‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 268 sur 368 · I. Voir notre Année précédente, p · texte numérisé non relu

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La langue des Kirghiz Noirs diffère notablement (surtout dans la prononciation) de celle des Kazaks ; elle se rapproche beaucoup plus des dialectes altaïques. Ceci peut venir en partie de rinâuence très-grande de leurs voisins les Kalmouks. La langue des autres tribus tient de plus près à Tidiome de Tachkend.

On a beaucoup discuté sur Porigine des Kirghiz ; sont-ils de sang finnois, turk ou indo-européen ? Je ne pense pas qu'on puisse encore se prononcer. La généalogie authentique des tribus m'a toutefois montré avec évidence que les Kirghiz du Thian-chan ne font qu'un avec ceux du Ténisseï. Il y a en effet chez ce peuple du Thian-chan cinq tribus qife j'ai déjà trouvées chez les Altaïques et les Téléouts, les Deuleuz^ les SaroUf les Toro^ les Koutchouk et les Moundouz. Cette découverte a pour moi d'autant plus d'importance qu'elle a fixé mon attention sur un nouvel élément de la population de l'Altaï, l'élément Kirghiz.

Les Kalmouks appellent les Kirghiz Bourouts. Je crois qu'il faut faire remonter ce nom à la race de Bôr, qui est encore aujourd'hui très-répandue chez les;, Kirghiz. La particule ùut est la terminaison du pluriel en mongol, et on la trouve fréquemment employée dans la formation des noms de peuples. Je citerai seulement les Takouts, les Toungouts, le Tangout.

J'arrive maintenant à la dernière tribu tâtare que j'ai visitée l'été dernier, celle que l'on connaît sous le nom de Tarandji (les laboureurs), dans la vallée de l'ili, sur le territoire chinois.

Tous les habitants turks du Turkestan chinois, ainsi qu'une partie de la population du nord de la Chine, sont Ouïgours. Les Ouïgours sont connus des Chinois, depuis les temps anciens, sous le nom de Chouï. Nous pouvons aujourd'hui les rapporter à deux grandes divisions : l*^ les Choui-choui ou Daunghénes^ qui sont devenus complètement Chinois et ne se distinguent des vrais Chinois que par la religion ; 2° les Gioui-sa^ qui sont habitants tâtars de l'Alti-Chehr, ou territoire des Six-Villes.

Les Tarandji de Kouldja ont été transplantés comme cultivateurs du sol, des divers points du territoire des Six-Villes dans la vallée de l'Ili, en partie par les khans kalmouks, en partie par les Chinois.

Cette population est laborieuse et de dispositions pacifiques.

Leur langue, que j'ai pu étudier à fond, trahit une action complexe d'influences étrangères. D'un côté, l'islam a fait agir sur la langue un double élément, l'arabe et le persan, et d'un autre côté le chinois, le kalmouk et même le mand<^oa ont exercé une puissante influence. Ce dialecte n'en a pas moiDS

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