‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 299 sur 368 · Moniteur dvL 10 août, p · texte numérisé non relu

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2. On sait qu'il n'en est pas de môme en France ni en Angleterre. En Franco, la littérature, rôrudition, les beaux-arts, les sciences naturelles et mathématiques et les sciences morales, sont représentés par cinq académies distinctes dont la réunion forme l'Institut ; TAngle* terre a deux académies, la Société de Littérature pour les sciences d'érudition, et la Société Royale pour les sciences physiques et mathématiques. •

MEXIQUE. c'2b

des morceaux historiques et géographiques des deux der« niers volumes.

Avant de quitter -ce sujet de l'état physique et moral du peuple mexicain, il nous est impossible de ne pas citer une page de M. J. Ampère (le philologue et le voyageur célèbre que la science a perdu il y a trois ans) que le hasard met sous nos yeux en ce moment mème^ tant cette impression d'un homme que certes Ton n'accusera pas de mauvais vouloir vis-à-vis d'une république américaine, fait vivement ressortir la situation sociale et politique qui a déterminé la régénération actuelle. La lettre que nous transcrivons se lit au n** du 15 septeoibre 1853 de la Revue des Deux-Mondes :

Rien ne peut approcher de la désorganisation de cette société. Les Mexicains ont adopté une constitution modelée sur celle des États-Unis, ce qui est très-déraisonnable, car rien ne se ressemble moins que les citoyens des États-Unis et les habitants du Mexique. La masse de la population est indienne, et la population d'origine espagnole n'a nullement cette énergie, cette activité, cette habitude de compter sur soi-même, sans laquelle la république n'est pas possible. De plus, chaque État est à peu près indépendant, de sorte qu'il n'y a nulle autorité dans le gouvernement, nulle union dans le pays. Deux généraux viennent de déclarer de leur chef la franchise de deux ports situés dans les provinces où ils commandent. Le journal qui relate ce fait y ajoute une réflexion trop vraie : « Rien n'est dans son centre, tout est détraqué (desquisiado)^ei notre existence politique est un phénomène effrayant. » Là où personne n'obéit, l'impôt rentre mal ou est gaspillé par Tadministration. Ce qu'il y a de certain^ c'est que les finances mexicaines ne sont pas florissantes. Le président Arista, dans son dernier discours aux Chambres, a prononcé ces propres paroles ; Vétat du trésor est véritablement misérable. — Cela n'est point déguisé, et le président confirme la vérité de son assertion en établissant un déficit égal à la cinquième partie du revenu, et en déclarant qu'une partie des fonctionnaires n'est plus payée. Personne ici n'a le sentiment qu'un tel état de choses puisse durer. La crise financière précipitera la dislocation inévitable de l'État. On m'assure que le gouvernement mexicain a vécu jusqu'ici sur les 15 millions de dollars que les

Ëtats-Unis ont donnés au Mexique en indemnité des provinces qu'ils lui avaient prises. Cette somme a été soldée par quartiers; les derniers sont échus tout récemment, et le Mexique est ruiné depuis qu'il n'a plus à dépenser l'argent de ses vainqueurs. Il lui faudrait une^seconde invasion pour rétablir ses finances; mais cette fois les Ëtats-Uuis prendraient tout et ne payeraient rien.

Le Mexique semble un condamné à mort qui a obtenu un répit d'une durée indéterminée; le répit ne saurait être bien long. Cette conviction est daus tous les espritSi et j'ai licu d*étre certain qu'un personnage très-haut placé a exprimé dans la conversation le désir que la France ou l'Angleterre voulût bien s'emparer du Mexique, afin que sou paya échappe aux Ëtats-Unis. Si les Ëtats-Unis ont d'ici à quelque temps autre chose à faire, que deviendra jusque-là ce beau et malheureux pays, le plus beau, le plus riche en productions de tous genres qui soit au monde, le seul qui réunisse les métaux précieux aux productions végétales des climats tropicaux et des climats tempérés? Cependant on sent qu'il va mourir, parce qu'il ne peut pas vivre.

S 3. La carte du Mexique.

La Société de géographie mexicaine a aussi réuni les éléments d'une carte générale du Mexique, pour laquelle il ne parait pas qu'on ait beaucoup ajouté aux bases scientifiques posées, il y a soixante-deux ans, par Alexandre de Humboldt. Cette carte est restée manuscrite* ; mais elle a été mise à profit par M. Garcia y Cubas pour sa belle carte en quatre feuilles de 1864, qui reste quant à présent le dernier mot de la cartographie mexicaine '• Les opérations de notre corps d'expédition, et les nombreux relèvements militaires qui en ont été la suite, fourniront de riches ma-

1. Voir uotro Rapport ù la Commission scientifique du Mexique sur l'étal acluel de la géographie mexicaine, p. 24 du tirage à part, 186ô vCi-(iessus, \i" 267).

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