‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 24 sur 368 · HAUT NIL · texte numérisé non relu

HAUT NIL

des pays du Nil); nach eigenen Beobachtungen geschildert, von D' R. Hartmann. Ànnalen der Landtcirthseh. B. xliii, und XLiv, p. 281-310, 7-38.

17. John Pbtherick. Report upon his proceedings up the withe Nile. Proceedings of the Roy. Geogr. soc. vol. VIII, p. 122-151

Ce docament, qui ii*est donné ici que par extrait (il sera imprimé m extenso dan» le Journal de la Société), n'a plus qu'un intérêt rétrospectif. On sait que M. Petherick avait reçu mission de devancer à Gondokoro l'expédition du capitaine Speke, pour tenir à sa disposition les ravitaillements nécessaires, et que diverses circonstances l'empêchèrent de se trouver à temps au rendez-vous. Le rapport de M. Petherick a pour objet de se disculper de ce retard, en expliquant les causes qui l'ont produit.

17 his. ExcinsioDs et chasses à Téléphant au fleuve Blanc, parJ. Vovc^i, Annales des voyages, nov. 1863, 146-199; févr. 1364, p. 182-227.

Voir notre Année précédente, p. 57, n* 4.

18. Le djebel Tagala dans le Kordofan. Extrait des notes de voyage de feu M. le D' Alfr. Peney. Bulletin de la Soc. de géogr,, août 1864, p.,81-94.

19. Documents pour servir à l'étude du régime des crues périodiques du Nil. Notes extraites des papiers de M. Jomahd. Ibid., avril, p. 257-266.

20. F. MuLLER. Die Sprache der Bari, ein Beitrag zur afrikanischen Linguistik. Wien, 1864, in-8, 84 pages.

— Ueberdie Harar! Sprache, in œstlichen Afrika. Jbtd., 1864, in-8.

20 his. Parthey. Ueber den Oberlauf des Nil nach Ptolemaeus (sur le cours supérieur du Nil d'après Ptolémée). Monatshericht des hais. Akademie %u Berlin, juin 1864, p. 356-363.

A côté des expéditions que nous avons jusqu'à présent mentionnées dans la haute Nubie et les pays du Nil, il en est une encore qui, avec un caractère moins grave en apparence, du moins à ses débuts, n'en a pas moins occupé et occupe encore l'attention de l'Europe et des sociétés savantes ; c'est celle des dames Tinné (n*» 7). Il n'est assurément pas ordinaire de voir des femmes riches et du plus grand monde se jeter seules dans des courses aventureuses, sans autre mobile que la passion des choses inconnues, sans l'année oéooR. XIL 6

autre défense que leur courage et leur résolution. Ce qui ajoute encore à la singularité de l'aventure^ c'est la jeunesse de l'une de ces trois dames, miss Alexandrina Tinné, — elle est anglaise de naissance, quoique néerlandaise d'origine ; — l'on assure que c'est elle surtout, la jeune miss Alexandrina, qui échauffe de son enthousiasme l'imagination plus rassise de sa mère et de sa tante. Tout cela jette sur cette audacieuse excursion une teinte de rom&ûesque qui en double l'intérêt. Ajoutons que dédaigneuses des routes battues, ces dames cherchent de préférence les parties les moins fréquentées ou tout à fait inconnues de cet immense bassin du haut Nil ; c'est dans le réseau d'affiuents à peu près inexplorés qui se déploie à l'ouest du fleuve Blanc, entre le 9*" degré de latitude N. et l'équateur, qu'elles ont définitivement poussé leur fortune. Elles ont organisé k très-grands frais une véritable flottille, avec toute une armée de porteurs indigènes ; et puis enfin, — et par là cette course lointaine des dames touristes prend un côté tout à fait sérieux, — elles ont pu s'adjoindre plusieurs honmies d'une grande valeur scientifique, qui donnent au voyage le caractère d'une véritable exploration. De ce nombre, et au pre* mier rang, est M. de Heuglin, qui avait lui-même résolu, de compagnie avec le docteur Steudner, de poursuivre individuellement ses recherches dans les contrées du haut NU après la dislocation de l'expédition allemande, et qui a été heureux de trouver près des dames hollandaises des facilités d'études qu'il aurait cherchées vainement ailleurs.

Ainsi recrutée, la flottille quitta Rhartoum au commelioement de 1863, et se dirigea, pleine d'entrain et de bon espoir, vers le haut du fleuve. On voulait, comme je l'ai dit, gftgner le 9* degré de latitude, et là, quittant le Bahr el-Abyad^ s'engager dans le réseau de rivières peu ou point connues qui viennent de l'ouest. Pour comprendre de quel intérêt pouvait être cette entreprise, il suffit de considérer la disposiddfr physique de la haute région du Nil. Une des singîilaiillB

HAUT NIL. — LKS DAMES TINNÉ. 67

caractéristiques du gfand fleuve, est, on le sait, de traverser toute rimmense étendue dé la Nubie (du 18* au 24' parallèle) avant de gagner TÉgypte, sans rencontrer un seul afQuent. G*est un sillon qui coupe isolément le désert aride, le désert que nulle source ne rafraîchit, que jamais la pluie du ciel ne vivifie. C'est seulement vers le 18' degré de latitude, trois degrés au-dessous de Ehartoum, que commence la zone des pluies tropicales, faibles d'abord et irrégulières, puis plus fortes et plus fréquentes à mesure que, s'avançant au sud, on se rapproche davantage de Téquateur. Avec les pluies tout change d'aspect. La végétation se montre, la nature se renouvelle, et les eaux, concentrées dans les parties hautes du pays, se déversent en courants réguliers pour se porter vers la vallée du Nil, qui est la grande artère centrale. A partir du confluent du Bahr el-Azrek, le bassin du Nil, alimenté d'affluents de plus en plus nombreux, se déploie en un im«> mense éventail, au moins de 400 lieues d'envergure, dont la pointe est k Ehartoum et la base vers l'équateur. Or, quand on songe que dans cet immense triangle, où les pluies diluviennes de l'équateur doivent créer d'innombrables courants dont les eaux réunies forment le Nil, cinq à six tout au plus de ces rivières affluentes ont été non pas même explorées, mais entrevues, on peut se former une idée de ce qui reste à faire avant que l'on puisse se flatter de connaître réellement la haute région du Nil , et dç discerner avec certitude la branche principale, celle qui prendra rang définitivement comme la tête du grand fleuve.

Parmi les affluents inexplorés du fleuve Blanc, l'un de ceux dont le nom revient le plus souvent dans la bouche des indigènes est celui que les Arabes du haut Nil désignent sous le nom poétique de rivière des Gazelles, Bahr el-6hazal. C'est celui-là qui a son confluent aux environs du neuvième degré, et vers lequel s'étaient tournés les projets des dames Tinné. Mais si le nom est poétique, le pays ne l'est guère. P'immenses marécages, des eaux fétides, de vastes lagunes

cachées sous des forêts de roseaux, une armée de reptiles et des myriades de moustiques, c'est pour l'explorateur un aspect peu engageant. C'est celui devant lequel reculèrent, il y a aujourd'hui dix-huit cents ans, les centurions que l'empereur Néron, dans un jour de fantaisie géographique, avait envoyés à la découverte des sources du Nil, et qui remontèrent jusqu'à ces marais sans oser s'y aventurer. Nos exploratrices, plus courageuses, avaient résolu de les franchir ; il était d'ailleurs plus que probable qu'une fois sorti de ces terrains noyés, on trouverait, en remontant le Bahr el- Grhazal ou les autres courants, un pays plus sain dans une région plus élevée. Ces prévisions, hélas 1 devaient être cruellement démenties.

L'expédition des dames Tinné, renforcée de M. de Heuglin et du docteur Steudner, quitta donc Khartoum le 25 janvier 1863. Le 3 février la flottille passait devant le confluent du Sobat ; le 5 au matin, on arrivait au lac marécageux (le lac Nô) où le Bahr el-Ghazal fait sa jonction avec le fleuve Blanc.

Nous avons sur ce voyage le journal de M. de Heuglin (n® 8), celui du docteur Steudner (n« 4), et quelques fragments des lettres de Mme Tinné, la mère de miss Âlexan-< drina (n° 7). Pour qui voudra suivre le côté scientifique de l'expédition, ce senties notes des deux naturalistes allemands qu'il faut avoir sous les yeux, cela va sans dire (sans oublier d'y joindre la carte construite par MM. Petermann et Hassenstein pour l'expédition à la recherche de Vogel *) ; mais

1. Cette carte en 10 feuilles a été publiée dans les n"* 7, 8, 10 et 11 des Ergànxungshefte, avec un mémoire analytique de M. Hassenstein. Elle comprend tout le N. E. de l'Afrique. C'est une admirable étude, où toutes les données, sans la moindre exception, que l'on possédait il y a quatre ans sur le bassin du Nil^ le Soudan oriental et la presque totalité de la zone équatoriale, ont été réunies et discutées avec une étendue de recherches et une science critique extrêmement remarquables. Bien que ce travail ait été construit seulement comme une épure destinée à servir de cadre aux itinéraires de la grande expéditien

Page 1