TIBET
amiral BoutakofT, qui tout récemment, au sein de la Société, a commumqué les résultats généraux de ses recherches, priiicipalement de ses explorations les plus récentes entré le fort Pérowsky et la localité dite de Balldir-Tougal.
On peut suivre, jusqu'à un certain point, les indications topographiques de cette note (où Ton voudrait trouver quelques chiffres astronomiques) sur la carte du Turkestan dont M. Henri Kiepert vient de publier une édition très-améliorée (n"" 129); mais cette nouvelle édition elle-même aurait grandement changé d'aspect dans plusieurs de ses parties, si le savant géographe de Berlin avait eu à sa disposition la carte manuscrite dont la Société de Pétersbourg vient de nous donner un aperçu.
S 2. Un mot snr le Tibet.
La prolongation des grandes opérations géodésiques du levé de la carte de Tlnde nous a valu, on le sait, ainsi que le voyage des frères Schiagintweit, d'importantes additions à notre connaissance topographique du Tibet occidental ; un mémoire de M. Godwin Austen, un des ingénieurs topographes engagés dans cette partie laborieuse de la tâche des ingénieurs de l'Inde (n^ 133), est riche en détails sur le massif glacé qui forme le nœud de jonction des énormes chaînes du Bolor (l'Imaiis), de Karakoroum, de l'Himalaya et de l'Hindoukouch. Ce travail n'est pas susceptible d'analyse; mais la carte qui l'accompagne permet d'en saisir l'ensemble et d'en suivre le détail.
Puisque nous sommes amenés à mentionner le Tibet, nous ne devons pas oublier, à titre de note historique, un court résumé que nous trouvons dans les Annales de la propagation (le la foi (n° 123) des entreprises (jusqu'à présent sans succès) que nos missionnaires catholiques ont ten-
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tées depuis quinze ans pour s'ouvrir l'accès de ce pays fermé :
Od se rappelle les tentatives hardies qui se sont succédé sans interruption depuis vingt ans. Qui n'a lu la relation du voyage de MM. Hue et Gabet, pénétrant, en 18^, par le désert de la Tartarie, au cœur môme du Tibet, à H'iassa? Cette expédition mémorable eut la gloire de donner un élan qui ne s^est point ralenti, malgré des fortunes diverses.
En 1851, M. Krick remontait la vallée du Brahmtpoatre > franchissait THimâlaya, et, repoussé comme étranger au nom des lois de la guerre, Il recommençait son expédition deux ans plus tard, en se dirigeant à l'ouest par le pays des Abors. La guerre qui divisait les tribus de cette région arrêta le courageux missionnaire; mais, dès le mois de février 1854, M. Krick, accompagné de M. Boury, reprenait son premier itinéraire par la vallée du Brahmapoutre. Ils étaient parvenus à s'installer chez une tribu tibétaine, quand ils tombèrent Tun et Tautre sous le couteau des sauvages Michemis. — MM. Bernard et Desgodins, abandonnant la voie du grand fleuve, s'engagèrent, en 1857, à cinq cents lieues de là, dans les défilés du Setledjy principal affluent de l'Indus. La méfiance de quelques chefs de tribus leur ferma le passage, au moment où ils allaient atteindre le but du voyage.
Des tentatives analogues avaient eu lieu, pendant ce tempslà, sur d'autres points. Dès 1849, M. Renou passait la frontière chinoise du Su-tcbueo, et parvenait à Tsiainbo *; là, il était arrêté, jugé et renvoyé à Canton. Mais, en 1853, il pénétrait par la province d'Yun-nan dans le petit royaume tibétain de Tsa-Rong*, et, avec le concours de M. Fagé, il fondait à Bonga ' un établissement, le premier qui ait existé au Tibet.
1. TsiamhOf désigné aussi sous les noms de Kiaomdo et de Teka^ Moth-Tong, cheUieu de la province de Kham, placé à peu près i égale distance entre H'iassa, capitale du Tibet, et Ta-Tsien-Lou , frontière chinoise du Su-tchuen , à 250 lieues de chacune de ces deux villes.
2. Tsa-Rong. Ce royaume relève directement de H'iassa; il comprend vingt-deux villages groupés en trois districts, et a pour cheflieu Men-Kong.
3. Bonga^ vallée étroite, longue d'en\iron six lieues, formant l'extrémité méridionale du Tsa-Rong. D'après M. Fage {Annales, t. XXIZ, 1857, p. 323), elle est située sous le 94* 30^ de longitude est, et un peu au-dessus du 28* de latitude nord , par conséquent au sud-est ôi H'Iassa, et à une assez faible distance de la province d'Assam.
Malgré le pillage et l'expulsion momentanée des missionnaires en 1858, Bonga est res(e le ceptre de la misçipp du Tibet.
Ainsi, c'est du côté de la Chine que le Tibet est désormais accessible à nos missioppaires.
VU