‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 290 sur 368 · Voir notre précédent volume, p · texte numérisé non relu

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trouva dans le souverain de ce vaste empire un amateur zélé des sciences^ et qui pouvait lui-même mériter le titre de savant plutôt que d'amateur couronné. M. Liais fut et est encore attaché aux travaux géographiques du Brésil, sans cependant avoir renoncé à sa nationalité française. On lui doit Thydrographie de l'immeuse fleuve du San Francisco ' ; il a aussi travaillé à l'hydrographie marine. Sa* femme, artiste et vaillante, Ta suivi dans ses explorations au travers de toutes les fatigues imaginables, dans des régions presque désertes, sans routes, sans voitures, au travers des forêts vierges, et le crayon à la main à toutes les stations. Elle a payé de sa santé ce dévouement au-dessus de ses forces.

On a^ coDservé le souvenir de Bouguer, La Gondamine et Godin, envoyés au Pérou pour déterminer la figure de la terre, M. Liais a exploré la partie sud de Téquateur, et, fort d'une science perfectionnée et d'un séjour prolongé, il a fait infiniment mieux que ses prédécesseurs, qui n'avaient pas, comme lui, résidé à poste fixe dans les contrées équatoriales. L'empire du Brésil, qui dépasse des deux côtés Pespace compris entre réquateur et le tropique méridional, lui offrait un vaste champ d'explorations, auxquelles son activité n'a point fait défaut; ses descriptions indiquent un naturaliste exercé, qui observe avec avidité et qui écrit avec passion.

On n'imagine pas ce qu'il faut d'énergie à un voyageur fatigué d'une longue course pour se refuser au sommeil et au repos, pour se mettre au télescope toute la nuit, ou tenir la plume plusieurs heures. Il est, comme on dit, des grâces d'état; l'état d'explorateurs sérieux eu a fort peu.

J'ai plusieurs fois décrit les sensations heureuses qu'éprouve un artiste au milieu d'une belle nature, un physicien au milieu de la scène sans cesse variée des météores, un astronome sondant le ciel, un géographe fixant la position exacte des rivages, des fleuves, des montagnes et des lieux habités. C'est une des mille formes de ce noble élément de l'âme humaine, la scrif de la vérité.

Qui des deux offre le plus d'intérêt, le spectacle des montagnes ou celui de la mer ? Question indécise. L'ouvrage de M. Liais nous initie à un troisième point de vue, les forêts tropicales, avec cette vie végétale que le soleil semble verser avec ses rayons perpendiculaires; les forêts vierges où le sol

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