LE COLONEL PBLLY EN ARABIE
bla HDgéa de b&uUurs, à trerera laqualie une ouverture pittoresque donne passage à la route qui conduit à Chaab, plaiae élevée de plusieurs milles d'étendue. La plaine de Cbaab est bornée de l'autre cûté par les montagnes d'Aridb, qui forment le massif oriental dej bautes terres du Neâjed, et la cbatne d'Aridh est suivie an nord de celle de Tovaldj, dont elle est séparée par la plaine bien peuplée de Mehmtl. Le district populeux el cultivé de Sedeyr est une bande de terre située immédiatement sous la cbatne de Tovaidj. Les voyageurs avaient alors atteitit les cahtons bien peuplés du pays central ; la première ville dans laqoelle ils entrèrt^nt est Sidoùs, place afirésbie et propre anfonie dans des bosquets de dattiers. Aprâs j avoir eiaroiné une colonne aotique antérieure à l'ère mabométans, ils revinrent k l'est du côte de RIadb, capitale des Ouâbabites, où ils arrivèrent le 5 mars, o'est-S-dire quinze jours après leur départ de Kouét. Le colonel Pelly eut l'honneur d'avoir trois entrevues avec la chef des Ouàhabites, qui e^t l'autocrate à la foia spirituel et temporel du pays, et qui jouit d'un respect absolu dans toute l'étendue de sa domination.
Quelques eiplîeations verbales ajontéea à sa note par le chef de la mission semblent avoir singulièremect transgressé la réserve diplomatique. Le chef oaàhabite est on homme très-i^marquable ; tout son extérieur respire le calme et la froide dignité. U dit au colonel < que la ville devait être une place curieuse pour un ofScier anglais; qu'ils étaient bien séparés de tonte communication extérieure par la nature du pays; que se suffisant à eux-mêmes ils n'avaient pts de relations au dehors el n'en désiraient aucune, particulièrement avec les Anglais, ■ — thaï ihey were enough for themselves, had no foreign relations, and wished for none, especially with the £ng]ish,— C'était un congé en due forme, l)ien qu'accompagné, surtout dans les deux entrevues qui suivirent, de démonstrations de courtoisie dignes d'un diplomate persan ou européen. Le colonel el sa euite forent invilé^ par les perspectives les plus engageantes à se faire musulmans-ouAhabites. Mais si laçolitAs»» diplomalique ne permettait pas au cViel B.ta.^S« O^onjçrôxA^
trop crûmeDt sa pensée, cette tâche était laissée — toujours comme chez nous — à son premier ministre, métis issu d'une esclave géorgienne et d'un nègre, et dont les manières «c excessivement déplaisantes > se montrèrent dignes d'une telle filiation. La mission regagna le golfe Persique en coupant la province littorale de Hâça, dans la direction d'el- Katîf.
Ge qui nous touche particulièrement en tout ceci, c'est le résultat géographique. « Sans les mauvaises dispositions manifestées par l'entourage du chef, dit à ce sujet le colonel Pelly, j'aurais été charmé d'explorer tout le pays, et j'aurais pu donner un relevé détaillé des latitudes et des longitudes de tous les points importants. » M.Pelly n'a pu faire cela, malheureusement ; mais son voyage n'en sera pas moins précieux pour la géographie astronomique de l'Arabie. Il a jalonné son itinéraire d'un certain nombre de déterminations de latitude, et, ce qui est surtout d'une très-grande conséquence pour la carte de la péninsule, il a fixé astronomiquoment la position de Rîadh. C'est le premier point astronomiqi^e que nous ayons pour l'Arabie intérieure. Voici les chiffres donnés par M. Pelly :
Latitude N 2^<» 38' 34"
Longitude E. de Grecinvich 46» 42' 48*
(E. de Paris 44'» 21' 38*)
M. Henri Kiepert, dans une note qu'il a écrite à ce sujet au Journal de géographie de Berlin (ci-dessus, sous le n'^ 69 de la bibliographie, qu'il faut rapprocher du n» 71), se félicite avec raison du peu de différence qu'il y a entre cette détermination et la position qu'il avait assignée à la ville de Rîadh dans ses constructions antérieures, uniquement basées sur la combinaison des itinéraires. Cet accord est en effet fort remarquable, et elle fait honneur à l'habileté du savant géographe de Berlin.
s I. Htmoln d«M. Welisteln sur la dard ie l'Anbl*. UiUriaax ImporUnli iwar U carlogriphis de U pénininla, pour l'biiloin gfognphlqoa >l poor ]'«tluiD£TaphiB.
Nous avons eu dëjà k menlionner, & l'occauon du grand ouftdi transvenul de l'Arabie, le très-important travail que le D' Wetzstein publie sur le nord de la péninsule ; il nans faut y revenir d'une manière plus particulière. Noufi savone que pendant son séjour i Damas et dans le cours de ses voyages en différButes parties de la Syrie orientale, le H' Wetuiein, consul de Prusse à Damas, bien connu de l 'Europe par ses courses savantes dansle HaourAn, se trouva fréquemment en rapport avec des hommes en élat de lui donner de bonnes et sAres informationE sur l'iotérieur du désert syrien et le nord de l'Arabie, c'est-à-dire sur des contrées que bien peu d'Européens ont vues, et sur lesquelles nous ne possédons que de maigres notioas. On pense bien qu'un homme comme le D' Wetzstein ne négligea aacuue de ces occasions. Il a ainsi recueilli une quantité de renseignements qu'il a cru utile de communiquer dès k présent an monde géographique, pensant avec grande raison que lors même qu'ils se trouveraient encore iocomptets on donteux sur certains points, ils n'en ajouteraient pas moins considérablement à la somme de nos conuaissances acquises. Pour donner encore plus d'utilité à cette communication, et dans quelques cas pour en lier entre elles les diverses parties, M, Welislein y a joint des testes empruntés à des écrivains arabes, inédits ou non traduits, tels que le grand Dictionnaire de Yakoùt (13* sièck>), la Géographie de Magdtcl (10* siècle), le M&àçid-el~Jllilà, le voyage du pèlerin musulman Murtod! ibn-OlvAn, etc. M. Welzstein a pu donner ainsi des indications toutes nouvelles sur la grande chaîne intérieure d'el-Aridh et sur ses tribus, et sur un vaste système de uu^àift q>i t^'^^kj^
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temporaires qui rayonne sur tout le nord de T Arabie et vient aboutir à l'Euphrate. On voit donc ici se développer un fait analogue à ce que les récentes exploration^ nods ont révélé pour le Sahara, à savoir, que ces grands xléserts sablonneux, à mesure que nous apprenons à les mieux connaître, s'offrent à nous non plus tels que notre imagination se les représentait, — d'inmienses surfaces nm'es et monotones dans leur affreuse aridité, — mais oonune de vastes plaines profondément accidentées en beaucoup de leurs parties, et où des sillons d'une grande étendue, avec des embranchements pareils aux affluents de nos rivières, forment de véritables bassins auxquels il ne manque que des eaux permanentes pour en faire de très-grands fleuves. De plus en plus ces tristes solitudes vont prendre sar nos cartes un nouvel aspect riche en détails physiques. Notre paragraphe sur les rivières de l'Arabie (ci-dessus, §. 4, p. 121) nous dispense d'insister davantage sur ce sujet.
Dans ce travail méritoire sur le désert d'Arabie , le D' Wetzstein n'oublie pas la géographie comparée, cette branche de la science qui reçoit de l'histoire et souvent lui rend un si puissant intérêt.
Je ne puis ici, dit-il dans ses quelques notes d'introduction, que toucher en passant ce qui regarde la géographie ancienne. La nomenclature de Claude Ptoléméeest, on le sait, d'une identification très-difficile, et je Tai essayée plus rarement que peut^ être je n'aurais pa le faire. Nombre de lieux anciens peuvent être en ruine , dont l'existence et le nom seront reconnus par un voyageur; mais il n'est pas douteux que la plupart ont changé de nom. Ainsi, à six heures à Test de Damas, sur un territoire entouré de localités en ruine, j'ai trouvé un énorme bloc de basalte que l'inscription qu'on y lit, (jlcto^j IooXAajiv xa\ Apa'7so;jLéXa)v, désigne comme une borne servant de limite, et que certainement personne n'a jamais pu songer à déplacer, d'abor 1 à cause de sa grosseur, et aussi parce qu'on n'en pouvait rien faire, le bloc étant brut. J'ai été mainte fois dans cet endroit ; j'en connais chaque ruine par son nom, et de tous ces noms il n'en est pas un qui ait la moindre ressemblance avee
LE GRAND OVkm DE t'ARABIE. \kZ
les deux noms grecs de l'iDscription ', Par suite des iacursioDS r^péttss des Arabes du sud dans le nord durant les premiers siècles de notre ère, inoursioiu qui refoulèrent bon de leurs territoires la plupart des iribns du mont Semmar et de la partie méridionale du désert de Syrie, les lieux habités, les montagnes et les oufldis ont regudes noms nouveaui. Si la ville de Damas elle-même n'a pu échapper à ce chaogement, & plos forta rsiaon dus lieux de moindre importance et situés dans des parties écartées. Quant aut indications géographiques sur l'Arabie que noos trouvons dans la Bible, ce sont ponr la plupart des nOms de peuples que nous devons renoncer à retronver. Parmi les noms des triîius actuelles, il n'en est qu'un très-petit nombre que l'on puisse regarder avec quelque certitude comme ajant existé avant l'ère chrétienne ; et ce petit nombre de noms, précisëraent !a Bible ne les connaît pas. II n'en est pas de même des noms de lieux. Un voyageur qui , m«ni de l'armure sclentiSqued'un Edward Robinson, traversera seulement l'Arabie Pétrée jusque Mouelib dans le sud et jusqu'au mont Agâ dans t'est, y fera de nombreuses et précieuses découvertes pour l'enrichissement delà géographie biblique. On trouvera aussi çà et là dans te qui suit des rapproche m F' nts ftvec les noms bibliques, mais là seulement en g^n^ral où j'ai cru avoir àredreseer les erreurs des exégètes antérieure,
M. Watzsteia entre dans le cœur de son sujet par un eusemble d'informations sur le Nedjed ou Arabie centrale. L'auteur principal de ces informations est un homme du pays, le' cheikh Hamed, que M. Welzstein a rencontré à Damas; ellea se rapportent principalement au Ouàdi er< RDumma,ce grand trait phjsîque de la contrée jusqu'à présent h peu près inconnu, et aux routes, ou, pour parler plus eiactemenl, aux lignes de communication qui sillonnent le pays. C'est dans le mémoire même qu'il faut suivre ces détails purement géographiques; M. Henri Kiepert les a. d'ailleurs figurés, avec son habileté accoutumée, dans une carie construite pour accompagner le travail du savant consul prussien (ci-dessus, à la bibliographie, n'' 72).
1 peut voir let Hémoires d« t'^etiléi&\«
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S 9. Excursion de M. Ouarmani de la Syrie méridionale au payide Kaçlm,
dans le Nedjed.
M. Guarmani, originaire de Livoume en Toscane, remplît à Jérusalem les fonctions de directeur des postes au nom da gouvernement français. A la fin de 1863 il reçut la mission d'aller acheter des chevaux de choix dans TÂrabie centrale. Son voyage, fait sous un déguisement arabe, a duré cinq mois, du commencement de janvier h la fin de mai 1864. M. Guarmani a été jusqu*au Eaçîm, dans le N. 0. du Nedjed, par une route en partie la même que celle de M. Palgrave, en partie différente, surtout an retour. Son journal (n"" 73), sans avoir a aucun degré la prétention d'une relation savante, n'en contient pas moins les éléments d'un très-bon itinéraire, par l'attention que le voyageur a eue de noter attentivement les directions et les distances, ces dernières d'après la moyenne du pas du chameau dans la marche ordinaire, évaluée à environ 1 5 900 pieds pour une heure, ou 5170 mètres. Sur l'aspect du pays, sur la nature des ouâdis et leurs embranchements, M. Guarmani fournit d'utiles indications, aussi bien que sur le caractère et les habitudes des populations. Nous lui empruntons deux ou trois passages qui donneront une idée du genre d'intérêt que sa relation présenté sous ce dernier rapport.
M. Guarmani est arrivé au Djebel Chômer (la première province du Nedjed propre en venant du Nord); il y est l'hôte honoré du chef du pays, Talâl ibn-er-Raschîd^ Le voici dépeint dans ses fonctions de juge :
L*émir Talâl mettait en action le précepte de l'£vangile : « Tous ceux qui se serviront de Tëpée périront par l'épée ; > aux assassins, la mort; à celui qui blessait dans une rixe, il
1. Sur ce chef et son pays, M. Pulgrave donne beaucoup de détails au chapitre m de sa relation.