ETHNOGRAPHIE ARABE
du désert qui avoisine Soûk-mH^ftkh^ sur rEaplirtta ui* férieur, là où le chéikh Haméd et les antres informatturs arabes font aboutir la Tallée du Roumma. Le progrès dis ezploratioDs fera le reste, àmesure qu'elles pénitreront dans les diverses parties de TArabie intérieure.
S 6. ObMTftiiMit 0tlm«sni^at> <t« M. PAlsnifi.
D'après ce que nous a dit M. Palgraye^ on doit s'attendre à trouver dans sa relation d'importantes et nombreuses informations ethnographiques. Elles y abondent en effet, et sous une forme souvent piquante elles nous apportent des notions aussi neuves qu'instructives. Nous nous bornerons à en signaler quelques-unes.
Il y a en Arabie deux clasôes de populations bien distinctes, — distinctes nbn par la langue ou aucun des carae^ tères qui constituent le fond de la nationalitéi mais par les mœurs, les habitudes, tout le détail de la vie sociale. Ce sont les Bédouins ou Arabes nomades, et les Arabes de« villes. On sait sous quel jour relatif les voyageurs ont dépeint ces deux classes d'Arabes. L'immense supériorité que le pasteur sémite ou arabe — le Bédouin, pour employer la dénomination qui nous est devenue familière depuis que nous sommes en contact avec eux dans notre posaesBion algérienne — s'est de tout temps attribuée, dans son opinion, sur TArabe sédentaire, cette supériorité ne luLa été contestée par aucun voyageur. Le Sémite est resté pour tous le type d'une noble nature, que le séjour des villes a pervertie on abaissée. Il suffira de citer quelques lignes de Burkhardt, cet observateur d'une sagacité si pénétrante : < Les Arabes nomades ont certainement plus d'esprit et de sagacité que les gens des villes. Leurs idées sont toujours nettes, leur énergie n'est pas affaiblie par la débauche, ni leur Àme corrompue par l'esclavage; et je suis autorisé à dire qu'il y
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a peu de natioDS chez lesquelles les talents naturels soient aussi universellement répandus que chez les Bédouins. > Ajoutons toutefois que dans la pensée de Burkhardt, p*est surtout aux Bédouins de Tintérieur que ce portrait un peu idéalisé s'applique, et non pas à ceux de la lisière extérieure. Il a sur ce point un passage qu'il faut citera côté de celui qui précède, car il le rectifie en le complétant, c Pour connaître parfaitement les Bédouins, dit l'illustre explorateur, il faudrait les étudier dans le Nedjed, où les mœurs n*ont pas été altérées par le contact étranger. Le Nedjed, et le pays de montagnes qui s'étend au nord de Sftna, sont assurément les contrées de TArabie qui fourniraient à un voyageur le plus d'objets de recherches et de sujets d'étude. >
Le vœu qu'exprimait Burkhardt, M. Palgrave, après un demi-siècle d'intervalle, vient de le remplir.
Mais les prévisions de Burckhardt, quant à la valeur morale des Bédouins du Nedjed et de Tintérieur du désert, les observations de M. Palgrave sont bien loin de les avoir justifiées. Ses conclusions sont absolument l'inverse des idées dominantes. Il faut l'entendre lui-méme| car je ne voudrais substituer à aucun degré mon interprétation à ses propres paroles :
Je voudrais, dit-il, que ceux dont rimagination se complatt dans un portrait idéal de la vie du désert, ceux qui regardent les Bédouins comme dignes d*admiration et leur condition comme digne d'envie, je voudrais qu'ils fussent ici, dans mon campement, seulement pendant trois jours, et qu'ils passent voir de leurs propres yeux, et non d'après des narrations romanesques, à quelle profondeur de dégradation une des plus nobles races de la terre peut descendre sous Tifliluence séculaire de la vie nomade.
Je dis une des plus nobles races de la terre, car tels sont bien réellement les Arabes des provinces soumises à un gonvemement régulier. J'ai beaucoup voyagé, et connu d'une manière assez intime pas mal de races d'Asie, d'Afrique et d'Europe; eh bien Je donnerais difficilement à aucune d'elles la prôiérence