‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 256 sur 368 · SYRIE · texte numérisé non relu

SYRIE

de Rébecca, la scène où Jacob vit Rachel arrivant au puits et lui donna le baiser fraternel. En outre, la situation de Haran détermine celle de plusieurs autres places notables mentionnées dans l'Écriture, et peut modifier toutes nos théories sur les mœurs et la langue des patriarches. Ce n'est certes pas sans raison que le D' Beke a pensé que sa théorie méritait un voyage au Haourân, et un examen très-attentif des sites et des routes. Il a fait ce voyage en compagnie de sa femme dans Thiver de 1861 à 62, et c'est le récit de .cette excursion, mi-partie d'aventures et d'investigations, que nous donne Mme Beke dans sa très-agréable relation. Le docteur n^y est pas tout à fait étranger; mais la dissertation qu'il y a jointe s'intercalle dans la narration sans en changer le caractère.

Je ne veux pas entrer dans la partie du sujet qui touche à la controverse ; il suffit de dire que le vbyage, comme on pouvait s'y attendre, n'a fait que fortifier les convictions du docteur. J'aime mieux donner, en finissant, une idée de Faimable auteur qui a marqué le livre de sa touche féminine. J'ai mentionné l'article d'un critique d'outre-Manche; c'est une citation que je lui veux emprunter. Le trait est aussi juste que vif:

« Cavalier intrépide, tireur de première force, et maniant la lance aussi bien que le pistolet ; bonne nourrice, à demi docteur, tête et main d'artiste, suffisamment photographe, mistress Beke est à l'occasion une vraie fille d'Eve : accessible à un compliment, aimant le mot et Vhumour, ne dédaignant pas la parure qui relève la femme, et comme femme tenant résolument à ses droits, même jusqu'à l'a crinoline dans le désert. S'il est excusable de conduire une femme dans le Haourân, c'est lorsqu'on a pour compagne une femme telle que Mme Beke. On voit par sa narration même qu'elle est Tâme de l'entreprise. C'est elle qui gourmande le drogman, qui impose au Bédouin, qui relève le poltron et protège le malheureux. Sur son bon coursier elle distance

182 ASIE. (n*** 96-105)

tous les cheikhs. Enfin, c'est elle qui fait la Recouverte

du puits de Eébecca, le grand fait, le cou^o^^e^le^t du voyage.... »

TURQUIE D'ASIE. ANATULIE.

96. D** Theodor Kotschy. Keise in den Amanus, \S^1, MiUheilungen do Pftlermann, 1805, n" 9, p. 340-347.

Notes principalement botaniques.

97. George Perrot. Rapports (quatre) de M. G. Perret, chargé cj'une mission ardiéoloî?iquc en (ialatie. Archives des Missions scientifujueset littéraires, t. 1"% '6" livraison, 18G5, p. 445-479.

Apen;u général du la mission, dont les résultats font Pobijet d'ano relation générale et de difTérents mémoires et morceaux particuliers.

98. G. PicRROT, Kdm. (Jlillaume et J. Dklbet. Ex[iloration archéologicpic de la (ialatie el de la Bithynie, d'une partie de la Mysie, de la Plirygie, de la Ciippadoco et du Pont, exécutée en 1861 et publiée sous les auspices du ministère de l'Instruction publique, grand in-folio, livraisons 1 à 16. Texte et planches.

Non terminé.'

99. G. Perrot. Ghiaour-kalôsi , ses murailles cyclopéennes , ses bas-reliels taillés dans le roc. Hcvue archéologique, \B6b,}m\\Gif p. 1-14, avec une pi.

100. Du mr^me. Les Kurdes de THaïmaneh. Hevue des DeiiX'MondeSj

1865, 1" février, p. 607-631.

Le Huïmanèh est une contrée de landes incultes au cœur de rancieune Galatie, vers le S. et le S. 0 d'Ancyre. Les occupants actaelt de oe Clinton- sont des Kurdes pasteurs qui vivent sous latente, et c^^taa tableau des mœurs de ces nomades et de leurs habitudes que cet intéressant morceau est consacré.

101. D'" 0. Blau. Aphorisinen aller uud neuer Ortskunde Klein- Asiens. Mittheilungen, 1865, n" vu, p. 249-253.

Sous ce titre d'une recherche un peu germanique, le D' Blaq, bien connu par de nombreux tt bont? travaux sur diverses contrées de la Turquie d'Europe etd'\}>ic. nous donne ici une intéressante étude de géographie comparé»*.

102. C.-T. Newton. Travels and discoveries in the Levant. Lond. , 1865, in-8, with illustr.

Relation d'un voyage principalement archéologique en Asie Mineure et dans l'Archipel, par Malte, Athènes et Constantinople. M. Newton a déjà publié séparément deux volumes accompagnés d'un somptueux atlas sur ses fouilles dUalycarnasse. Voir les tomes I et II deV Année ^ page 201, ^ p. 267, n» 326. — Le nouveau volume de M. Newton, écrit pour les gens du monde, s'adresse également à l'archéologue et à l'artiste.

103. A. CoNZE. Reise auf der Insel Lesbos. Hannover, 1865, in-4% 72 pages, avec caries et pi.

104. J. -G. Taylor. Notes of a visite to the sources oflhe Tigris; with an Account of some of the ancient remains found in their neighbourhood. Proceedings ofthe Royal Geographical Society, vol. IX, n*» 2, mars 1865, p. 36-40.

Nous n'aurions pas consigné ici la Note de M. Taylor, qui n'est que le court extrait d'un Mémoire destiné au prochain volume du journal, sans les très-intéressantes explications verbales de sir Henry Rawlinson qui l'accompagnent. Le colonel Rawlinson avait d^à éorit à oe sujet, il y a deux ans, une lettre que nous avons reproduite en substance au Ii« volume de VAnnée (p. 270), et à laquelle nous renvoyons le lecteur.

104 bis. H. KiEPERT. Carte de Tempire ottoman en Europe et en Asie. Berlin, 1865,4 feuilles (au 3000000").

105. Carte de la côte méridionale de l'île de Chypre. Graves. (Public, du Dépôt de la marine, n- 2179.)

^ 1 . Le voyage archéologique de M. George Perrot en Asie Mineure.

M. George Perrot, le savant explorateur des terres classiques de la Natolie, poursuit la publication des résiiltats archéologiques de son voyage de 1861 (n° 98). Sa seizième livraison, la dernière parue, nous amène au seuil de la Galatie, après nous avoir fait suivre un itinéraire riche en observations et en découvertes à travers une partie de la Bithynie et delà Phrygie. Cette belle publication se compose d'une nombreuse suite de planches supérieurement exécutées, parmi lesquelles de grandes photographies, d'une venue remarquable , reproduisent avec une fidélité que n'aurait jamais atteinte la copie la plus scrupuleuse les curieuses sculptures d'origine inconnue, vestiges à demi

effacés d'époques antérieures à l'histoire écrite, dont les rochers sont couverts en plusieurs parties de la péninsule. Le texte comprend les nombreuses inscriptions recueillies par le voyageur, avec un travail de restitution et d'exégèse historique et géographique, où M. Perrot dé{)loie, en même temps qu'une science consommée, une sagesse de critique plus rare encore que le savoir, et peut-être plus méritoire. Nous aimons à rappeler qu*en une occasion précédente, lorsque M. Perrot a publié une relation destinée, sons une forme plus usuelle, à la généralité des lecteurs % nous avons eu à louer en lui les qualités de slyle et d'observation philosophique qu'on ne trouve pas toujours jointes aux dons acquis de l'érudition.

Une mission dont le but principal était la Galatie devait faire une large part, à côté de la célèbre inscription d'Ancyre connue sous le nom de Testament d'Auguste, à la recherche des monuments d'origine galate ou gauloise (c'est tout un), qui ont pu marquer le passage de nos ancêtres dans la contrée qu'arrose le Halys. M. Perrot dit à ce sujet, dans un de ses rapports au ministre d'État :

En nous traçant le programme de la mission que vous nous avez fait l'honneur de nous confier, Votre Excellence appelait particulièrement notre attention sur les monuments dits celtiques que Ton pouvait supposer devoir exister dans une contrée su s'était fixée une branche de la race celtique, et où sa langue persista, afGrme-t-on, jusqu'au quatrième siècle de notre ère. J'ai donc tenu à éclaircir ce problème* et mes recherches se sont portées tout spécialement sur ce point. Je n'ai négligé aucun indice, quelque léger qu'il fût, aucun renseignement, quelque peu de confiance qu'il parût mériter, et j'ai entrepris, à cet effet, plus d'une course infructueuse. Comme je m'y attendais avant de commencer ces recherches, je n'ai rien trouvé qui présentât la plus lointaine ressemblance avec les dolmens, les menhirs et les cromlechs. Une ou deux fois j'ai été conduit à concevoir des espérances, qui ont été bien vite déçues. En ré-

Page 1