M. Desborough Cooley, puisqu'il faut le nommer
lui-même, ces deux premières courses ne sont que la préparation d'iine étude plus complète. Il a fait depuis deux ans de grands et coûteux préparatifs pour un troisième YOyage aux pics neigeux. Q n'a vu que le Kilimandjaro^ dont il n'a pu mênie compléter l'ascension ; il veut cette fois étudier aussi le mont Kénia et achever l'exploration du massif tout entier. tJn bateau à vapeur à faible tirant a été construit tout exprès pour remonter les rivières qui ont leur source dans le massif, et qui descendent à là côte entre Mombaz et l'équateur; ce bateau a été baptisé, à cause de sa destination, du nom français de Passe^Partout. Au mois de décembre 1864, le navire était ancre à Zanzibar, ayant déjà fait quelques excursions préliminaires et prêt à se remettre à l'œuvre. Un nombreux personnel engagé par le voyageur, — un capitaine de la marine d'Autriche , un médecin, un peintre, un ingénieur, un géologue, un charpentier et plusieurs autres artisans, et enfin jusqu'à un habile cuisinier, — font de ce voyage une véritable expédition, une expédition qui semble vouloir rivalisât avec l'appareil princier des danles Tinné. S'il y a+ait à craindre quelques difficultés pour l'avenir, ce serait de ce déploiement de moyens et de personnel que pourraient venir les appréhensions. Deux hommes résolus et bien piéparés, voyageurs ou missionnaires^ iihàiétit peuf-être plus loin et plus aisément à travers ces contrées sauvages, qu'une troupe nombreuse qui veut t^ànspbhér avec elle toutes les ressources et tout le confort de la vie civilisée. Espérons toutefois que nos craintes ne se réaliseront pas. Le projet de M. de Decken est, nous Tavons dit, de contourner le Kénia, et de redescendre par le versant octiidentaldans le bassin du Victoria Nyanza de Speke, auquel, saos aucun doute, la montagne envoie ses eaux. Si les prévisions du voyageur n'ont pas été trompées, Texpédition a dû se mettre définitivement eu route au mois de mai dernier. Au dernier moment (fin de novembre 1865), on nous
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cdmmùidqae de fâcheuseâ nouvelles de réxpédition. Le parti de M. de Dëcken, qui avait entrepris de remonter le Djoi) (la principale des rivières qui dénouchent k la côte aiix environs de l'équateurj était entré en collision avec lés indigènes, et avait dû revenir sur ses pas. Les détails manquent encore.
l'abyssinie et les gallas.
10. Antoine d'Abbadie. Carte d'Ethiopie^ n" 5^ Awawa et Baga^ inidir; n" 6, Gojjam et bamot. Paris, ISfeS, 2 feuilles.
U. W. MuNziNGER. Vocabulaire de la langue Tigré. Leipzig, 1865^ in-8«(\^eîgel).
12. Lettre de Hgr Massàta; vicaire apostolique des Gallas et Sidanlas. Annales de la Propagation de la Foi j n" 2 ]8> janvier 1865, p. 7-27.
$ 1. Les Gallas.
Les Annales de la Propagation de là foi côntienneiit une lettre de MgrMassayà (ci-dessus n" 12) qui donné quelques détails intéressants sur les Gallas. Lès Gàllasôccdpént au stiddé TAbyssinie, jusqu'au delà deTéquateurj un pays beaucoup plus grand que la France, et dont aucun Européen n'a jusqu'à présent franchi les limites, si ce n'est au nord sur un ou deux points extrêmes qui confinent au pays des Abyssids. C'est à ces parties du nord que se rapporte la lettre de Mgr Massaya. On sait quel rôle considérable les Gallas ont joué depuis trois siècles dans les affaires de l'empire abyssin, et sous quelles efb'oyables couleurs les Portugais du seizième siècle, à l'époque de leurs bonnet relations avecleNégous, nous ont représenté ces redoutables voisins, dont les fréquentes iiictirsions dans les proviiices occidentales del'Abys-
siDie ont abouti à Toccupation permanente d'une partie de ces territoires. Les Gallas, malgré leurs habitudes errantes et leur barbarie dans les combats, ne sont pourtant pas ce que nous représentent les lettres des anciens missionnairesy une horde de sauvages d'aspect hideux et de mœurs féroces. C'est une belle race à peau claire et à cheyeuz lisses, qui n'a rien de commun avec les peuples nègres. Le pays absolument inexploré que leurs tribus remplissent et d'où leurs émigrations ont rayonné, de toute antiquité sans aucun doute, en diverses directions, est un foyer auquel se rattachent de nombreux et importants problèmes d'ethnologie africaine. Tout ce qui se rapporte à ce peuple présente donc un intérêt particulier, et le seul regret qu'on éprouve en lisant la communication de Mgr Massaya, c'est que jusqu'à présent il n'ait pas été possible au vénérable prélat de pénétrer plus avant chez ce peuple d'un difficile accès.
c Ce qu'on appelle le pays des Gallas, dit la lettre que nous citons, n'est autre chose que le prolongement méridionsd du plateau de TAbyssinie, ou plutôt c'est la partie sud de la vaste et magniûque contrée connue des géographes sous le nom de Plateau éthiopien.... L'ensemble de ce plateau (en Abyssinie et en dehors de l'Abyssinie) nourrit aujourd'hui une population qui peut s'élever à 12 millions de personnes. Je ne crois rien exagérer en disant que si les calculs des voyageurs européens qui ont porté à 3 millions le chiffre de la population de l'Abyssinie sont exacts, les Gallas et les Sidamas du sud doivent faire ensemble un total de 9 millions d'âmes. >
Nous ne nous arrêtons pas à l'opinion mise en avant par Mgr Massaya, que les Abyssins, les Gallas et les Sidamas sont trois races venues de l'Egypte, de l'Arabie et de la Syrie, ne voulant pas entrer ici dans une semblable polémique ; nous ne voulons tirer de la lettre que les faits qui ont le caractère d'un témoignage direct et personnel. Voici ce que le prélat dit des idiomes de son territoire épiscopal :
c Les diverses langues parlées par ces peuples (les Abyssins,