NUBIE
ger remarque avee raison (p. 540) que nulle contrée du monde ne présente, dans un espace relativement aussi restreint; un nombre aussi grand d'idiomes qui n'ont entre eux rien de commun ; mais la conclusion qu'il en tire, que la région moyenne du Nil n'a pas un fond dominant de population qui lui soit propre, un fond de population qu'on puisse qualifier d'aborigène, cette conclusion manque de justesse sous cette forme à la fois trop vague et trop ab* solue.
J'ai besoin de répéter en terminant que malgré ces remarques qui portent sur les vues et les Uiéories systématiques de l'auteur, son ouvrage, en tant que collection d'investigations personnelles et d'études locales, est un document précieux pour la connaissance de la Nubie et de ses populations.
J'ai peu de chose k dire de la publication posthume du D' Steudner (n''4). £lle nous donne une relation circonstanciée, mais presque exclusivement botanique, de sa traversée du nord de l'Abyssinie avec M. de Heuglin, depuis le éommencement de décembre 1860 jusqu'à la fin de septembre 1862. L'itinéraire de GondaràKhartoum et deKhartoum au Kordofan a le même caractère ; mais par cela même les observations d'un voyageur exact et instruit tel que M. Steudner sont d'une grande valeur pour l'étude du sol et des conditions physiques du pays.
S 2. Autres publications récentes sur la Nubie.
5. Reise des Herzogs Ernst von Sachsen Cobdrg Gotha nach iEgypten und den Laendern der Habab, Mensa und Bogos (Voyage du duc Ernest de Saxe-Cobourg-Gotha en Egypte et au pays des Habab, des Mensa et des Bogos). Mit 20 Zeichnungen nach der Natur aufgenommen, 4 photograph. und 2 Karten, Leipzig, 1864, in-fol. 78 pages de texte.
6. D' G. Schwrinfurt's Reisc in die Gebirge der Ababde und Bischarin am Hothem Meere (Voyage dans les montagnes des
6i^ ' AFRIQUE.
Ababdôh et des Bisehartn sur la mer Rouge) ^ Merzbis joiût 1884' MittheUungen de Petermann, n" 9, p. 331-336.
7. iEthiopica. Von D* H. Brugsch. Zeittehrift fur àUgem. Eté-
kunde. Berlin, n" 133, julUet 1864, p. 1-22.
La publication princière du duc de Saxe-Gobourg (of 5) est le fruit d'une rapide excursion faite en 1862^ sur un champ d'études auquel les communications de l'expéditioii allemande venaient de donner un intérêt particulier. Après les publications du comité de Grotha et celles de M. Monzinger, il ne faut pas chercher dans ce riche volume des choses précisément nouvelles pour la science ; mais de beau dessins, des planches artistiques, et aussi les études botar niques du D' Brehm, n'en feraient pas moins un livre fort intéressant à parcourir, si son prix ne le mettait hors de la portée commune, à commencer par nous.
Le voyage du docteur Schweinfurt aux côtes de la mef Rouge (n"" 6) a un autre caractère. Les courses &ites oii projetées par le docteur dans les pays du Nil ont pou objet principal des recherches botaniques ; mais la longue excursion dont il s'agit ici, sur une côte inhospitalière et I pe& près inexplorée, prend, par cela même^ une plus grande valeur géographique. U partit de Kosseïr, dans les premiers jours de mars, sur une barque de pêcheur dont il s'étail assuré la disposition absolue, voulant relâcher on séjourner à sa seule volonté. La côte qui s'étend de Kosseïr au Râs Bénâs (près de rancienne Bérénice) présente un intérêt particulier, k raison des stations nombreuséSs qu'y mentionnent les anciens périples, et du voisinage des mines d'émeraude. Le voyageur n'y fit pas moins de huit relâches, et chaque relâche devint l'objet de courses dans les vallées adjacentes. Ce pays, où se termine la côte égyptienne et où commence la côte de la Nubie, est habité par les Âbabdèh. On les voyait rarement et jamais en nombre ; ils vivent épars en petits groupes, et ont pour demeure lee ro-
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chers et les grottes. Ge sont toujours les anciens Troglodytes.
M. Schweinfurt gâtait surtout proposé de visiter les monts Elba, renommés par leurs mines d'or dès le temps des Pharaons, et souvent mentionnés par les géographes arabes. Cette chaîne, que les tribus du voisinage nonmient Sotirba^ vient aboutir à la côte, où elle forme le Bas Elba (ou Elbea, comme prononcent les marins), aux environs du 22^ parallèle. M. Schvs^einfurt y fit de fructueuses excursions ; et après avoir poussé jusqu'à Souakïn, à trois degrés au sud du Rfts Elbea, il regagna Kosseïr et le Gaire^ trèssatisfait de sa course et de ses récoltes. Nous n'en avons encore qu'un aperçu succinct ; la relation que le voyageur prépare sera certainement riche en informations d'un haut intérêt. M. Schweinfurt, dans ime note communiquée aux MiUheilungen (p. 357), indique les éléments sur lesquels, avec ses propres observations, sera construite sa carte des monts Elba ; nous sommes étonnés de n'y pas voir mentionnée la carte de TEtbaièh de M* Linant de Bellefonds.
5 8. Le haut bassin da Nil. Le fleuve Blanc et ses affluents. La région des sources. Speke, Baker, etc. Le voyage des dames Tinné. — Une ezpédition à entropreiidieé
8. A Communication from M. Tinné, relative- to the dutcb ladies expédition from Khartùm up the river Bahr-el-Ghazal. Proceedings of the Boyal Geogr. soc. vol. VIIX, december 1863, p- 12-18.
S bU. Theod. V. HEUGtiN'â Bericht uber seine tmd C' STEtmNEH's Reise von Chartum den Bahr el-Abiad und Bahr-Ghasal hinauf, bis zum See Req.; 25 jan. bis 20 màrz 1863. MiUheilungen de Petermann, Ergànzungsheft n" d, nov. 1863, p. 142-152.
A cette notice de M. de Heuglin, il faut joindre celle du D' Steudner, à la fin de la relation posthume ci-dessus indiquée (n« 4), p. 79 à f 12.
9. V. Heuglin's Briefe aus Chartum, mai -juin 1864. Xittheil. tf* 8 et 9, p. 30^10^ 360^2.
10. What led to the discovery of the Source of the Nile: By John Hanning Speke. Lond. 1864^ in-S**.
Speke a réuni dans ce volume la relation personnelle de set deux précédents voyages en Afrique : le premier au pays des SomAl, en 1854, comme auxiliaire d'une expédition dont le capitaine Barton avait la conduite ; le second à la pointe sud du lac Nyanxa pendant le mémorable voyage de 1857^ aux Grands Lacs de TAfrique , voyage dans lequel Speke fut encore le second du capitaine Burton (voir notre 1*« Annéej p. 46). Ces deux morceaux ont été originairement publiés dans le Blackwood'a Magazine d'Edimbourg (a. 1860 et 1861); levoyageur n'a fait ici que les reproduire, en y ajoutant une préface.
11. Les Sources du Nil. Journal de voyage du capitaine John Hanning Speke. Traduit de l'anglais par £. D. Forgues. Cartes et gravures d'après les dessins du capitaine Grant. Paris, 1864, grand in-8, 579 pages, avec de nombreuses illustrations (Hachette).
12. James Aug. Grant, cap t. Bengal army. A Walk across Âfnca, or, domestic scènes from my Nile journal. Xx)nd. , 1864, in-8 xvin-453 pages, with map (W. Blackwood).
13. A Lecture oi\ the Sources of the Nile, and on the means lequisite for their final détermination. Delivered in -the théâtre of the London Institution, jan. 20, 1864. by Gh. T. Bekb« Lond. 1864, in-8, 35 pages, with 3 maps. (for private distribution).
Le savant et expérimenté voyageur, un des vétérans des explorations africaines, trace dans cette lecture l'historique de la recherche des sources du Nil, relève quelques fausses assertions qui ont été miles en circulation dans ces derniers temps, et suggère le plan d'une expédition nouvelle au Nyanza, en. partant de la côte orientale, au nord de Zanzibar.
14. Capt. Richard F. Burton. The Nile basin. Lond., 1864, in-Smaps.
15. MiANi. Confronte geografico intomo aile scoperte del Nilo fittte dai sign. Speke e Grant e da G. Miani. Trieste, 1864, 4 pages in-f^ ^ avec une carte.
16. D' Bob. Hartmann. Die Fieberkrankheiten des oberen Nilgebietes, und deren Behandlungsweise (Des fièvres du haut bassin du Nil, et de leur traitement). Kathschlàge fOr Reisende. ZeiUchrift fur Allgem. Erdk.y Berlin, n" 127, jan. 1864, p 70-83.
Un pareil travail dû i un voyageur savant et expérimenté tel que le D' Robert Hartmann, qui a conquis une si belle place dans la sêieiioe par sa relation du voyage en Nubie avec le baron Adalbert de Bamim (Voir notre 'i« AnnéCy p. 57 et 71), doit être désormais le vade mêcmm de tous les voyageurs en Afrique. Quant au morceau suivant, ton titre seul en dit assez Tintérét.
~ Die Haussaugethiere der Nillânder (les animaux domoiti-