migrations. — Sur l'origine de Tétain que les anciens employaient dans la fabrication des armes en bronze.
M, Wansbéry^ sur les tribus turcomanes de l'Asie centrale.
Nie, Khanikofy sur les tribus turcomanes de l'Asie centrale. — Sur l'ethnologie de la race iranienne.
Rich. Burton, — Sur l'ethnologie du Dahomé.
R. S. Paole. — Parenté ethnologique de la race égyptienne.
Birdj sur des ossements humains trouvés dans des tumuli des hauteurs de Gotswoold.
Wallace, — Progrès de la civilisation dans la partie nord de Gélèbes.
Showers. — Sur des Minas de l'Inde centrale.
Bastian, — Sur l'ethnologie du Gambodj.
Harley. — Sur les flèches empoisonnées des sauvages.
Alexander. — Sur les Maoris de la NouveUe-Zélande.
Prideaux. — Sur les principes de l'ethnologie.
Hyde Clarhe. — Les Ibères de l'Asie Mineure.
Le duc de Roussillon. — Sur les Scythes.
Will. Martin Wood, — Sur les hommes chevelus de Yëzo.
D. Gibb. — Sur le larynx du nègre. j
l'étude des noms de lieux. 475
Quelqiies.-uns de ces sujets auraient mérité qu'on leur consacrât une analyse; mais nous les retrouverons imprimés dans un lieu ou dans un autre, ce qui nous sera une occasion d'y revenir.
5 6. Étude des noms de lieux.
627. Rev. Isaac Taylor. Words and Places; or, Etymological illustrations of history, ethnology, and Geography. Lond. 1864, in-^» (Macmillan).
• 628. Ernst Fœrstemann. Die deutschen Ortsnamen. Nordhausen, 1863, in-S" vm-354 pages.
629. A. HouzÉ. Étude sur la signification des noms de lieux en France. Paris, 1864, in- 8" 140 pages.
Dans la direction nouvelle qu'ont prise, depuis moins d'un demi-siècle, les investigations ethnologiques et linguistiques qui remontent vers les origines européennes, le sujet que nous touchons dans ce dernier paragraphe a pris une importance et un intérêt qui vont chaque jour grandissant. Non que le sujet en lui-même soit absolument nouveau. Les utiles indications que la nomenclature géographique d'un pays fournit aux origines historiques n'avaient certes pas échappé aux érudits qui, depuis le seizième siècle, se sont appliqués à ce genre d'éludés; et Leibnitz en particulier, ce rare génie qui en tant de choses devança ses contemporains, en signala d'une manière toute spéciale, il y a cent cinquante ans, les fécondes applications. Il est à peine nécessaire de rappeler celle que Wilhelm de Humboldt, le digne frère de Tillustre Explorateur, en fit avec tant de savoir, au commencement du siècle actuel, aux origines ethnologiques de l'Espagne. On pourrait encore citer, après Y Essai de Guillaume de Huuiboldt, plus d'une remarquable reconnaissance poussée en diverses directions sur ce terrain des origines. Mais c'étaient des travaux partiels, isolés, sans
vue d'ensemble. Depuis une dizaine d'années on lenr a donné une plus grande portée, et le nombre s'en est singulièrement accru. M. Emst Fœrstemann a mis en tête de sa profonde étude sur les noms de lieux allemands (n® 628), nne bibliographie de cette nature d'écrits dont le chiffre se monte à près de cent quarante, la plupart publiés depuis moins de vingt ans ; et mous y pourrions signaler bien des travaux omis , ceux de M. le Héricher, par exemple, snr les noms de lieux de la Normandie. Au total, ce genre de recherches non-seulement se multiplie, mais de plus en plus tend à se généraliser. C'est la pensée de Leibnitz et de Guillaume de Humboldt successivement appliquée à la plupart des contrées de l'Europe, avec des moyens de comparaison auxquels le progrès général des études philologiques donne plus d'ampleur et de sûreté.
Les trois ouvrages que l'année 1 864 nous a donnés, ceux de M. Taylor pour TAnglelerre, de M. Fœrstemann pour rAllemagne et de M. Heuzé pour la France, resteront au nombre des bons ouvrages dans cet ordre d'études. M. Fœrstemann est un érudit dans toute la force de l'acception allemande. Il est parfaitement au courant de toutes les recherches particulières, aussi bien que des grands travaux des Bopp, des Pott, des Grimm et des autres savants de la moderne école linguistique. Son livre contient une masse effrayante de recherches et de faits sur la formation et la signification des noms topographiques de l'Allemagne ; seulement, s'il nous était permis d'emprunter une image familière à la peinture, nous dirions que ses horizons manquent un peu d'air et de lumière. Avec plus de largeur de vues, le Rév. Taylor sait mieux attacher par l'intérêt du détail ; mais c'est surtout de M. Heuzé que Ton peut dire qu'il a su répandre un charme infini sur un sujet qui semble peu susceptible de ce genre de mérite : Impedilum opus et facundiœ minime capax. Il est impossible de mettre plus d'esprit au service d'un savoir plus sûr et plus étendu. Ce