‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 216 sur 368 · M. ROHLF DANS LE SAHARA · texte numérisé non relu

M. ROHLF DANS LE SAHARA

à notre grande satisfaction nous avons vu que les routes du voyageur, tracées le compas en main, donnent des résultats assez exacts pour qu'on puisse faire de notables corrections à nos cartes actuelles. La route du Touat à Gh'adamès, notamment, qui ne figure encore, même sur la grande carte toute récente de M. Duveyrier, que comme une simple ligne d'indication, est ici parfaitement décrite et abonde en détails géographiques. Comparée avec la grande carte au 400000« des oasis de Gk)urara, Touat, etc., publiée par le dépôt delà guerre d'après les données fournies par le lieutenant-colonel Colomb, il en résulte une réduction considérable des distances, moins grande, toutefois, que ne la suppose M. Duveyrier. La position de Touat, celle des oasis d'Aoulef, de Titt, d'Âkebli, dlngh'ar, et leur position parrapport à Insalah (celle-ci devant être regardée comme solidement assise sur les observations de Laing), ces diverses positions, dis- je, deviennent différentes de ce qu'elles sont sur DOS cartes actuelles. Indépendamment du détail fourni par les routes du voyageur, son journal contient une description circonstauciée du groupe entier des oasis de Touat, où un assez long séjour (du 13 août au 10 sept. 1864), sous son déguisement arabe, a permis à M. Rohlf de pénétrer dans le cercle intime de la vie indigène. Nous trouvons aussi, dans les notes du voyageur, pleines d'ailleurs d'un intérêt soutenu, des remarques sur les maladies des pays qu'il a visités, et sur la condition et les habitudes des populations. Les lectures barométriques relevées avec soin et sans interruption permettront d'évaluer Taltitude de tous les points importants de l'itinéraire.

A peine de retour en Europe, le voyageur a fait ses dispositions pour retourner en Afrique, mieux préparé encore que dans ses deux courses précédentes à rapporter de cette nouvelle expédition de meilleures et plus nombreuses observations. M. Rohlf, que nous avons eu l'honneur de voir à son passage à Paris, est un Allemand, jeune encore, plein de feu et d'intelligence ; son projet, cette fois, est d'aller reconnaître le pays des Tibboû, k l'est du Fezzan. Si M. Rohlf réussit, il aura rempli une des grandes lacunes qui restent encore dans la carte et surtout dans Tethnologie du nord de l'Afrique. Aucun Européen jusqu'à présent n'a vu le pays Tibboû, entre le Fezzan et le Ouadây, et il y a

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sur la nationalité même du peuple qui l'habite, des divergences d'opinions entre lesquelles de bonnes observations sur place peuvent seules prononcer. Quelques savants n'ont voulu voir dans les Tibboû que de purs nègres : d'autres y verraient plus volontiers une race mixte, mi-nègre, miberbère. Cette dernière vue, que pour notre compte nous regardons conmiela plus probable, a pour elle de puissantes raisons ; mais un siècle de controverses ne vaut pas un mois d'observation. M. Rohlf y est bien préparé. Ses deux voyages dans le Maroc et le Sahara marocain et algérien ont fait apprécier en lui des qualités précieuses chez on voyageur dans ces contrées africaines: la résolution, le sangfroid, le vif désir de glorifier son nom par quelque belle et fructueuse entreprise; et avec cela l'usage pratique deTarabe, au point d'avoir pu se faire passer pour musulman au milieu même des tribus si défiantes des oasis sahariennes, et un complet acclimatement sous le ciel du tropique. Ce sont de grandes chances de succès.

M. Rohlf était de retour à Tripoli au milieu du mois de mars dernier (1865). Les premiers jours de mai furent employés à une excursion vers Lebda, site encore remarquable de la Grande Leptis. Des lettres un peu postérieures, les dernières qu'on ait reçues de lui, annonçaient son prochain départ pou Gh'adamès; le voyage au pays Tibboft était ajourné. Les circonstances devaient décider de sa direction ultérieure.

L*AL6ÉRIE.

27. Jules Ddval. Tableaux de la situation des établissements français dans l'Algérie (1838-1864). Rapport fait à la Société de Géographie. Bulletin de la Société, juillet-aodt 1865, p. 49-170

27 bis. Tableau de la situation des établissements français dans TÂlgérie^ 1863. Paris^ Impr. impér., 1864, grand in-â" vm-384 pag.

Ce volome est ezclusivemeot consacré à la statistique de nos provinces algériennes, sauf un appendice de 8 pages sur la culture du dattier et la sériciculture.

28. A. Bbhagubl. L'Algérie. Histoire, géographie , climatologie hygiène, agriculture, forêts, zoologie, richesses minérales, commerce et industrie, mœurs indigènes, population, armée, marine, administration. Alger, 1865, in-12, 430 pages.

29. P. Lacrbtelle. £tudes sur la proTince d'Oran. Paris, 1865, grand in- 18, 248 pages.

30. D' L. Th. Martin, de Gailargues (Gard). Des localités désignées pour rétablissement des colonies militaires" dans la province de Constptine, au point de vue de la salubrité. Montpellier, 1864, in-8*',' 92 pages.

31. D' Paul Mares. Nivellement barométrique dans les provinces d'Alger et de Constantine. Annuaire de ta Société météorologique de France, a. 1864. Paris, 1865, cah.de mars, p. 174-208, avec 2 planches.

32. L. Feradd. Recherches sur les monuments dits celtiques de la province de Constantine. Revue archéologique, mars 1865« p. 202-217.

Le mémoire de M. Féraud a d'autant plus d'intérêt, qu'il relève, dans une énumération circonstanciée, la statistique complète des monuments de ce genre aujourd'hui connus dans la province de Constantine.

33. J. Zacconb. De Batna à Tuggurt et au Souf. Paris, 1865, in-18, 318 pages (Dumaine).

Ce ne sont pas des observations scientifiques qu'il faut chercher âans ce livre, mais une narration animée et rapide, et des scènes de mœurs en général fidèles, malgré la couleur romanesque de certains incidents que l'auteur a jetés à travers ses récits. La relation de M. Zaccone aurait de l'intérêt par le nom seul des lieux encore peu connus où le voyage aboutit. Tout le monde ne va pas à Tuggurt.

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