LES ARABES DU CENTRE. U
faisait couper la maia; au roentears et aux faux témoins, . brûler la barbe sur le feu, et quelquefois même leurs yeux restaient brûles; aux Toleura, la prison ; aux rebelles, la confiscation de leurs biens. U me disait souvent que les veuves et les orpbelins lui étaient plus chera que sa propre fsmille. Ses jugements étaient remplis d'équité, sa générosité extrême.
C'est un homme de quaraole ans, petit, gros, brun, aux yeux noire et virs et au nei aquiliu ; il portait un abah très-fia du Hâga, couleur marron, un ke [fi eh de Bagdad, un aakal attaché avec des cordons or et soie, une veste de drap Ttrl foucé, et une longue ohemiae blanche. 11 était déjà sorti de la mosqnée et tenait son tribunal à la porta. 11 était assis sur un banc de terre qui occupait toute la base orieotaie du mur du temple. Ses principaux employés, salon leur rang, étaient assis à sa gauche, à la file. Devant lui, eu demicercle, et assis par lerre, se tenaient environ vingt esolare* et serviteurs, tous bien vttus à.'abêch noir trës-fin'et de restes de drap ronge ou bleu dont la plupart étaient brodées d'or; ils avaient à la main, ûnsi que le prince et tout le reste de sa suite, un cimeterre k fourreau d'argeat, car ils ne le ceignent qu'en montant il cheval. A\i delà du demi-cercle des gardes, une pauvre femme adressait la parole au prince, Ini demamlant justice contre le gouverneur du village d'Ousseta, qui, sans sa permiision, s'était servi de son Ane, et Tarait maltraitëe quand elle avait été lui en demander raison. Le prince ordonna à deux caraliers de l'accompagner au village, da prendre parmi les Anes du gouverneur le meilleur, qai deviendrait la propriété de la femme en compensation du serrioa forcé que ce fonctionnaire avait imposé au sien ; et pour les mauvais traitements qu'elle avait regus, le gourernear fut condamne à lui donner un kt$su» ou vêtement complet. La femme, suivie des deux cavaliers, s'éloigna en bénissant le juge.
M. Palgrave nous a représenta les Arabes da Nedjed comme le type parescellencedela race; l'esqniseeeuivanle des femmes du Djebel Chômer ne dément pas cette haute idée de leor perfection physique :
Je sortais du Chômer sans y avoir éprouvé le mov&Ax« ^toit.grément. On m'y avait, au coatraiie, cmatA^ tfa.W«OL>;isu&\ L'jLiroia utoim n -r- \Q
seulement le fanatisme musulman y est excessif. Le retour à l'antique croyance, depuis la défaite des Oufthabites, les a for- . ces naturellement à s'y montrer fort attachés et à Caire paraître une sincérité vraie ou feinte. Les mœurs sont très-mauvaises, les hommes dissolus, les femmes luxurieuses ; œlles-ci ont le teint brun comme les Égyptiennes des villages du bord du Nil, les yeux grands, fendus en amande, et pleins d'un feu qui jaillit de leurs noires prunelles ; les mains et les pieds h rendre jalouse la plus élégante liofifie parisienne. Les formes de leur corps rivalisent, pour la pureté des lignes, avec le modèle que Praxitèle rendit en marbre dans la Vénus de Médicis, et avec les plus exquises qui aient jamais servi aux gracieuses oompositions de Ganova et de Pradier. Leurs cheveux sont très-longs , noirs et luisants , grâce à une pommade inodore qu'elles composent avec de la poudre très-fine d'ëcorce de palmier et de la graisse dépurée de queue de mouton.
lîds jeunes filles d'Ousseta et d'Ëkédé sont surtout renommées pour leur beauté et la dissolution de leurs mœurs. Elles vendent de llierbe à Haïl, sur la place de la mosquée; elles sont couvertes d'un chiambar noir assez transparent pour dire qu'elles sont voilées, sans qu'elle le soient, et qu'elles trouvent toujours moyen de faire tomber, comme par hasard, si elles trouvent à leur goût le chaland que le prophète leur envoie. Les* jeunes princes des diverses familles des Beni- Raschtd sont le plus souvent leurs amants, et Témir Talâl est toujours disposé à fermer les yeux et à accepter le fait accompli. Les enfants ne sont jamais reconnus par les pères : ils restent avec la mère, séductrice plutôt que séduite, tolérés par ses parents qui voient leur maison ouverte, disent-ils, aux bénédictions du ciel, ou, pour parler vulgairement, à la munificence du galant.
Ce qui suit nous transporte chez les Chérarat, une des plus grandes tribus du désert , entre le Nedjed et la mer Morte. Nous trouvons là un épisode assez significatif des mœurs primitives de l'Arabe Bédouin, mœurs que la religion du Coran a comprimées, du moins à la surface , mais qu'elle n'a pas détruites. C'est un piquant commentaire des remai*ques de M. Palgrave sur les vertus patriarcales dont on a été si libéral envers les nomades.
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La femme s'achète ou se retoitea présent; son prii estd'un ou plusieurs chameaux. Elle est payée plus ou moins ctier selon la position sociale de u famille, et non selon ses mérites personnels.
Une jeune fille n'est jamais forcée par les Bédouins d'accepter l'époux qui ne lai plaît pas : le père n'adhère fc aucune proposition avant qn'ua Ùgne convenu l'ait assuré du consentement de sa fille.
Quant un jeune homme désire se marier, il se présente à la tente du père de sa fntureaveo un chevreau ; il fait sa demande, proposant un prix qai augmente selon les eiigences. Une fois d'accord, à l'axoUmation du pire < que Dieu te bénisse! > ilsa levé, égorge le chsTreaii, et bit préparer la tente ofi il.jloit conduire safl&npéei le s^ariage «at conclu.
Le mariage sans payement est usité entre parents dans les familles des chefs. Le prix de la Bile d'un cheikh, non mariée par parenté, est de cent thalers megidi, une jument et' au moins dix chamsatu.
Une jaune fiUe, malgré s9d consentement, peut être refusée par son père ; )1 n,e lui reste plus alors, si elle veut se marier, d'autre moyen que de fuir avec son amant. Si elle est atleiote avant d'avoir trouvé nn asile près d'un chef paissant, elle est tuée. Si elle arrive en sûreté, «Ile est règne par les femmes et visitée pour constater qu'elle ne porte pas la déshonneur dans la tribu où elle a cherché un refuge. Si on la reconnaît vierge, on égorge immédiatement un chevreau et on la conduit dans ia tente dressée pour son rsvissecr. Si les femmes s'aperçoivent qu'elle a perda sa virginité, elle est honteusement chassée du camp avec sop compagnon, qui reçoit les plus outrageants reproches.
Cependant le piredu jeune homme entre en accommodement avec les parents de la jeune fiUe et établit un prit, compensation obligée pour le rapt, et un autre pour taira accepter les laits accomplis.
Quelquefois les parents de la jeune fille ne. veulent pas considérer comme valable le mariage consommé; ils refusent leur consentement et deigandent la restitution de la fllle. Dans ce dernier cas, s'ils peuvent la ravoir, ils ne la molestent pas; si elle est enceinte, son enfant, mâle bu femelle , appartient au père aussitôt qu'il peut se dresser sur ses pieds et qu'il est
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S 10. Dernières remarques. L'Arabie et ses prestiges.
Nous nous sommes arrêtés longtemps en Arabie ; c'est qae les reconnaissances et les travaux que nous avions à y mentionner ne compteront pas seulement parmi les plus remarquables de l'aonée 1865 : ce n*est pas trop dire que de les inscrire au nombre des plus importants dont aucune partie de l'Asie ait été l'objet depuis vingt ans. Et puis l'Arabie est un de ces pays dont on ne peut parler avec indifférence ; le nom seul éveille en nous je ne sais quel frémissement de curiosité et de vif intérêt. Avec ses immenses et impénétrables déserts , avec ses populations sédentaires ou nomades, avec ses cotes d'un abord- difficile , où ne débouche aucun de ces grands fleuves qui appellent le commerce et ouvrent l'accès des contrées intérieures, cette vaste péninsule semblait destinée par la nature même à rester isolée du commerce des hommes, comme elle est isolée du reste de l'Asie. Et cependant elle n'est pas seulement entrée dans le cercle de l'histoire : elle a exercé une action puissante sur la marche de la civilisation et sur les destinées de l'humanité. Berceau de la religion de Mahomet, qui dé^ veloppa si rapidement les instincts de prosélytisme et de conquêtes au sein des tribus ismaélites, c'est de là que sortit, au septième siècle de notre ère, le flot armé qui envahit la moitié de l'ancien monde. On sait à quel point se manifestèrent bientôt, dans les centres divers du Khalifat, les merveilleuses aptitudes de la race. Toutes les cités où régnèrent les Khalifes sont en dehors des limites de la péninsule; mais l'éclat dont brillèrent, au temps .de la grandeur musulmane, Bassora, Bagdad, Salamanque, Gordoue, Séville et Grenade , — noms magiques qu'entoure la multiple auréole de la puissance politique, des féeries du luxe, de la prospérité des arts, du progrès des sciences et