‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 198 sur 368 · L'ALBERT NYANZA · texte numérisé non relu

L'ALBERT NYANZA

les indigènes ne voulurent pas avancer plus loin au nord, à cause des tribus hostiles des bords du lac. A une dizaine de milles de la jonction du Nil, le canal se rétrécit et n'a plus que deux cent cinquante yards * environ de largeur, avec un courant à peine sensible, quoique très-profond, et bordé de roseaux, comme de coutnme; le pays, à droite et à gauche, est ondulé et boisé. A partir de la jonction, le canal que je remontais se portait à Test. J'avais fait une vingtaine de milles depuis Magungo, lorsque mon voyage fut brusquement interrompu pap une magniflque chute d'eau qui tombe à pic d'une hauteur de cent vingt pieds. Au-dessous de cette cataracte, la rivière se trouve tout à coup emprisonnée entre des hauteurs rocheuses, et elle court à travers une gorge où un large courant de deux cents yards de largeur est réduit à cinquante yards. L'eau se précipite dans cette gorge avec une effrayante rapidité, et elle se plonge d'une seule masse dans le profond bassin qu'elle surplombe.

€ De ce point je continuai par terre, et je traversai le Tchopi en longeant la rivière; j'atteignis enfin Karouma tout à fait épuisé par la fièvre', ma provision de quinine étant depuis longtemps afin. »

Après cet aperçu de son itinéraire, qui sera pljjs clair encore quand il sera accompagné de la carte que le voyageur a dressée, M. Baker esquisse la description suivante du Louta-Nzighé, ou, comme il Ta nommé, TAlbert Nyanza:

« L'Albert Nyanza forme un immense bassin dont le niveau est fort au-dessous du pays environnant ; il reçoit toutes les eaux des grandes chaînes de montagnes de l'ouest, aussi biieif que celles des pays de l'est, l'Outoumbi, l'Ouganda et l'Ounyoro. Aux eaux du Nil qu'il reçoit (le Kafour), il ajoute les eaux accumulées qui lui viennent de l'ouest et de Test, et il forme ainsi la seconde source de cette puissante rivière. Le

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