‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 255 sur 368 · SYRIE · texte numérisé non relu

SYRIE

métriques n'étant pas encore entièrement calculées, je ne puis donner ici Taltitude respective de chaque sommet. Au sein de cette partie des Ânsarieh s'élèvent les ruines de Hosn-Souleimân, vaste enceinte sacrée qui renferme une série de temples; Timportance de ces ruines, à peine signalées jusqu'ici, les met presque sur le rang de celles de Baalbek. D'Hosn-SoUleimân je redescendis sur Kalaat-el-Hosh, et me dirigeai sur Ras-Houich, l'ancienne Raphanae, que je retrouvai non loin du Kalaat-Barïo, le château de Barin des chroniqueurs des croisades ; je m'acheminai de là sur le célèbre château de Massiad, où résidait au moyen âge le chef de la fameuse secte des Bathéniens ou Assassins, puis je gagnai Hama, où je pris quelques jours de repodi En attendant le retour de M. Vignes, j'entrepris une excursiott sur la rive droite de l'Oronte vers les ruines de Selmieh (l'an-* cienne Irenopolis) et du Kalaat-Chemmamis. Mon retour à Hama s^effectua par le djebel Arbaïa ; après deux jours passés dans cette ville avec M. Vignes, que j'y trouvai arrivàht dé Palmyre, je m'acheminai sur Âlep en passant par Maurrha; cel itinéraire n'avait point été relevé jusqu'ici. D'Alep, je gagnai Monbedj (l'ancienne Hieropolis) et les bords de l'Euphrate, en passant par Tedef et les ruines d*Areymeh ; puis rejoignant les bords de l'Oronte, je passai par Saint-Siméon-Stylite et par Djiser-Esch-Chogr pour atteindre Latakieh en suivant le <îours du Nahr el-Kébir du nord. — Je m'engageai de nouveau dans la montagne des Ansarieh et parcourus, en les relevant, les cantons du Sahioun, de Kelbieh, les sommets de la grande chaîne du Djebel Darious, puis les cantons'd'Aleïka et de Kadraous; de ce point, et passant par Marakieh, je regagnai Tortose, où s'est terminée, en novembre, ma campagne d'automne. J'ai constamment relevé, triangulé, et coté les hauteurs à l'anéroïde, en les rapportant à des observations simultanément faites à Beyroût et sur la frégate r Impétueuse ; somme toute, je rapporterai un fragment assez important de topographie.

Toute question qui de près ou de loin tient à la Bible devient aisément en Angleterre une grande question; celle qui a donné lieu au livre de raistress Beke (ci-dessus, n° 92 de la bibliographie) y a eu depuis longtemps les honneurs de la polémique, — d'une polémique où figurent des noms con"sacrés par la science : le D' Beke, d'abord, l'explorateur savant et bien connu de l'Abyssinie, celui-là même qui a le

premier soulevé lu thèse à laquelle sa jeune et vaillante femme apporte un chaleureux appui; puis M. Cyril Graham, M. F. Ainsworth, le Pév. L. Porter, sir Henry Rawlinson, et d'autres encore. Nous devons dire que la majorité de ces illustres explorateurs de l'Orient sont contraires à l'identification proposée par le D' Beke. Le point en dispute est le site de la ville de Haran, d'où partit Abraham pour venir avec sa tribu, souche première de la nation juive, demeurer dans le pays de Khanaan. c Tharé ayant pris avec lui son fils Abraham, et Lot son petit-fils, et Saraï femme d'Abraham, les fit sortir d'Our Khasdim pour aller avec lui dans le pays de Khanaan; et étant venus jusques à Haran, ils y habitèrent. Et le Seigneur dit ensuite à Abraham : a Sortez de votre pays et venez en la terre que je vous mon- « trerai.... » Et Abraham sortit de Haran pour aller dans la pays de Khanaan. » (Gen., ch. x-xi.)

On sait que Haran est universellement identifiée avec l'ancienne Carrhae en Mésopotamie; M. Beke, répudiant cette identification consacrée, a transporté la ville d'Abraham dans la campagne de Damas, où il existe une localité du nom de Haran : de là le débat.

Beaucoup de nos lecteurs, sans doute, trouveront le sujet d'assez mince importance, et pourront s'étonner qu'une controverse animée en ait pu sortir. Assurément, pourronsnous dire avec un critique anglais qui a écrit un article piquant sur le livre de mistress Beke, la question ne peut se comparer h quelques-uns des grands problèmes livrés à la science par les découvertes que notre époque a faites en Orient. Elle a son intérêt, cependant, et sous certains rapports cet intérêt est considérable. D'abord la vérité est la vérité, et mérite toujours qu'on la cherche pour elle-même. En second lieu, la ville d'Abraham, en quelque lieu qu'elle soit située, est un centre remarquable de poésie pastorale, — la résidence de Tharé et de ses enfants, le lieu où Abraham reçut sa vocation, la scène de la rencontre d'Éliezer et

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