‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 203 sur 368 · CÔTE ORIENTALE. M. DE DECKEN · texte numérisé non relu

CÔTE ORIENTALE. M. DE DECKEN

entreprises, déjà fructueuseSy qui vieiment dale ramener pour la troisième fois à la côte de TAfrique éqnatoriale où il est en ce moment, méritent bien de nous arrêter un peu.

M. le baron de Decken, noble et riche Hanovrien, s'est on peut dire approprié et créé une spécialité dans les voyages d'Afrique: la part qu'il s'y est faite, ce sont les grandes montagnes neigeuses de la région du Zanguebar. Depuis cinq ans il y a consacré sa vie. Ceux qui ont suivi le mouvement contemporain des découvertes savent que deux missionnaires allemands au service du comité de Londres^ MM. Kraft et Rebmann, signalèrent les premiers, en 1848 et 1849, l'existence d'un grand massif au-dessus de la côte du Zanguebar, immédiatement au sud de l'équateur, dominé par plusieurs pics couronnés de neiges étemelles. Le plus méridional de ces sommets neigeux est le Kilimandjaro, à 4* environ de latitude australe; un autre pic peutêtre encore plus élevé et de nature volcanique, le mont Kénia, est presque sous l'équateur. L'annonce de cette découverte rencontra en Angleterre quelques objections de la part d'un homme à qui d'estimables travaux avaient acquis une autorité notoire dans les choses de l'Afrique, mais qui depuis semble avoir pris à tâche de détruire sa position acquise par les excès d'une critique sans raison ni mesure'. On révoqua en doute les neiges des deux montagnes et les montagnes elles-mêmes ; on mit gratuitement en suspicion non<seulement l'habileté, mais la véracité même des deux missionnaires.

Il était nécessaire, pour l'honneur et dans l'intérêt de la science, de vérifier leurs indications. C'est ce que M. de Decken le premier, et jusqu'à présent le seul, a entrepris. Deux voyages successifs au Kilimandjaro, en 1860 et 1862, ont constaté la complète exactitude des faits annoncés par MM. Rebmann et Kraft; néanmoins, pour M. de Decken

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