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LES SOURCES DU TIGRE

y verrait volontiers les trophées des conquêtes de Grésus; mais tout en faisant ressortir les raisons qui peuvent appuyer cette opinion, il ne la donne que comme une conjecture probable, en l'absence de tout témoignage, de tout indice direct.

S 2. Explorations de M. Tayior dans la région des sources du Tigre.

Nous n'aurions pas eu à nous arrêter maintenant au mémoire de M. Tayior, dont nous n'avons dans les Proceedings de la Société de géographie de Londres qu'un très-court extrait (nP 104), n'était-ce les très-intéressantes explications du colonel Rawlin son, l'illustre assyriologue, dont la lecture du mémoire a été Toccasion. Nous voudrions pouvoir reproduire ces explicatioiis sans aucun retrancbemeiit.

C'est à M. Tayior, a dit sir Henry Rawlinson, que le Musée britannique doit un grand nombre d'antiquités importantes acquises depuis dix ans. C'est à M. Tayior que sont dues les fouilles qui ont été faites dans les anciennes cités de la Cbaldée méridionale, cités dont l'origine remonte à bien des siècles avant la fondation de Ninive et de Babylone; c'est lui qui a transporté en Angleterre les trésors exhumés d'OurKhasdim et des autres capitales sœurs de celle-ci. Comme récompense de ces services, le, gouvernement de Sa Majesté l'a nommé consul à Diarbekr, position dont M. Tayior a tiré un excellent parti en visitant et décrivant les districts du pachalik éloignés du centre, et qui n'avaient été jusque-là que bien rarement traversés par des Européens. En s'éloignant des routes battues, en pénétrant au fond des montagnes du Taurus et de TAnti- Taurus, M. Tayior a pu rendre de signalés services à la géographie. 11 a fait des découvertes importantes dans la région des sources du Tigre et de l'Euphrate, et il a mis les géographes à même de représenter exactement pour la première fois les traits principaux de cette partie du monde. L'exploratioïi du Nil a excité un grand intérêt dans le monde géographique ; , mais il n'était pas nécessaire d'aller jusque dans l'Afrique équatoriale pour trouver une rivière dont les sources ne fussent

pas découvertes. Voilà le Tigre, une rivière presque aussi célèbre que le Nil, qui est en quelque sorte à nos portes; et cependant, jusqu'au voyage de M. Taylor, les sources de sa branche principale n'avaient jamais été décrites par un Eu* ropéen.

Il se trouve maintenant que le Tigre, comme toutes les autres grandes rivières , est formé d'un très-grand nombre d'affluents. Il a deux branches principales et une multitude de moindres tributaires; tous ces courants ont été soigneusement suivis par M. Taylor, et ils sont tracés sur la carte qui doit être publiée dans le journal de la Société pour accompagner le Mémoire.

Quant à l'objet des découvertes de M. Taylor, onVemarquera que celui-ci a mentionné dans son Mémoire la visite qu'il a faite aux ruineç de Kerkh. Il y a découvert deux des monuments les plus importants jlisqu'à présent connus ; ce sont des tablettes commémoratives, dont l'une a été érigée par Aschourizir-pal, le constructeur du fameux palais du Nord-Ouest à Nimroûd, l'autre par son fils Chalmanésèr II, contemporain de Jehu roi d'Israël. C'est à ce Chalmanésèr qu'est àù. le bel obélisque noir du Musée britannique. Ce qui surtout donne un grand prix h. ces tablettes, c'est que ce sont les seuls monuments de ce genre appartenant aux rois d'Assyrie que l'on ait découverts jusqu'à présent, qui eussent été érigés dana une contrée étrangère en commémoration de victoires remportées sur le lieu môme. J^es deux tablettes, qui malheureusement ne sont pas dans un très-bon état de conservation, ont été transportées en Angleterre; et on les voit dans la galerie assyrienne du Britîsk Muséum.

Une autre découverte de M. Taylor s'est trouvée avoir une grande valeur comme moyen de vérifier l'interprétation des inscriptions cunéiformes. M. Taylor a raconté sa visite à la source de la branche orientale du vrai Tigre, appelée aujourd'hui le Dibcneh ou Tzebeneh, mais que l'on nommait autrefois Tzoubeneh ou rivière de Sophène. IL a constaté que la rivière coulait pendant deux ou trois milles à travers une grotte ou passage souterrain; et à l'endroit où la rivière débouche de cette grotte, il a déc(»uvert deux tablettes commémoratives des rois d'Assyrie gravées sur le rocher. Or, il y a dans les Annales d'Aschour-izir-pal un passage remarquable gravé sur le célèbre monolithe de Nimroûd, passage qui est connu depuis longtemps en Angleterre, mais dont M. Taylor n'avait jamais

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