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LA NUBIE ET LA RÉGIOI^ DU HAUT NIL

S 1. Publicatlonfl de la grande expédition allemande à la recherche

de Vogel.

1. Die deutsche Expédition in Ost-Afrika, 1861 und 1862. Zu* sammenstellung der astronomischen, hypsometrischen und metcorologischen Beobachlungen , und der trigonometrischen und itinerarischen Aufnalimen von v. Heugun, Kinzrlbagh, MuNZiNGBR und Steudner, im Ost-iEgypti^chen Sudan und dcn Nord-Abessinischen Grenzlanden ; nebst einem allgemeinen Bericht von Wernbr Munzinger, ûber den Verlauf und seine Betheiligung an der deutschen Expédition, von Massua bl»

Kordofan, 1861 nnd 1862. Mit 4 Originalkarten, einer Ânsicht, und einem Gebirsgspanorama in Farbendnick. (Expédition allemande dans TAfriquc orientale en 1861 et 62. Observations astronomiques, hypsométriques et météorologiques, relevés trigonométriques et itinéraires, de MM. de Heuglin, Kinzelbach, Manzinger et Steudner, etc.). Gotha, J. Pertlies, 1864, in-4, vi-46 pages à 2 colonnes, avec 4 cartes originales et 2 planches, dont une vue panoramique imprimée en couleur.

2. Ostafriltanischen Studien, von Wemer Muxzinger. (Études sur l'Afrique orientale.) Schaffhausen, 1864, in-8, vjn-684 pages, avec une carte des territoires qui touchent au nord de l'Abyssinie.

3. Der Mareb. Nach Munzinger. Mittheilungen de Pctermann, 1864, n« 4, p. 135-138.

3 bis. S. W. Baker. Journey to Âbyssinia in 1862. Journal of ihe Royal Geogr. soc. vol. XXXIlI,Lond. 1864, p. 237-241.

Sous le titre de Voyage en Abyssinie^ la note de M. Baker se rapporte en réalité exclusivement aux parties de la haute Nubie que travene k Sétit(affl. de l'Athara), au pied septentrional du plateau abyssin.

4. Hm D' Steddner's Bericht ûber seine Abessinische Reise (Notice du D' Steudner sur sa traversée de l'Abyssinie). Zeilschrift fur AUgemeine Erdkunde. Berlin. N" 121-122, juillet-août 18^, p. 43-141; n» 127-128, janvier-février 1864, p. 83-117; n» 131, mai, p. 385-420; n« 133-134, juillet-août, p. 22-112.

Ces importantes publications des travaux scientifiques de Texpédition allemande de 1861 nous conduisent à rappeler en quelques mots Torigine et l'histoire de la mission.

Dans le cours de l'expédition du docteur Barth au Sondan, après que la mort eut moissonné autour de lui ses premiers compagnons, James Richardson et Overweg, un nouvel auxiliaire, Edouard Yogel, fut envoyé d'Angleterre au voyageur survivant. Comme Overweg et Barth, Vogel était allemand; car c'est tme particularité assez remarquable de cette grande expédition africaine de 1849, que bien qu'elle eût été suscitée et qu'elle fût défrayée par l'Angleterre, tous ceux qui l'ont composée, à l'exception de Richardson, son premier chef nominal, avaient l'Allemagne pour patrie. Vogel, quoique fort jeune encore, avait déjà

fait Ses preuves comme fiaturaliste et comme astronome; et bien que sa carrière ait été malheureusement tranchée avant Theure, ce n'en est pas moins à lui que sont dus quelques-uns des plus importants résultats de l'expédition. Un des objets favoris qu'il s'y était proposé avait été de pénétrer dans les parties encore inexplorées du Soudan oriental, entre le lac Tchad et le haut Nil, et notamment de voir le pays de Ouadây, où nul Européen n'avait jamais pénétré, n partit du Bomou au commencement de 1856 pour cette fatale excursion, d'où il ne devait pas revenir. Un silence de plusieurs années, sillonné çà et là de rumeurs sinistres, ne faisait que trop prévoir le sort de Texplorateur. Son souvenir, cependant, était toujours présent en Europe. Quelques hommes éminents, parmi ses compatriotes, conçurent la pensée d'une expédition nouvelle destinée à rechercher les traces du voyageur disparu et à recueillir des informations certaines sur sa destinée. Il pouvait, après tout, être retenu captif au fond de ces contrées barbares; et si sa mort devait devenir une triste certitude, la science était intéressée à ce que Ton cherchât au moins à recouvrer ses papiers, et à poursuivre l'exploration qu'il n'avait pu terminer.

C'est sous cette inspiration qu'en 1860 une commission scientifique fut organisée à Gotha sur de larges bases. Une souscription publique, à laquelle l'Allemagne tout entière prit part d'un seul élan, pourvut amplement au côté pécuniaire de TentrepQse. Toutes les sciences y furent représentées par des hommes éprouvés : rastronomie, la physique terrestre, l'histoire naturelle, la géolo^e, l'ethnographie, la linguistique, et l'expédition fut placée sous la conduite de M. de Heuglin, qu'un long séjour antérieur dans le Soudan égyptien, joint à de hautes qualités d'observateur, avaient désigné pour cette distinction si honorable. La route tracée au gros de l'expédition devait la conduire à la mer Rouge par Alexandrie et Suez, et de la mer Rouge à Khartoum (la l'année géogr. iu. 4

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capitale du Sotidan égyptien) par le port de (Masslotift et les parties peu connues de la haute Nubie qui confinent à FAbyssinie du côté du nord. C'était à Khartoum que devaient commencer, à vrai dire, les travaux sérieux de l'expédition. De ce point central, qui devenait comme leur Base d'opérations, les voyageurs pousseraient à l'ouest vers le Dârfour, et du Dftrfour sur le Ouadây et les autres contrées de cette vaste région intérieure, où chaque pas serait nM acquisition pour la science dans quelque direction qu'on se portât. Ajoutons que dans le même temps un voyageur isolé, M. Moritz de Beurmann, qui venait d'offrir spontanément son concours au comité de Grotha, devait se porter à la rencontre de M. de Heuglin en traversant le Fezzan et en gagnant le Bomou pour remonter de là au nord-est veis le OuacKy, c'est-à-dire en reprenant l'itinéraire même que Vogel avait suivi.

Tel était le plan tracé par les oi^anisateurs de l'expédî*tion. Tout y était mûri, bien combiné, sagement prévu, — * tout, sauf les mille incidents qui, dans de pareilles entre-' prises, échappent à la sagesse humaine. Les voyageurs, on le savait, auraient à lutter contre les hommes, le pays et le climat; mais on pouvait espérer qu'une grande prudenee, unie à une grande résolution, écarterait les périls et surmonterait les obstacles. Hélas 1 les obstacles et les pérSs ont été plus forts que les hommes, et le but lointain qner Ton s'était posé, le mystérieux Ouadây, n*a pas même été entrevu. Un des voyageurs, M. de Beurmann, est tombé, comme Yogel dont il suivait la trace, sous le fer des assas* sins; et, du côté du Nil, l'expédition principale n'a pas era pouvoir s'avancer même jusqu'au Dârfour. La commission, revenue à Khartoum qu'elle avait dépassé à peine, s'est dissoute, et quelques-uns de ses membres se sont portés individuellement en différentes directions, tandis que les an^ ires reprenaient le chemin de l'Europe.

YoiHi, dans son ensemble, le bilan de l'expédition. An

commencement de mars 1861, elle prenait terre à Alezan^ drie; quatorze mois pins tard, en mai 1862^ la commis^ sion, désorganisée^ avait renoncé à toute opération coUeo^ tive.

EstH^ à dire qu'elle aura été stérile, et ces quatorze mois n'auront-ils donné rien à la science? Loin de là^ Éprouvée, scindée, hâtivement dissoute comme elle l'a été, cette expédition n'en comptera pas moins parmi celles qui, de nos jours, auront le plus activement contribué à Ta* vancement de la géographie africaine^

Ce résultat n'est pas dû seulement à Texcellent choîx^ h la valeur individuelle des membres de Texpédition; il provient aussi en grande partie de l'activité scientifique du comité organisateur. En d'autres termes, les fruits de Texpéditiott sont tout à lafrâs dans les travaux qu'elle a produits et dam ceux qu'elle a provoqués.

Au milieu des circonstances favorables ou contraires qu^ l'expédition a traversées, le zèle des voyageurs ne s'est pas un instant ralenti. Nul d'entre eux, chacun dans sa sphère^ même quand le lien commun a été dissous^ ne s'est refroidi dans son ardeur d'investigation. Les travaux de la mission ont commencé du jour même où elle a touché le sol africain ; et comme une 6:tcellente mesure de prévoyance avaH décidé que les notes et les journaux personnels des expla<^ rateurs seraient envoyés en Europe par chaque occasion^ il en est résulté, entre la mission et le comité, une correspouK dance scientifique en quelque sorte journalière. Cette cor^* respondance, riche de faits nouveaux, embrasse d'une part le Delta du Nil, quelques parties de l'isthme, la merRouge^ la Nubie supérieure, le nord de l'Abyssinie et le Kordofan^ et d'autre part, avec les envois de M. de Beurmann, le pays de Barkah, le Fezzan et les oasis intermédiaires, Des deux côtés, nous avons là nombre de mémoires du plus haut intérêt pour les ^nces physiques et naturelles, pouY la géographie positive et pour Fethnograi^e. La partie lu

plus riche et la plus neuve est celle qui touche à la haute Nubie, c'est-à-dire aux contrées jusque-là si peu connues qui longent au nord la frontière de TAbyssinie. Cette région, placée sur la route que l'expédition avait à traverser entre la mer Rouge et le Soudan oriental, n'avait, dans le plan primitif, qu'une importance secondaire; par le fait, elle est devenue la grande affaire de la mission et sa conquête capitale. Ce qui a surtout contribué à donner à cette partie des études locales de la mission allemande le beau développement qu'elle a pris, c'est l'adjonction de M. Wemer Mimzinger, un jeune Suisse plein d'ardeur et d'instruction, qui résidait à Massâoua depuis plusieurs années, et que ses investigations antérieures sur les territoires et }es tribus limitrophes de l'Âbyssinie préparaient admirablement à l'exploration complète qu'il en a pu faire avec les autres membres de l'expédition. C'est une excellente acquisition scientifique ; car ces parties maintenant si obscures de la haute Nubie ont un très-grand intérêt pour Tethnologie générale du nord de l'Afrique, et même pour plusieurs chapitres importants de l'histoire du monde ancien.

Grâce aux habitudes de prompte publicité de l'éminent secrétaire du comité de Gotha, M. Âugustus Petermann, ces communications fréquentes de la mission africaine ont été périodiquement livrées à l'impatience de l'Europe. Elles ont toutes paru de mois en mois dans le journal géographique qui se publie à Gotha sous la direction de M. Petermann, et qui porte le titre de MittheUungen^ recueil précieux qui est devenu pour l'Europe entière un centre de communication entre tous les amis de la science. Un certain nombre de mémoires et de lettres privées adressées au docteur Barth, l'illustre précurseur de l'expédition de 1861, ont aussi paru dans l'excellent journal géographique de Berlin, le Zeitschrift fur allgemeine EnJtkunde (Journal de Géographie générale). On a donc pu suivre pas à pas la

marche de rexpédition, et on en connaissait depuis longtemps les résultats généraux*.

Une seule partie, la plus importante à plusieurs égards, était encore inédite : ce sont les observations astronomiques et hypsométriques, base fondamentale de toute carte scientifique. C'est cette partie que vient de publier le docteur Petermann (n'' 1), dans un des cahiers Complémentaires {Ergaenzungsheflé)f qui se joignent de temps à autre aux cahiers mensuels des Mittheilungerif quand un morceau d'une étendue considérable exige ce supplément spécial. Le calcul des éléments astronomiques et hypsométriques envoyés par M. Kinzelbach, puis la construction et la gravure des quatre cartes qui présentent l'ensemble des itinéraires et des relevés trigonométriques de la mission entre la mer Rouge et le Nil, ont nécessité le long retard de ce cahier, retard que justifie suffisamment la beauté des cartes qui font partie de cette publication finale du comité. Je dis de cette publication finale, parce qu'elle semble être présentée comme telle par le docteur Petermann; et cependant j'ai peine à croire, dans l'intérêt d'une publicité plus large encore, que les communications fragmentaires des Mitthei^ Itmgen et du Zeitschrifl ne soient pas reprises et fondues dans une relation d'ensemble, à moins que chacun des voyageurs dont se composait la mission ne se propose de publier séparément ses souvenirs personnels.

C'est en effet l'exemple que vient de donner M. Munzinger, dans un volume plein d'intérêt qu'il intitule Études sur l'Afrique orientale (n° 2).

M. Munzinger, que des intérêts de commerce ont conduit, il y a dix ans, k Massâoua, et qui a mis à profit sa position, avec un zèle des plus louables, pour étudier les populations fort peu connues alors qui bordent Textrême

1. On peut voir dans les deux premiers volumes de notre Année le relev6 analytique de ces communications successives.

-frontière nord-est de rAbyssinie, avait déjà marqué ptrnne publication fort intéressante sur une de ces tribus les plus notables S lorsqu'en 1861 il fut appelé, bien inopinément, à remplacer M. de Heuglin dans la conduite de la grande expédition allemande '. Cette position lui a donné de nouyeUes facilités pour étendre ses recherches antérieures, et c'est le résultat de ses dernières études qu'il a déposé dans son volume actuel.

Le livre s'ouvre par un tableau rapide, mais attachant et instructif, de l'Abyssinie en général, de sa nature physique, de ses populations, de son organisation sociale, de sa âtaa^ tion politique et religieuse. Ce morceau (p. 26 à 72) mériterait d'être traduit en entier. Puis M. Munzinger nous introduit au milieu des peuplades nubiennes qui bordent la frontière. < Sur les pentes du plateau abyssin qui regardent le nord, on trouve, dit-il, plusieurs petits peuples soumis k la fois àTÀbyssinie et à TÉgypte, demi-chrétiens et demi-musulmans, demi-nomades et demi-agricoles, et parlant plusieurs idiomes très-particulièrement caractérisés. Ce sont pour la plupart comme des avant-postes deshautes terres, mais des avant-postes oubliés. Laissés depuis longtemps à eux-mêmes , ils ont conservé sans altération leur ancienne langue, leurs mœurs et leurs coutumes, ce que n'ont fait ui les Égyptiens ni les Abyssins. Nous trouvons donc là, et là seulement, l'occasion d'étudier ce peuple dans ses conditions originaires. »

M. Munzinger distingue trois classes de populations entra la côte et le Gasch. Gasch est le nom que prend le Mareb après être sorti des derniers gradins du plateau du Tigré pour se porter au nord -ouest vers les terres basses du pays de Taka, où il se réunit à TAtharadans le temps des pluies.

UShtenund Recht der Bogos. Winterthur, 1859, petit in-4 de 112 pages, avec une carte.

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