TURKESTAN
partie même tout à fait ignorés du monde sarant. Ils modifient de beaucoup Taspect géographique en général de ces localités. Nous avons maintenant un nombre suffisant de points astronomiques déterminés, pouvant servir de base pour une représentation cartographique exacte de l'espace susmentionné. Il faut observer, au reste, que les points astronomiques déterminés n'offrent encore qu'une distribution fort irrégulière : leur nombre est comparativement compacte dans la partie occiden* taie de la Chine (le long de la route d'Orenbourg au Syr-daria et le long du cours inférieur de ce fleuve) ainsi que dans la partie orientale (le long des frontières chinoises) ; mais il est très clair-semé dans le milieu. Avec cela, grâce aux expéditions et aux reconnaissances militaires de 1864, ainsi qu'aux travaux effectués pendant nombre d'années par le contre-amiral Boutakoff dans le bassin du Syr-daria, nous possédons maintenant beaucoup de données orographiques et hydrographiques qui déterminent plus nettement l'aspect géographique jusqu'ici assez confus des contrées tant faisant partie qu'attenantes à cet espace; nous possédons aussi des données plus positives sur les races qui peuplent ces contrées, sur leur vie, leurs mi- ^ grations contemporaines, sur les débris et les traces de leur ancienne culture, et sur la possibilité de leur civilisation future.
La position astronomique de tout l'espace susmentionné, et principalement celle du Turkestan occidental et du khanat de ELhokan, doit être considérablement altérée. Ainsi, par exemple, Aouliéta, ville du Khokan (sur le Talas), doit être reculée sur la carte de 30' vers le sud et de 1® vers l'est; la ville de Turkestan, de plus de V '/, vers le sud, etc. De pareils changements de position devront s'effectuer également pour plusieurs autres points. La partie orientale de la contrée dont nous parlons est essentiellement montagneuse. La principale chaîne de montagnes se trouve être une branche occidentale du Tian-chan ; sa direction est de Test à l'ouest depuis l'Issikkoul qu'ils contournent, jusqu'au cours inférieur du Syr-daria; elles étaient à peine connues sous la dénomination générale et vague de monts Karataou. Toutes les montagnes du système Tian-chan peuvent être divisées en trois groupes ; la chaîne du Kentchi-Alataou, la chaîne diu Alexandrowskala, et celle de Kazikourt. Le Kentchi-Alataou consiste en deux chajn^ parallèles qui contournent le bord septentrional de l'tssik-koul ; elles sont séparées (à l'est de l'Issik-koul) du Tian-chan par le
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col de San-Tâch : leur plus grande hauteur est de \k 000 pieds. De ce groupe partent, en se dirigeant vers le nord-ouest, des hauteurs de second rang, séparant les eaux de 1111 de celles du Tchou. — L'autre groupe, la chaîne Alexandrowskala ou l'Alataou Eirghiznyn, dont les sommets sont couverts de neiges étemelles, va joindre le premier groupe (Kentchi-Alataou) à l'extrémité occidentale de Tlssik-koul , au défilé de Baoum ; — de là, il se dirige droit vers l'ouest, s'approche d'Aouliéta, séparant la rivière Tchou de la rivière Talas : sa plus grande hauteur est de 15 000 pieds. A l^ouest de cette chaîne s'étendent d'autres hauteurs qui vont jusqu'au Syr-daria, suivent la direction de ce fleuve jusqu'à Djoulek, et forment pour ainsi dire le prolongement de la chaîne dite Alexandrowskala. Elles ne s'élèvent pas à plus de 5 à 6000 pieds. C'est à cette chaîne qu'appartient le nom de monts Karataou proprement dit, donné à tort à tout le système de montagnes dans cette contrée. — Enfin, le troisième groupe forme la chaîne de Kazikourt, qui se trouve au sud de l'Alexandrowskaîa, dfont elle est séparée par le hassin du Talas. Les monts Kazikourt forment, à ce qu'il paraît, le prolongement de la principale branche du Tian-chan , qui contourne le bord méridional de rissik'koul , et remplit de ses rameaux du sud le territoire du Khokan. La disposition de ces chaînes détermine le système des eaux, dont les principaux bassins sont ceux du Tchou et du Syr-daria. Ces deux fleuves divisent cette contrée en deux parties : la contrée du Tcho.u et la vallée du Syr-daria, disposées presque parallèlement. La vallée du Syr-daria se dirige avec beaucoup de sinuosités du sud-est au nord-ouest; le Tchou coule dans cette même direction. Les deux bassins, conformément à la disposition de tout le système de montagnes, se rétrécissent vers l'est, près de l'Issik-koul , où toutes les ramifications susmentionnées du Tian-chan se concentrent. Il faut observer encore que la direction prédominante des chaînes de montagnes, non-seulement de cette contrée, mais de toutes les parties montagneuses de l'Asie centrale, est celle du nordest. — Nous avons mainteuant des données plus précises sur le cours du Tchou, surtout sur ses différentes sources, ses rapports avec rissik-koul, d'où il ne sort pas, mais auquel il s'unit seulement par son affluent supérieur, la petite rivière de Koutemalda. — Le bassin de Syr-daria, dans son cours moyen, a été exploré en détail et avec beaucoup de succès, grâce aux expéditions faites pendant nombre d'années par le contre-