Voir le 1" volume de lUwi^, p. Î
l'anhés otooK. w — Vfc
274 ASIE. (n* 166-179)
rannée n'a rien fourni sur ce pays extrême, où nos rapports avec les chefs indigènes sont loin encore d'être devenus assez intimes pour autoriser les explorations in* tériêures.
GRAND A&CniMBL ASlATlQim. -^ AUSTftAUB ET lUE ENVIRONNANTES. — POLYNÉSIE.
180.Will. Barruigton d'Alubumi. Life in Java; wilh Sk«tches of the Javanese. Lond. 1864, 2 vol. in-S.
1 . Bedcht aber die Reisea D' Hv A.. BBRNSTfim'B im Osten der Molttkken, in den Jafaren 1860^. Nach dem Hollandisclien bearbeitet von Otto Finsch. Zeitschrifi fur nliegem. Erdkunde, n» 145, juillet 1865, p. 12-31.
M. Bernsteîn est un nataralisle allemand, qui a reçu du gouvernement colonial de Batavia la mission d^tadter^ sous le double point de vtte scientjfiqvc «t économique, diverftes parties peu habituellement visitées des fies aécriandAises» Le voyageur a consacré trois années à cette mission, de la fin de iseo à la an de I8§3k II a ainsi parcouru les lies orientales du vaste archipel des Moluques, Tarnate, Batyan, Halmahesa, Morotaï, Ghebeh, Vaïgiou, etc., et il a consigné les résultats de cet intéressant voyage dans un long rapport imprimé au joumU de la Société des Arts et des Sciences de Batavia (Bataviassck GenoO' tschap van Kunsten en Wetenschappen). M. Finsch en a tiré la substance dans le morceau que nous indiquons ici.
182. Fred. Boyle. Adventures among the Dyaks of Borueo. Lond. 865, in-8.
Livre sans prétention et d'une lecture facile. Le voyage .touche en courant à plus d'une question intéressante d'ethnologie et de philosophie historique, mais sans appuyer sur cette nature de redierches.
183. Alfr. R. Wallack. On the progress of civilisation in Northern Celebas. Report of the Meeting of thè British dissociation %r the adtancement of Science y held at Bath in 1864, 2* partie, p .149-50.
Résumé du mémoire. Tableau physique et ethnographique (V/}ir notre précèdent volume, p. 24Ï, n» 1183).
I 4. Carte du détroit de Macassar (Publi<catKins du Dépôt de la ma* fine) n« 2144.
276 OCÉANIE. (n** 180-216)
185. Carte de la partie orientale de la mer de Jaya (Id. demi-feuille, n" 2149).
186. Partie du grand Archipel d'Asie comprise entre Java, la Nouvelle-Guinée et l'Australie (Id., n» 2151).
187. Will. HowiTT. The hislory of discovery in Australia, Tasmania, and New Zealand, from the earliest data to the présent day ; with Maps of the récent explorations, from officiai sources. Lond. 1865, 2 vol. in-8 (Longman).
188. Rev. J. E. Tenison Woods. History of the discovery and explo* ration of Australia, from the earliest period to the présent day. London, 1865, 2 vol. in-8, avec une carte (Low).
189. Rev. G. Rowe. The Colonial Empire of Great Britain, considered chiefly with référence to its physical geography and industrial productions. The Australian groupe. Lond. 1865, in-12, 210 p.
190. Meinickb in Prenzlau. Die neuesten Reisen im oestlichen Central-Australien. Zeitschrift fur allgem. Erdk,, n** 145, 146 et 147; juillet à octobre 1865, p. 31-64, 98-129, 161-198; avec une carte de M. Kiepert. -
191. E. Debes. Eine neue Areal-Bestimmung des Festlandes von Australien. Mittheilungen de Petermann, 1865, IX, p. 347-352.
Relevé fait par M. Debes sar ane carte mannserite en 9 feuilles, i l'échelle du 3500000*. La superficie ainsi obtenue a été de 29S4 510 milles anglais carrés, non cdknpris les petites lies qui avoisinent le continent. •
192. A. Olbfield. On the' Aborigines of Australia. TransoeHom of the Ethnological sœ. of London, vol III, 1865, p. 215-298.
Travail fondé sur des observations de l'auteur, principalement parmi les Ouatchandis de l'Australie occidentale.
193. HuBER. A travers l'Australie ; souvenirs d*an voyage exécuté en 1863-64. Bulletin de la Société de géographie, mai 1865, p.- 423-437.
— Quelques mots sur le Murray et le Darling. Ibid,, sept, p. 310-318.
LUntérét principal des notes de M. Hiiber est aussi dans leur côté ethnographique. Contrairoment à celles de M. Oldfield, elles se rapportent aux aborigènes de l'Australie orientale.
194. D. M. Intyre's. Journey across Australia, from Victoria to the gulf of Carpentaria, and discovery of supposed traces of Leiehhardt. Proceedings ofthe Boy. Geographicalioc,, vol. IX, n»6, aug. 1865, p. 300-305.
195. Western Australia. Perilous boat voyage ol* the Forlam Hope along the australian coast, with a full account of the coast hitherto but little known. Lond., 1865, petit in-8 (Colonial Kewpaper Offices).
196. Extracts from the journal of an Expédition for the purpose of exploring the country to the Easlward of the York district, Western Australia. By C. C. Hunt, leader of the expédition. Proceed. of the Roy. Geogr. soc, vol. IX, n« 3, p. 111-112.
Cette exploration, comme la plupart des expéditions australiennes provoquées par les autorités provinciales, avait pour objet principal la recherche de nouveaux terrains propres à l'élève du bétail. Partie d'York, chef-lieu du district, elle ne s'est pas avancée très-loin dans l'intérieur: son point extrême a été par 31*|9' lai. S., 120°,2',30"long. E. de Oreenwich.
197. R. P. Whitworth. Victorian Q^zetteer und Road Guide ; containing the most récent and accu rate information as to every place in the Colony. Melbourne, 1865, petit in-8, Map.
198. Australia, construcled and engraved by W. and A. Johnston. Ediuburgh, 1864, 2 feuilles.
199. Australia, East Coast, sheat XVI. Magnetic isl. to Double Point. London, Hydrograph. Office.
200. Australia, South Coast. Port Phillip. Commander Cox, 1864, 2 feuilles. Ibid. nM171, a, b.
— South Coast, Woods Point to Lowly Point. 1863. Ibid. n" 403.
201. James Hector. Expédition to the west coast o! Otago, New Zéaland; with an account of the discovery of a low pass from Martin's Bay to lake Wakalipu. Journal of the Royal Geographicalsoc, vol. XXXIV, p. 96-111.
202. J. MacKERBOW, district >urveyor. Reconnaissance Survey of the lake districts of Otago and Southland, New Zealand. Ibid.j
203. Jul. Haast. Notes on the mountains and glaciers of the Canterbury province, New Zealand. Ibid., p. 87-96.
A ces trois articles se rapporte une belle carte d'une grande partie de la Middle island, construite avec un très-grand détail d'après les récentes explorations des surveyors officiels. Cette carte est à la {)age 56 du volume.
204. A Memoir of the Rev. Richard Davis, for thirty-uine years a Missionary in New Zealand. By the Rev. J. Noble Colbman. Lond. 1865, petit in-8.
278 OCÉ^NIE. (n*^ 180-216)
205. Feixl. DE HocHSTETTER. Voyage ù jla NouveUe-Zélande^ 1858- 60. Lp Tour du Monde, n°» 27î), '280, 281 , t. XI, 1865, p. 273-
206. Reise derOesterreichischen Fregaltc Norara um die Erde, 18.57- 59. Geologischer Theil, Uer Band, 2ter Abtheil, Palaeontologie von Xcu Secbnd, von P»^ F. v. Hochstktter, D' M. Hœrnes und Fr. v. Hauer. Wien, 1865, m-4, 3ÎJ5 pages, avec 26 pi.
— Zoologischer Theil. Uer Band, 1 Abth. Fische, bearbeitet von B' R, Kner, i(i-4, avec 5 pi.
207. Nouvelle-Zélande, île du nord, côte ouest. Pu pic de Monganni au poi^ Manukau; côte est, du port de Tukukaka à Tile Mayor, comprenant le golfe de Hauraki Slokes et Drury. Paris 1865, 1 feuille. N" 2138 (Publications du Dépôt de la Marine).
208. New Zealand. Sketch Map of part of the West Goast, from Wanganui to river Grey. Corri^cted up to the latest exploration of M. Dobson. Lond. 1865, 1 fouille.
?()9. New Zealand, by W. and A. K. Johnston. Kdlnb., 1864,
2 feuilles.
210. 0. FiNSCH. Neu Guinea und seine Bewohner. Bremen, 1865, in-8, 190 pages, avec une carte.
Monographie en partie basée sur une relation hollandaise fort peu connue, même en Allemagne, Nieuw Guinea, ethnographiêch en na^ tuurkvndig underzocht en beschreven m 1858, doof fan nederlandsrh indische Coinmitsie, 1862. L'ethnographie et la faune tiennent la plus grande partie de l'intéressant petit volume de M. Finsch, lequel occupe à Brème la place de conservateur des collections xoologiques du Muséum.
211. W. T. Pritchard. Viti and its inhabitants. Memoirsread before the Anthropohgical Society ofLondon, 1863-64. London, 1865,
in-8, p. 195-209.
212. Du même. Notes on certain anthropological matters respecting the South Sea ifilanders (The Samoans). Ibid.y p. 392-396-
213. Une exploration dans l'intérieur de la Nouvelle-Calédonie. Rapport officiel de M. le lieutenant d'infanterie de marine Bourobt. Nouw Annales des Voyages^ nov. 1865, p. 149-192.
214. Annuaire des Établissements français de rOcéanie et du protectorat des lies de la Société et dépendances, pour 1864*
AUSTBALIE. 279
gPapeete, imprim, du Gouvernement, 18Ç5, in-18, lx-1 26 pages (Paris, Challamel).
215. R. Anderson. The Hawaiian Islands, their progress and condition under missionary labours. Bostc^n, 1864, in-12,
216. Fanning island, North Pacific, sketch survey by Capt. G. H. Richards, 1863, Lond. 1864. N«» 2867 (Hydrogr. Office).
S l«^ L'Australie. Histoire géographique et exploratioM actuelles.
Le pays et les indigènes.
Deux ouvrages importants ont étë publias dans le cours de 1865 sur l'histoire géographique du continent australien, celui de M. Howitt (n° 188) et celui du Rév. Tennison Woods (n** 189). L'un et l'autre présentent d une ma^ière attachante et instructive le tableau des explorations qui de-»puis quatre-vingts ans se sont poursuivies sans interruption, et où se sont dépensées tant de persévérance et d'énergie au milieu d'une nature affreusement sauvage; s'il fallait chercher une raison de préférence pour l'un ou pour l'autre, nous ferions remarquer que le premier des deux ouvrages, celui de M. Howitt, comprend dans son cadre l'histoire des explorations et de la colonisation de Tile de Tasman ou Van-Diemen, et de la Nouvelle-Zélande.
Chaque jour qui s'écoule prépare une page complémentaire à cette histoire géographique, qui de longtemps ne sera close. Sans parler de l'expédition récemment organisée dans le Sud sous le patronage d'un comité de dames pour la recherche des traces de Leichhardt, ou pour mieux dire des restes du parti que conduisait le malheureux voyageur et qui peut-être ont blanchi sans sépulture au fond du désert, voici ce que nous lisons dans un journal australien {VAustralasian de Melbourne), à la date du 15 octobre 1864 :
La grande œuvre d'exploration à laquelle la colonie de South- Australia a pi^s une part si active dans les vingt dernières années, est maintenant sur le point de recommencer avec une
nouvelle énergie. Les découvertes de M. Stuart dans l'intérieur de la colonie vont être poursuivies par le major Warburton, et au delà des limites de la colonie par M. A. Bail. L'expédition du major Warburton, préparée par le gouvernement en conséquence des résolutions adoptées par les deux chambres de la colonie, doit en premier lieu examiner le pays au delà du mont Margaret; de là l'expédition se portera au nord-est, afin de vérifier si ce que Ton a rapporté d'une grande rivière qui s'écoulerait dai^ le lac Eyre est fondé ou non. Cette première tâche remplie, on se propose d'explorer l'ouest, afin de relier l'intérieur du pays inoccupé (No Aîan^s Land) et la contrée adjacente avec Fowlers Bay ou Déniai Bay sur la côte. Tels sont les deux objets généraux de l'expédition, et l'on espère qu'elle sera achevée en quatre mois.
L'autre expédition est organisée par des souscriptions particulières. Dès qu'elles seront remplies, M. Bail se mettra en route. Son plan est de se porter presque en ligne directe du mont Margaret à Shark's Bay sur la côte de l'ouest. 11 traverserait ainsi la seule grande partie du continent qui n'ait pas encore été explorée. La région de l'est de TAustralie centrale est maintenant bien connue, et plusieurs explorateurs ont ouvert le pays du sud au nord. Leichhardt est le premier qui, à une époque déjà ancienne, ait songé à la possibilité de traverser le continent de l'est à l'ouest, entre Moreton Bay et Shark's Bay ; mais il a succombé avant d'avoir accompli sa tâche, et une moitié du pays qu*il voulait explorer reste encore absolument inconnue. La proposition fut faite aux autorités de Victoria, il y a quelques années,, de revenir à ce plan, et il avait même 6té un moment question d'envoyer Burke et Wills non vers le nord, mais vers l'ouest. La proposition, néanmoins, fut abandonnée, et on renonça alors à ce projet de se porter du centre de l'Australie sur la côte occidentale.
Nous n'avons pas à suivre Tauteur de cette note dans les développements auxquels ce sujetle conduit; maisnonsavons dû enregistrer un projet peut-être réalisé en ce moment, et qui dans tous les cas doit inévitablement arriver à nne réalisation plus ou moins prochaine, et inévitable.
La communication suivante (n"" 194), nous' ramène dans une autre direction.
MM. Mac Intyre et Barnett Tiennent d'achever un intéressant voyage de découvertes entièrement dû à leur initiative privée. Accompagnés de trois naturels, ils ont réussi à se rendre par terre de la rivière Darling (Nouvelle- Galles du Sud) au golfe de Carpentarie (Australie septentrionale) et à en revenir. C» voyage a d'autant plus d'importance qu'il ramène à une expérience pratique les résultats de toutes les explorations déjà faites dans celte direction. M. Mac Intyre, après avoir étudié avec soin tout le pays qui s'étend entre le Darling et la crique de Cooper (Cooper's Creek) , a constaté que même dans la saison de la plus grande sécheresse la route qu'il a suivie est parfaitement praticable au bétail, paroe que de laParoo à la crique de Cooper, elle coupe trois rivières. De cetle crique au golfe de Carpentarie, il a exploré le système hydrographique sur ses routes d'aller et retour.' 11 a tenu avec ordre et dans un excellent système un journal et des notes d'une parfaite exactitude, et les renseignements ainsi recueillis seront de la plus grande utilité à ceux qui désormais s'aventureront dans ces régions, qu'ils partent soit de la Nouvelle- Galles du Sud, soit de la Queenslande orientale. Les positions de toutes les rivières et des points importants ont été fixées au moyen d'observations astronomiques, et les variations magnétiques ont été étudiées minutieusement. Ainsi les résultats du voyage de M. Mac Intyre ne peuvent pas manquer de^iépasser de beaucoup la valeur des connaissances transmises par ses devanciers dans des explorations soit privées soit publiques. Une carte routière dressée d'après ses notes serait déjà un excellent guide pour traverser le continent australien. Non-seulement il a relevé et calculé soigneusement toutes ses positions, mais il a rédigé un journal descriptif des événements quoiidiens, où il a noté jusqu'à la minutie la nature du pays traversé, les endroits où se trouve l'eau, et même le gibier aperçu ou tué dans les différents lieux. Durant la course rapide faite pour atteindre au golfe et pour en revenir, on n'a pas senti une goutte de pluie, et dans ces parages on n'a ni traversé un courant ni aperçu une flaque d'eau. 11 faut donc que toutes les eaux signalées par M. Mac Intyre soient permanentes, et la sécheresse même de la saison où il a accompli son long voyage fait la certitude des renseignements donnés par son récit, et la sécurité de ceux qui désireraient faire un tour vers le littoral du Nord.
Plusieurs communications ont aussi donné d'intéressants
détails sur les aborigènes ; eu voici quelques-uns que nons tirons de la note de M. Hûber sur sa course à travers
TAustralie (d* 193) :
Du Murray jusqu'à Ménindié, sur le Darling où Burke établit son premier dépôt, toute trace de civilisation s'efface promptement, et déjà on commence à rencontrer quelques uaturels, que les Européens emploient, dans leurs habitations, aux travaux domestiques. Bien que les aborigènes y conservent encore presque toutes leurs habitudes primitives, le voisinage des blancs a déjà produit sur eux des effets désastreux, et oe n*est guère que vers Mont Murcbison ou même le Paroo, qu'on peut voir les indigènes de TAustralie pour ainsi dire à Tétat natif. Dans cette dernière iocalité, Thomme atteint une taille plus élevée que dans les autres parties du continent; son corps est plus svelte, mais sa figure présente les mêmes traits caractéristiques, nez aplati et grosses lèvres; sa peau luisante est d'une d'une chaude couleur brune. La coutume barbare de briser les deux dents de devant de la mâchoire supérieure chez tousle^ mâles, à l'époque où ils atteignent l'âge viril, se retrouve là comme cbez toutes les autres peuplades australiennes. — Entièrement nu, le corps des indigènes est couvert d'énormes cicatrices causées par divers tatouages qu'ils exécutent en commémoration de tel ou tel événement important de leur existence ; ils pratiquent la circoncision. — Chaque homme possède une seule femme, qui, outre les soins qu'elle prodigue à sa progéniture, est obligée de veiller à tous les travaux du camp. C'est elle qui doit apporter le bois et l'eau, ramasser les graines et les racines, pendant que son mari est à la chasse ou à la pêche pour se procurer les vivres de là journée. La femme reste presque toujours au camp; mais, dans le cas où son mari daigne l'emmener, la pauvre créature, qui a souvent un enfant sur les épaules et un autre à la mamelle, porte en outre toutes les armes du seigneur et maître, c'est-à-dire du mari. — Habituée à être considérée par celui-ci comme une hôte de somme, elle se tient, au moment du repas, accroupie à quelque distance derrière lui, et se contente de ramasser les débris qu'il lui jette par-dessus son épaule ; quand la mère a fini, les enfants commencent à leur tour. Tous semblent reconnaître l'autorité du chef de la famille, et malgré la crainte apparente qu'il inspire, son retour est constamment salué par les aoolaroations les plus joyeuses.
au^traue:* 283
Les naturels que leurs iuOrmités ou leur grand âge ont rendus incapables de se mouvoir, sont nourris et entretenus avec une scrupuleuse fidélité par leurs parents; et bien que les besoins de ces peuplades soient très-limités, ce n^est que par un travail incessant qu'elles peuvent arriver aies satisfaire.
Sans qu'ils aient aucune idée définie de religion, il existe cbez eux des superstitions traditionnelles auxquelles ils ajoutent une foi aveugle : c'est ainsi qu'ils croient voir dans les blancs des individus de leur espèce morts depuis longtemps, et rappelés à la vie par le Grand esprit. Ils considèrent comme indices de bonne ou mauvaise fortune ces énonnes chauve-souris qui, à la tombée de la nuit, voltigent autour de leur camp* Jamais ils n'accomplissent aucune entreprise sans avoir auparavant consulté un des anciens du camp, qui sont supposés tenir du Grand Esprit tous les secrets et tous les charmes propres à amener la réussite. Ces vieillards sont en même temps médecins et soignent toutes les maladies à l'aide d'une plante qu'ils nomment Pitchery ; c'est une espèce de payot dont ils tirent un narcotique très-violent qu'ils administrent quelquefois intérieurement, mais que le plus souvent ils emploient en frictions à Textérieur, en accompagnant l'opération de certaines phrases sacramentelles qui ont pour but de chasser le mauvais esprit
Si le malade vient à mourir, le médecin donne immédiatement aux proches parents et aux amis du mort un nom nouveau, avec défense expresse de répéter celui de la personne qu'ils ont perdue, sous peine d'être visités eux-mêmes par l'esprit du mal. Les frères du défunt, ou, h leur défaut, ses plus proches parents, creusent une fosse de trois pieds de profondeur où le corps est déposé par des hommes qui, en signe de deuil, se couvrent la figure d'une composition de graisse et de craie. Lorsque le cadavre a été placé dans sa dernière demeure, tous les assistants poussent des hurlements de désespoir; puis, pour montrer l'étendue de leur chagrin, ils se font, à l'aide d'une petite hache en pierre, de profondes incisions d'où le sang jaillit abondamment. Quand ces blessures commencent à se sécher un peu, ils terminent la cérémonie par un repas où le médecin donne la veuve et ses enfants à quelque jeune garçon de la troupe. Dans le cas où c'est une femme qui meurt, les enfants sont adoptés par tous, et l'homme est obligé d'aller vivre dans une tribu voisine pendant un certain nombre de lunes, au bout desquelles un des anciens lui trouve, parmi ses nouveaux amis, une compagne qu'il emmène avec lui près des siens. Son rétour
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est toujours accompagné de festins et de danses, où l'an des patriarches délivre aux principaux chefs des amulettes dans la composition desquelles entre de la graisse de rognons humains, circonstance qui indique suffisamment qu'ils sont anthropophages. Cependant un Anglais nommé Morrill, échappé au naufrage de la Pérui'ienne en 1846, et qui à vécu au milieu des naturels jusqu'à Tannée dernière, tout en confirmant cette opinion, établit qu'ils ne tuent jamais leurs compatriotes pour les manger; s'ils ajoutent parfois à leur repas de la chair de leurs chefs ou de leurs amis morts, c'est qu'ils pensent s^approprier ainsi quelques-unes de leurs vertus.
Voici, à propos des indigènes australiens, une note également extraite d'une feuille locale, et qui n*a pas besoin de commentaires. La note est de la fin de 1864 :
< Au dernier bal du gouverneur on a vu paraître les quatre derniers aborigènes de la Tasmanie, un homme et trois femmes. L'âge et la figure des trois femmes ne laissaient pas la moindre chance qu'une autre génération paisse les remplacer. »
S 2. Nos établissements de l'Océanle.
Les renseignements suivants étaient donnés, au mois de lévrier 1865, par le tableau de la situation de l'Empire :
Le gouvernement a cru utile d'envoyer à la Nouvelle-Calédonie un convoi de deux cent cinquante condamnés, qqi, d'abord employés aux travaux de notre établissement, fourniront ensuite les premiers éléments d'une colonisation pénale dans des conditions de salubrité qui ne laissent rien à désirer.
Dans cette colonie, les tribus indigènes se rapprochent de nous ; des colons s'y établissent et créent des exploitations agricoles qui ne sont pas sans importance ; un courant d'émigration sensible se forme entre la métropole et cette possession ; des jeunes filles, élevées par les soins de Tassistaiice publique du département de la Seine, y ont tté dirigées, et la plupart d'entre elles ont trouvé à s'y établir convenablement.
L'installation d'un poste français dans une des tles Loyalty,
dépendances de notre colonie, a donné litu à quelques difficultés promptemenl aplanies. L'esprit du gouvernement dans toutes ses entreprises ne saurait laisser de doute sur ses intentions : il veut qu'à la Nouyelle-Calédonie comme partout le drapeau de la France protège la civ^ilisation et la liberté.
Dans Pocéan pacifique, nos établissements sont en voie de progrès. Notre protectorat s'exerce à Taïti sans entraves, et à la satisfaction des indigènes. Les groupes des tles placées dans notre sphère d'action recherchent Tintervention de notre autorité, qui déjà a fait rendre justice aux victimes d'actes de violence commis par des étrangers.
PÉllOir ET BOLTVIB.
217. The Travels of Pedro db ûeza de Léon, Â. D. 1532-1550, contained in the first part of his Chronicle of PevvL. lYanslated and edited, with notes and an Introduetion , byClem. A. Markham. Lond. 1865) in-8 (Hacklayt Soc^.
Gieza xle Léon ^tâit \ui |eilii6 Es^Mqptoi tfois à i^àge et quatorze ans, en Tannée 1532, quitta Séri lie pour altoTTstierctier foitane au noaveau monde. Ce fat en 1541, étant enrôlé an senrice de Robledo^ qa'il conçat ridée d'écrire un jonmal des événements dont 11 léfidt témoin et acteur.
218. Will. BoLLAtRT. ïfttroductîôli to thè pala^Ôj^piiy oT America: or, Observations on ancient picture and figurative writing in the New World; on the ficlitions writing in North America; on the Quipu of the Peruvians, and Ezamination of ftpurious t|uipus. Memoirs readhefore the AfUhropological society ofLondon, 1863-64. Lond. 1865, p. 169-194.
219. Mapa del Peru, mandado hacer por ordeti del libertador gran Mariscal Présidente constitucional Ramon Castilla, por Mariano Felipe Paz SoLûan. Paris, 1865, 4 feuilles.
Nous avons déjà fait connaître dans un volume précédent de VÀrmie (t. Il, p. 153, n« US, et p. I5t), 1« très^^Màirquabla tk^^l pdÉtlMttkh du D> Mateo PazSoldan flnr ia géographie dû Pérott^ UtTaK ptMté à Paris par le frère de rauteur, M. FeUpe Pêê {Soidan. Gette ignode Mi belle carte en est le complément.
220. Hugo Reck. Géographie und Statistik der Rçpublik Bolivia. Miitheihmgen de Petermann^ 1865, a** 7 et 8» p. HM-^Têl, 281-295.
L'auteur a résidé quatre ans en Bolivie, de 1858 à 1862, comme in-
288 AMÉRIQUE DU SUD. (n*' 2 17-222)
génieur des mines. Une étude de chemin de fer, dont il a été chargé. Ta mis à même d'explorer à fond une partie considérable du pays, et d*y faire de nombreuses observations astronomiques et barométriques, indépendamment des opérations trigonométriques. M. Reck donnera bientôt une relation circonstanciée, accompagnée d'une grande carte ; Tarticle actuel en est le résumé anticipé.
221. Cl. Gay. Aperçu sur rinstruction publique au Chili. Compte rendu dfes tra'caux de V Académie des sciences, 30 janvier 1865, p. 193-200.
222. Don Guillermo ^Cox , of Chili. Expédition across the soutbem Andes of Ch H , with the ohject of opening a new line of communication from the Pacific to the Atlantic Océan, by the lake of Nahuel-Huapi and the rivera Limay and Negro. Transi, from the Spanish by sir W. Parisb. Journal of the Royal Geogr. soc, vol. XXXIV, 1865, p. 205-226. Map.
Nous avons fait connaître à nos lecteurs, dès l'an denyer, l'exoellent mémoire de M. Cox, et le rapport que M. Martin de Monssy a fiùt snr ce travail à la Société de géographie de Paris. Voir le précédent volume de V Année, p. 306, n»* 245 et 246, et p. 326*
M. William Bollaert, dans un travail fort intéressant snr les populations du nouveau monde ^ fait, au sujet du Chili, quelques remarques qui méritent d'être reproduites ^
Si nous prenons en considération la vaste étendue de territoire où se parle la langue espagnole, c'est-à-dire depuis la frontière sud des États-Unis jusqu'aux approches du cap Hom, nous ne voyons, sauf de rares exceptions, que désordre, anarchie, violence, ambitions misérables, chez des nations occupées à se détruire elles-mêmes au milieu de continuels bouleversements. C'est seulement lorsque nous arrivons au Chili que nous
1. Mémoire read before the Anthropological society ofLonéUm, 1863-
trouvons un peuple de rAmérique da Sud dans un état de progrès. Est-ce donc quMci le climat est plus favorable à la vie humaine que dans les autres parties moins salubres de l'Amérique espagnole? Le Chili aie climat de l'Italie. Il est borné au nord par le désert d'Atacama, à l'ouest par le grand Océan /à Test par les Andes, au sud par le cap Hom ; c'est un riche pays de culture et de mines. Les Espagnols refoulèrent dans leurs montagnes les Indiens qu'ils ne purent exterminer, et qui s'y maintiennent encore aujourd'hui au nombre d'environ 20 000 ; ils formèrent quelques alliances avec les femmes indigènes, et comme en d'autres parties de l'Amérique espagnole ils produisirent une caste (les Mestizos) passablement turbulente. Et puis le Chili n'est pas une terre tropicale; elle n'exige donc pas de grandes importations d'esclaves nègres. La population, en un mot, est presque de pur sang espagnol. Ajoutons que depuis sa séparation de l'Espagne, un grand nombre d'Européens ont épousé des Chilenas, et que leur progéniture est d'un caractère satisfaisant, étant pure de sang indien et nègre. Ceux-là seulement qui ont résidé un peu de temps dans des pays peuplés de races mêlées peuvent comprendre l'immense avantage d'une contrée qui possède une race pure. Ainsi, tandis que la plus grande partie de l'Amérique espagnole, où il y a une proportion considérable de races mêlées, est dans un continuel état d'anarchie, le Chili est tranquille et pacifique, accroissant son commerce, ses richesses et sa population. S'il traversa de temps à autre une irritabilité politique qui caractérise la race espagnole, la crise est de courte durée, et la nation reprend sa marche progressive. Tandis que les autres républiques restent des oligarchies militaires, n'ayant d'autre élément de pouvoir que la baïonnette, au Chili, les présidents, depuis nombre d'années, appartiennent aux classes civiles.
Quels en, ont été les résultats ? La richesse et la population se sont rapidement accrues; depuis trente ans la propriété foncière a décuplé de valeur; la plus grande activité règne dans les ports; les mines et l'agriculture sont des plus prospères; le trésor public a toujours un excédant ; de grands travaux publics se poursuivent sans interruption ; un chemin de fer pariant de la capitale et se dirigeant au sud est déjà ouvert sur une grande étendue, et des contrats sont passés pour le poursuivre beaucoup plus loin. Le chemin de fer qui va de la capitale à Yalparaiso, ce qui fait une longueur de 150 milles avec des tranchées et des tunnels considérables, est terminé. Les chemins de fer de Co-
X l'année GÉOGR. IV — 19
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piapo payent des diyidendes de 20 pour 100. Un chemin de fer se construit à Goquimbo. Ce sont là de grandes opëralions indu* trielies. Dne cathédrale s'élève dans la capitale^ qui sera un des plus beaux édifices de l'Amérique du Sud; soitinte-dix grandes colonnes en marbre, apportées d'Italie, entreront 'dans cette construction. Santiago peut être appelée une ville de palais. L'éducation s'étend de plus en plus, particulièrement chei les classes pauvres. Le gouvernement a fait planter un jardin d'acclimatation pour les plantes et les ariires exotiqnes, que Fen distribue à tous ceux qui en fout la demande, el rien n*eit négligé pour activer Timmigration européenne!
Sur un des côtés les plus remarquables et ie& pltto importants de ce mouvement intérieur qui distingue le Chili ente toutes les ci-devant colonies espagnoles de rAmériqm da Sudy l'éducation publique, une noté pleine de fidté intértfc sants a été lue par M. Claude Gay au sein de PAtsAdémie des sciences (ci-dessus, à la bibliographie, n^ 221). M. Gay est assurément un des hommes d'Europe qui connaiiaent le mieux le Chili ; son grand ouvrage sur cette jenne répmbliqae jouit d'une célébrité universelle.
C'est un spectacle sain h l'flme et plein d'dbflei^Ainelits, tandis que les colonies émancipées de TEspagne se débattent pour la plupart dans les stériles et mortelles oonvulaiiMS des luttes intestines, de voir la plus petite de ces oolonliB^ et la plus éloignée des régions tropicales, entrer fésoMmelkt dans là voie féconde des études européennes, et prjpartf ainsi la place prochaine qu^eUe doit occuper, oà plnlôt qu'elle occupe déjà dans le concert des nations polieéei.
Lorsqu'en 1829 j'arrivai pour la première fois att Chili, à M M. Gay, le pays se ressentait encore des fortes seeodseeft ^V venait d'éprouver pai' suite des guerres de lIlidé^endiDee. L'instruction publique y était très-arriérée, Tikiâils^ie à ]^ près nulle, et les presses, nouvellement introduites, n'étiiMIt guère occupées qu'à imprimer des journaux dont le seul M était de soutenir un parti ou de le combattre.
Sans doute les hommes de talent n'y faisaient pss déAMIt;
mais, vu le grand changement qui venait de s'opérer dans toutes les branches de la législation et de Tordre social^ leur intelligence était absorbée par des devoirs plus pressants et plus impérieux. Au lieu de viser au luxe de la civilisation que le temps et la tranquillité pouvaient seuls leur faire espérer, ils s'oecupérent à rétablir le pouvoir politique fortement ébranlé, et à constituer une nouvelle société, qui, d'espagnole qu'elle était» allait devenir tout à fait américaine.
Ce fut donc à ces travaux de reconstitution que les hommes de talent se vouèrent, et tous y touchèrent avec cet esprit d'activité et d'application que cet état d'interrègne exigeait^ Car habitués à un système colonial et nullement initiés, et encore moins préparés, au mécanisme compliqué d'un gouvernement libre et indépendant, ils ne s'y livraient que par des essais et à tâtons, route toujours viciétlse et qtii lié pouvait eh aucune manière convenir à l'impatience d'un peuple violemment agité. Heureusement et grâce à leur bon sens^ ils surent vaincre et aplanir cette route, et arrivèrent à cet état de prospérité relativement bien supérieur à celui des autres républiques, tourmentées encore par tant d'éléments d'anarchie*
Mais au milieu de tous ces pressants travaux, les hommes d'Ëtat n'oubliaient peint l'instruction publique qu'ils regardaient avec raison comme la base d'un avenir de progrès. Les collèges furent mieux organisés, et chaque province posséda bientôt le sien, dirigé par des professeurs instruits sortis du grand collège de Santiago^ On multiplia considérablement aussi les écoles primaires, et pour donner à leur enseignement une marche tout à la fois éclairée et régulière, on institua, même avant les États-Unis, une école normale d'abord pour homines et puis pour femmes, qui devinrent une pépinière de personneà habiles, capables de porter dans les écoles provinciales. une direction et un esprit de méthode jusqu'alors peu connus. Au^ jourd'hui on compte 936 de ces écoles, coûtant en moyenne 2500 fr. chaque» et le nombre, d'après la dernière loi, doit 8'é«> lever à 1670. Elles sont sous la surveillance d'inspecteurs spéciaux, et un inspecteur général est chargé de passer chaque mois au gouvernement un état de leur progrès et de leur insuffisance. Ces rapports sont publiés dans le Monitor de ias Escuelas, revue mensuelle entièrement destinée à l'avancement et à la pédagogie de l'instruction primaire.
Cependant le nombre des élèves qui fréquentent ces écoles s'élève aujourd'hui à 47 717; et arec les nouvelles que l'on
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ouvre tous les jours, les dépenses atteindront bientôt à 5 millions de francs. Ces chiffres sont déjà de quejqae importance pour un pays naguère si délaissé .et qui compte à peine 1 700000 âmes et un budget de 37 millions de francs. D'après la dernière statistique, le Chili comptait pour les hommes 1 individu sur kfib qui sût lire, et 1 sur 5,90 qui sût écrire; pour les femmes c'était 1 sur 8,28 pour le premier cas, et 1 sur 10,95 pour le second. Mais ce recensement fut fait en 185^, et depuis cette époque les écoles se sont tellement multipliées, et l'instruction a reçu une si grande impulsion, qu'il est probable que le nouveau que l'on va exécuter signalera un progrès très-considérable dans ce genre de civilisation.
M. Gay entre ici dans d'intéressants détails sur la création et l'oi^anisation des écoles secondaires et des établissements d'instruction supérieure.
Chacun de ces établissements, littéraires, scientifiques, administratifs, possède sa bi'oliothèque particulière^ indépendamment de la bibliothèque nationale qui compte déjà 35 200 volumes d'ouvrages choisis, et de plus une dotation pour se procurer les principales nouveautés et pacyer les nombreuses revues auxquelles elle est abonnée. Dans les provinces, ces bibliothèques sont beaucoup plus rares ; mais le gouremement vient d'y fonder des bibliothèques populaires en leur enyoyant les volumes qu'il fait imprimer. En 1858, le nombre de ces publications et de celles pour les écoles s*est élevé à 347 047, et c'est par centaines de mille que tous les ans on les distribua dans les provinces.
Pour donner à cette instruction publique une haute direction, M. le ministre Montl, sous le gouvernement du génénd Bulnes, réorganisa l'ancienne université. GrAce à sa sayaotest active direction, et grâce aussi à la haute protection de M. Montl, devenu président de la république, cette université a imprimé aux lettres et aux sciences une force d'avancement vraiment considérable. Son institution n'a pas seulement pour bot une mission de direction et de haute surveillance; elle se présente encore comme une véritable académie, co&tribuant aux progrès des sciences et des lettres par les travaux de ses meznbres et par les rapports qui se font sur les mémoires présentés. De plus, comme dans notre ancienne Académie, tous les ans on
membre est chargé de traiter un sujet discuté déjà par la sec* tîon, et tous ces mémoires et rapports sont publiés dans des Annales qui paraissent tous les mois, ou bien dans une revue spéciale dont il n*a paru encore qu'un seul volume. Comme ils ont tous pour thème les sciences physiques, géographiques et historiques du pays, il est probable que dans quelques années le Chili sera presque aussi bien connu que les contrées les mieux favorisées de la vieille Europe.
Ce qui suit nous touche encore plus particulièrement, comme géographes.
Ce n'est que dans ces derniers temps que le Chili a possédé une carte ; levée quelquefois sur des observations astronomiques, mais le plus souvent d'après de simples levés à la boussole. Quoique sur cette carte, qu'un cupide plagiaire écossais s'est empressé de reproduire à son profit, fussent inscrits toutes les villes, villages, fleuves, rivières et même les principales fermes, cependant, par cela même que leurs positions ne pour* raient être toujours strictement exactes, le gouvernement, pour lui donner un caractère tout à fait scientifique, n'a pas craint d'en faire lever une autre, malgré les frais considérables qu'une telle entreprise allait lui occasionner. Le savant M. Pissis, que TAcadémie connaît très-bien, a été chargé de ce grand travail et, depuis 18^8, il s^en occupe de la manière la plus active, aidé d'une commission d'ingénieurs géographes à laquelle on a même ajouté un astronome. Cette carte, tout à la fois topographique et géologique, sera terminée en 1865, et ne signalera malheureusement que le terrain compris entre Copiapo et le fleuve Biobio. Il restera donc une lacune que, du reste, les ingénieurs du pays sauront plus tard faire disparaître, maintenant qu'ils sont très-exercés à la pratique des grandes triangulations, méthode généralement suivie pour le levé de cette carte.
D'autres progrès ont suivi cet heureux élan de travaux utiles. Jusque dans ces derniers temps les chemins étaient seulement tracés, et, k une petite distance de Santiago, le voyageur n'avait d'autre moyen de transport que le cheval ou la mule, voyageant ainsi à travers des sentiers plus ou moins praticables. Grâce à ces ingénieurs, de magnifiques routes ont été ouvertes et permettent à de grandes diligences de les parcourir dans la plus grande étendue de la république. Le gouverne-
ment n'a pas craint, le premier de FAmërique du Sud, d'entrer dans la voie des chemins de fer, et déjà on en trouve à Copiapo, à Coquimbo, malgré les difficultés en tous genres que Ton rencontre dans le matériel comme dans le personnel. Dans celui de Valparaiso à Santiago, par exemple, il a falla franchir de profonds ravins , la Cordillère de la oôte, et faire arriver, à une petite distance de la mer, les wagons à une hauteur de 820 mètres à peu près, à part tous les tunnels qu'ils ont à traverser. Ce chemin doit se prolonger jusqu'à la ville de la Concepcion, sur une longueur de près de 4 degrés. Déjà il arrive jusqu'à San Fernando, et tous les plans déjà levés ne tarderont pas à être mis en exécution. Dans ce moment le parcours de ces chemins de fer sjélève à 586 kilomètres. D'après tout ce qui vient d'être dit, ajoute en terminant M. Claude Gay, l'Académie appréciera avec intérêt le grand élan dans toutes les branches de civilisation que vient de prendre cette république, une des plus petites de l'Amérique, et relativement pauvre si on la coi]^pare aux autres. Une seule chose lui fait défaut, c'est la population, ce grand élément da produits et de consommation. Le gouvernement sent parfaitement ce vice, et cherche à le faire disparaître en consacrant de fortes sommes en faveur de l'immigration allemande. Déjà un très-grand nombre de familles s'y sont dirigées et donnent lieu à des colonies privilégiées, et elles jouisseat d'un bienêtre qui ne sera pas sans résultat pour l'encouragement de ces émigrations et pour le progrès de cette lointaine contrée.
PROVINCES AaGENTIKES. URUGUAY. PARAGUAY,
223. Alfred M. du Graty, ancien ministre de la République Argentine. La Confédération Argentine. Druxolles, 1865, in-9, hh 371 pages, avec cartes, plans et figures.
M. do Graty avait déjà publié, il y a trois ans, un premier ovvxtgi sur le Paraguay (jUx Bépublique du Paraguay^ BnudUes, IMS, ii-l, XVII 1-407-200 pages, avec cartes et gravures.
« L'auteur de ce livre, dit son éditeur enropéen, habite les praiincci de la Piatii depuis longues années ; il a donc pu en tracer llibtoin d'une main ferme et assurée. Mais i cela ne s'est pas bornée sa ttehs.
LA PLATA. fi95
ilève de rÊoole Biilitaira de Belgique, il a pu utiliser les fortes études de sa jeunesse à la recherche fie toul c<^ quI Fiput iatéraiatr l'Europe touchant le commerce, Tindustrie, Ta^riculture et la minéralogie de ces contrées, et il Ta fait avec un soin scrupuleux.... »
L'ouvrage se partage en c)nq chî^pitres, où spqt ^ucpiu^ivement exposés l'histoire de fa Confédération Argentine, — la géographie, le commerce et ^industrie. ->le droit public international, — la situation financière, — les données réUlivea à la eelonisation européenne. Toutes les pièces et les documents officiels sont réunis dans un appendice.
224. Santiago ARGOf, ta Plata, étude biitorique. Paris, 1866, in-8,
225. Ch, BpcK-BERNAJiD, ancien directeur de la colonie dç ^an Carlos. La République Argentine, Paris, 1865, in-18«
226. £m. Mouchez, capitaine de frégate. Nouveau Manuel 4e 1& natigation dans le Rio de la Plata, d'après les documents frfiuçais et espagnols réuuis par MU . BoucAayTi H^utoni^qt 49 vaisseau, Lobo et Ruidàvets, officiers de la marine espa^iiolf. et les travaux les plus récents. Paris, 1865, in-8, xvi-226 pages. (Publications du Dépét de la marine).
227. D' B. ScHNBPP. Mission scientifique dans l'Amérique du Sud. Paris, 1864, i|i-8, 100 pages.
(Étude pbysiqiif!, éwf^m^'à et climatelogique).
228. D' V. Martin db Movsst. Coup d'œil historique sur IMntroduction et raceliinatailou des aqimaui domestiques du viens continent, et principalement du bœuf, dans les pays du l\io df la Plata. Paris, 1865, in-8.
229. Du mên^e. Les dissensions des républiques de la Plf^t^j et Iq^ machinations du Brésil. Paris, 1855, in-8, avec une parte.
230. J* HuTCBiNSON, british consul for Rosarip, Détails of a «fQHrQty through part of the Salado Valley, and across some of the Argentine Provinces. Journal of the Roy. Oêogr. <oc., vol. XXXIV, 186^ p. 226-2^5. Map.
Cç m^o;r^ contient la suliaUnce dq voluipe sqivaiit.
231. Du m^'me. Buenos Ayres and Argentine Cleaningsj with uh tracts from a Diary of Sajado exploration , |862 a|i4 |f63. London, 1865, in-8, wilh Maps and illustrations.
L'auteur était connu depuis longtemps comme un bon et piquant observateur, par trois intéressants volumes sur les pays riverains du golfe de Bénin.
232. A. Leverger. Itinéraire de la navigation delà rivière Paraguay, depuis Tembouchure du San-Laurenço jusqu'au Parana. Traduit
296 AMÉRIQUE DU SUD. (n** 223-234)
du brésilien par le D' A. Moure (fin). BulleHn de la Société de Géogr.y féyr. 1865, p. 120-142.
Voir le précédent volame de VAnnée, p. 307, n* S55.
233. L.-Alfr. Dbmersàt. Histoire physique, économique et politique du Paraguay et des établissements des Jésuites. Paris, 1865, in-8, 484 pages (t. II. Hachette).
234. Du même. Fraginents d*un voyage au Paraguay, 1844-47. Le Tour du monde, n* 283, juin 1865, p. 337-352.
L'important oavrage de M. Demersay sur le Paraguay mérite de nous arrêter un moment.
Dans le premier volume, après un aperçu de ses courses personnelles dans le pays, l'auteur avait donné une description physique et ethnographique du Paraguay. La question des limites, source d'interminables contestations et cause première de la guerre actuelle, y est amplement eiposée, et un appendice spécial contient la description da Grand Ghaco, territoire contesté. Le volume actuel est divisé en deux parties : l'une consacrée à Tagricnlture, à rindustrie et au commerce ; Tautre à l'histoire civile et territoriale. M. Demersay, dans cette dernière section, s'attache à bire connaître la domination du D' Francîa, de sombre mémoire, qui eut Fart de maintenir jusqu'à la fin le Paraguay sous le joug du plus capricieux despotisme. Vient ensuite le récit des événements peu connus qui ont suivi la mort du farouche docteur, et {^'histoire de la présidence du D' Carlos Lopez, mort en 1862 dans l'exercice redoutable des prérogatives sans limites que lui avaient confiées les dociles représentants de la nation.
Une quatrième et dernière partie contiendra l'histoire et le tableau détaillé des missions des Jésuites.
BRÉSIL. i97
235. J. M. Pbrbiiia da Silya. Situation sociale, politique et économique de l'empire du Brésil. Paris» 1865, in-18, 252 pages.
236. D' José Yibiha Gouto db Maoalbabs. Ezploraçao de rio Ararguaya. Rio de Janeiro, 1864, petit in-4.
237. Emm. Liais. Explorations scientifiques du Brésil. Hydrographie du haut San Francisco et du rio das Velhas , ou résultats, au point de vue hydrographique, d'un ?oyage effectué dans la province de Minas Geraes. Ouvrage publié par ordre du gouvernement impérial du Brésil et accompagné de cartes levées par l'auteur, avec la collaboration de MM. Eduardo José de Moraes et Ladislas de Souza Mello Netto. Paris, 1865, in-folio mai*, 27 pages de texte, avec 20 cartes.
L'atlas .se compose de la carte générale do eonrs supérieur do San Francisco, à partir do confluent do rio das Velhas, et dn coors de ce dernier affluent, avec le détail de ces deox rivières, en 19 feuilles. La Mésopotamie formée par le San Francisco et le rio das Velhas occope à peu près le huitième de la province de Minas Geraes ; elle est comprise en latitude entre 17* U' — 20* environ, et en longitude entre 1* 20' — 3« 15' à ro. du méridien de Rio de Janeiro. (Rio de Janeiro, d'après les observations de M. Liais, est par 43<* S' S8" S5 O.de Oreenw. — 45* 33' 48" 30 0. de Paris.) Le texte décrit en détail le régime des deux rivières.
238. Emm. Liais, astronome de l'Observatoire impérial de Paris. L'espace céleste et la nature tropicale; description physique de l'univers, d'après des observationa personnelles faites dans les deux hémisphères. Préface de M. Babinet ; dessins de Yan' Dargent. Paris, 1865, grand in-8, xn-606 pages, avec un grand nombre d'illustrations.
Ce bel ouvrage est i la fois un traité d'astronomie populaire et de cosmographie, et une relation de voyage ; c'est pendant la mission de l'auteur au Brésil (dont la publication, enregistrée sons le numéro précédent, a été le résultat direct) qu'ont été faites la plupart des observations astronomiques et physiques dont le volume actoel est en grande partie le développement
239. Woldemar Sghdltz. Geographisches Material aus den Brasilianischen SQdprovinzen. Mitikeikmgen de Petermann, 1865, n»4,p. 128-181.
298 AMÉRIQUE DU SUD. (iT^ 235-243)
Durant un voyage de quinze mois dans les provinces brésiliennes de Sko Pedro de Rio Grande do Sul, de Santa Cathârina et de Parana, on dos jtrincipaux objets ()c recherches que s'était proposé M. Schaltx fut do n'Uiiir li'S t'Iéinciits d'nne carte de ces provinces, en les complétant par lies relt^v/'^t porsonncls. Le résultat principal de ce traTail a été li carte t* nre^istrt'-*' ci-dessous ; les éléments astronomiques, hypsométriqiios et planimétriqucs en sont réunis dans la note actuelle.
— Mappa (la Provincia de Santa Catharina do impcrio do Brasil coin as partes adjacentes das provincias do Parana e de Sfto Pc(lro do Rio Grande do Sul, tragado e deseohado, por W. ScHULTZ, 0 completadû çom os novos trabalhos feitos pâo mesmo c seu companheiro o Barâo 0*Byrn, durante as excursûes que fixeram nos annos 1869 e 186Û. Dreida, 1863. t feuille (aulOOOOOO').
240. W'old. ScHULTz. Einige Andeulungen Ûber gleiohe L^bensweise, Sitten und Gebrauche der Urbewohoer des oentralen Sûdamerika. Zeitschrift fur allgemeimi Srdkundêy 1865« n*146, aug., p. 81-97.
Morceau instructif d'ethnographie brésilienne. M. Schnltx a misa contribution et cite un grand nombre de reUtiuni et aatrea doaoments anciens et modernes.
341. Antonio Carlos de Mariz b Barros, commandant da corvette. Voyage de la corvette brésilienne Belnumte dans les Aniazones, en 18G2; traduit du portugais par M. Le Neveu. 4Hnqlf^ hifdra. graphiques^ 1865, 2' trim., p. 296-329.
242. H. W. Bâtes. On the delta of thc Amazons. 1%g Meader, \" oct. 1864, p, 422-423.
Note lue i la dernière réunion (i Bath, IS64) de l'AMoeiatloD britannique pour ravancement de la science.
243. Rcvista trimcnsal do Instituto historico, geographioo e ethnograpbico do Brasil. T. XXVII. Rio de Janeiro, 1865, S* et 4* trimestres. *
$ 1. Voyage scientifique de M. Liais au Brésil. Le Ciel, la Natnre
et l'Homme.
Il D'y a jusqu'à présent cpe deux pays dans rAmërique du Sud où les études scientifîqueji soient sërieiiflenmt encouragées : la république du Chili et Ten^pire dn 3Nnl; encore faut-il bien remarquer que c'est une ooltara étrangère plutôt qu'indigène. Nous ne doutons pas que cette
culture ne doive pénétrer dans le sol et y pousser des jets vigoureux; mais jusqu'à présent c'est à des étrangers, à de| Européens, que sont dus la plupart des grands travaui scientifiques dont le Brésil et le Chili s'honorent à juste titre,
C'est au développement de l'éducation nationale à amener ce résultat, déjà bien préparé. Nous avons vu oe qu'elle est au Chili ; le Brésil également marche dans une bonne voie. Tous ceux qui l'ont vu depuis vingt ans lui rendent ce té* moignage, sur lequel nul n'est plus explicite que notre savant compatriote M. Emmanuel Liais. Tout en reprochant au caractère brésilien une réserve excessive à l'égard des étrangers, M. Liais ne doute pas que la facilité actuelle des communications avec l'Europe, et les fréquents voyages des familles brésiliennes en France ou en d'autres pays, n'éteigne graduellement ce qu'il y a d'exagéré dans le sentiment d'orgueil national que là comme ailleurs l'isolement développe. Au total, les mœurs et les habitudes de la société ne diffèrent guère de ce qu'elles sont dans tous les pays civilisés. Les anciens usages coloniaux vont disparaissant de plus en plus. « Le sentiment de la famille est très-développé, et le goût de l'instruction est répandu. On y insiste moins qu'en France sur 1q grec et le latin ; mais en revanche les langues vivantes font partie de l'instructioB générale des deux sexes, et chez les hommes on trouy^ que les connaissances scientifiques sont plus généralisées que chez nous. L'état du pays ne peut être comparé encore à celui des trois ou quatre natious de l'Europe qui sont à la tête du progrès ; mais il est évident que la manière dont les connaissances scientifiques se sont déjà étendues présage que le Brésil doit prendre sous peu un rang important dans le mouvement général de l'intelligence. L'empereup s'occupe lui-même très- sérieusement du développement intellectuel de la nation, en même temps que du bien-être matériel. »
300 AMÉRIQUE DU SUD. {vT* 235-243)
L'ouvrage de M. Liais, que nous venons de citçr(n* 238), par la forme comme par le fond sort de la ligne ordinaire des récits de voyage. A en juger par le titre, ce serait un traité d'astronomie physique ou de cosmographie; mais Tauteur, et nous l'en félicitons, n'a pas voulu refaire l'admirable livre de M. 6uillemin% et d'un autre côté le tableau vivant de la nature des tropiques, et celui de l'homme lui-même et de ses œuvres,; n'occupent guère moins de place que la contemplation du ciel et* l'exposé de ses phénomènes dans les pages chaleureusement écrites de ce remarquable ouvrage. Dire que c'est un voyage astronomique nous rapprocherait davantage de la nature du Uvre, sans en donner pourtant une idée sut'fisaote. Mais qu'importe la classification ? M. Liais a écrit un livre vivant, attachant, instructif, un livre qui reçoit de cette alternative même d'études scientifiques et d'impressions personnelles un charme singulier ; que chercher de plus? Je rends ici mon impression ; voici ce que l'auteur lui-même dit de son livre : « L'ouvrage que je publie aujourd'hui est nn traité d'astronomie physique, écrit, pour ainsi dire, l'œil au télescope et au milieu d'un voyage dans l'Amérique du Sud. Gomme l'indique le titre, je n'ai pas cru devoir séparer de la description des corps célestes celle de mon observatoire, qui n'était autre que la riche nature équatoriale au milieu de laquelle j'exécutais mes recherches, et dont j'ai essayé de faire comprendre le caractère. »
Quelques pages de M. Babinet qu'on a mises en tête du volume font connaître l'origine de la relation, et en expli« quent le caractère complexe.
M. Liais, en 1858, avait demandé d'être détaché de l'Observatoire de Paris, où il avait fait pendant quatre ans de nombreuses observations et d'importants travaux d'astronomie. Arrivé au Brésil, où Tattenâait une éclipse totale de soleil, il