LES EUROPÉENS EN CHINE
Bien aue tout le gr^od comm^rci^ sq porte à Haog-]i:aQ, p«s deuj villes n*en méritent pas molps ro^ption. La première, Wou-tchang-fou , résidence du vice- roi de la provipoe, §9^ entourée de hautes murailles et 9e fait remarquer par la propreté et la largeur de ses rues, deux particularités peu qorimunes en Chine, Quoique pillée et démolie e» grande partiei
elle a pu conserver^ plU9 baureuse que lea autres yiUes» 899 yamouns et autres grapds établissements , qui, servant d§ casernes aux rebelles:; ont été pre9que tPU9 respeatén. Mai?, §m revanche, ces terribles destructeurs ont rasé en entier les fait* bourgs qui 9e trouvaient en dehors des murailles, et formstieut une autre ville immense qui pe s'est pas-encore relevée de ses ruines. Elle a une petite garnison et 300 oavaliers tiirtares pour la garde du vice-rpi.
La seconde yiHe, Han-jan, est bien inférieure à la premièrp, et quoique très -populeuse, ne pourra jamais, h cause de sa situation, nuire à ^anrkao, étant en amont de cette dernière. Leurs communications so trouvent interrompues quelquefois en été pendant deux ou trois jours. Les grands bateaux mèma ne peuvent traverser les tQurhillqn? formés par la remonte du courant du fleuve et de son affluent. Il faut alors passer plu9 avant dans la rivière, ce qui rend les relations commerciales longues et dif6ciles. Quelques négociants anglais qui avaient construit leurs établissements sur la rive droite du Han, les ont abandonnés à cause de cette difficulté. Il n'y reste plui$ aujourd'hui que les chantiers de construction, dont quelques-uns appartiennent h des £)uropéens.
Han-kao est le point central du commerce européen sur ]q Yang-tse.
Kien-kiang^ ville de premier ordre, située sur la rive droite du Yang-tse-kiang fut pillée et brûlée par les rebelles dan? leufs expéditions de 185^ et 1857. pien que reconstruite en partie, elle offre du haut de ses murailles l'aspect triste d'une ville saccagée. Dans l'ouest de la ville s'élève un grand fau^ bourg en dehors duquel ont été prises les concessions anglaise? et américaines, qui s'étendent le long du fleuve et lui donnent une grande activité. Cette ville, regardée comme un excellent point intermédiaire entre Han-kao et Shang-haï, semble prendre un accroissement considérable à cause de Timmense quanlité de thé exportée par les Américains.
On compte à Kien-kiang une vingtaine d'Anglais et un plus grand nombre d'Américains, représentant des maisons de
272 ASIE. • (ir 166-179)
Shang-haï et de Hong-kong qui cherchent à déyelopper les ressources commerciales de la localité. On vient à cet effet d'établir une douane régulière comme à Han-kao et à Shang-haï; elle donne de grandes facilités pour le transport des marchandises, qui peuvent arriver librement sans avoir été arrêtées à toutes les petites douanes de la province établies par les mandarins dans un intérêt qui n*a rien de légal.
Tchin-kiang ou Chin-kiang^ sur la rive droite du Yang-tsekiang, et considérée comme ville de premier ordre, est entourée de murailles en assez bon état, percées de cinq portes défendues chacune par 4 ou 5 canons. Cette ville, qui depuis trois ans n'est plus au pouvoir des rebelles, conserve encore la trace de leur passage. En dehors des murs et sur le bord du fleuve se trouve un faubourg assez populeux, habité par des familles cherchant la protection des Européens contre les* rebelles qui occupent la campagne au dehors dans un rayon de 70 11 (7 lieues environ). Les navires européens mouillent toujours près de la rive opposée, où de nombreuses cabanes en paille et en roseaux servent de demeure aux marchands qui approvisionnent les navires, et aux Chinois qui vivent du commerce européen. Près de cette rive sont mouillés les navires désarmés de quelques grandes maisons, servant de magasins pour Popium et d'habitation aux représentants de ces maisons. Une succursale des douanes de Shang-haï est établie sur un ponton, et tout navire étranger doit y faire viser sus papiers avant de continuer sa route.
D'après ce qu'on vient de dire, Tchin-kiang ne sert que d'intermédiaire entre les deux premières villes et les provinces où les Européens ne peuvent commercer.
La navigabilité du Yang-tse-kiang, disait une correspondaîice récente, ne tend à rien moins qu*à déplacer complètement le commerce du Céleste-Empire, au détriment de l'ancienne place de Canton et au bénéfice de Chang-haï et des villes situées sur le fleuve ou ses affluents, parmi lesquelles il faut citer avant tout Han-kao, qui compte déjà plus d'un million d'habitants.
Ce n'est que depuis le commencement de 1861 que le fleuve Bleu est ouvert aux barbares, et déjà, avec les bienfaits du christianisme et de la civilisation occidentale, ils ont donné à ragriculture, à l'industrie, au commerce, à la navigation de cette immense vallée, un développement, un essor dont les Chinois,
peuple essentiellemëiit négociaot et laborieux, sont les premiers à profiter.
La lourde jonque construite à Han-kao, la lorcha massive de Ning-po, ont presque disparu, et, sur les steamers rapides dus aux ingénieurs anglais on stnéricains, flotte le pavillon du ï)nt> gon, qui parcourt tous les cours d'eau tributaires du grand fleure, de Cheo-si, de Ton-nan, de Tse-chuen et de Keit-chbu. L'inspecteur général du commerce hritannique, M. Mac Pherson, a étudié avec le plus grand soin le mouTement de translation qui s'opère dans lea produits chinois depuis l'ouverture du fleuve aux Européens, et il est arrivé, pour l'année 1864, aux résultats suivants : Han-kao a reçu l'an dernier 380000 ' piculs de thë noir, contre 80000 qu'il recevait en 18S1 ; et Canton, qui en I86I exportait 247000 piculs de cet article, n'en a exporté que 83000 en ISG'i.
L'importation des marchandises européennes, de l'argent sjcé, des piastres et de l'opium, a éprouvé un déplacement analogue. Les provinces du nord, du centre et de l'ouest de la Chine vont faire affluer par la voie fluviale les houilles, les thés, les soies, la cire jaune, le riz et le cuivre dont le Yun-naa possède de très-richea mines, qui ont déjà fourni l'hôtel dea monnaies de Pékin.
Le mémoire du vice-consul anglais Swinhoe sur Formose (n° 171) a peu d'importance pour la géographie; il n'L pas d'informations su^ L'intérieur, à peu près jusqu'à présent complètement inconnu'. Mais on y trouve d'utiles renseignements sur las productions que les parties littorales do l'ilo peuvent livrer au commerce européen. Une note lue par M. Swiohoe à la dernière réunion de l'Association britannique ■ sur les aborigènes de Formose > donne seulement quelques détails sur une population connue sous le nom de Eall, chez laquelle les Missionnaires protestants ont pénétré, dans un district montagneux de l'extrémité sud de l'Ile.
Le Japon, cette fois, n'est inscrit que pour mémoire;