Voir le précédent volume de notre Année, p. 292, n^aSô
tériaux pour la conslruotion d'une carte nouvelle. De regreltables raisons d'économie ont fait retrancher ce travail de ceux qui étaient originairement assignés à la ûommihsion scientifique instituée à Paris au mois de février 1864; mais on aura du moins la carte que construisent en ce moment les dessinateurs du Dépôt delà guerre. Cette carte s'appuiera, indépendamment des données astronomiques et hypsométriques que nous avons réunies dans le rapport que nous citions tout à l'heure, sur un précieux canevas qui s'exécute à Mexico même par les soins du chef d'état-major de notre armée, et où sont rapportés tous les relevés de nos officiers du génie. Les observations des voyageurs qui parcourent diverses parties du Mexique avec les instructions de la Commission scientifique de Paris viendront s'ajouter k ces nouveaux matériaux ; dès à présent nous pouvons liguj^er la grande et belle coupe du pays compris entre la Y^ra Cruz et Mexico, transmise par deux des voyageurs de la Commission, MM. de Montserrat 0t Auguste Dollfus, et que Ton peut voir au premier cahier du tome II des Archives de la Commission. Nous citerions encore un long rapport de M . Tabbé Brasseur de Bourbourg sur ses premières recherches dans le Yucatan (rapport inséré au ipême cahier des Archives), si le savant voyageur ne s'y était pas renfermé dans les nuageuses traditions où se perdent les origines de ces pays sans histoire, traditions qui entraînent trop aisément les imaginations excitées à des rapprochements et à des hypothèses que n'admet pi^s la froide critique.
s 4. Ethnologie mexicaine. La géographie des langaes da |tfeziqu«
de M. Orozco y Berra.
L'ethnologie mexicaine a été depuis deux ans au Mexique Tobjeldedeux ouvrages considérables: le tableau descriptif des langues indigènes de M. Pimentel (ci-dessus, n"" 262)
328 AMÉRIQUE DU NORD. (£i~ 259-272)
et la Géographie des langues du Mexique de M. Orozco y Barra {b? 261). L'ouvrage de M. Pimentel, dont il a paru deux volumes, se compose d'une suite de notices et d'e^ quisses grammaticales sur les principaux idiomes qui se parlent au Mexique, mais sans vues d'ensemble (au moins quant à présent) ni essai de classification ; beaucoup plus intéressant sous ce rapport, celui de M. Orozco y Berra concentre les données acquises sur la parenté et la ramification des langues mexicaines (données qui ne sont trop souvent que des hypothèses), et y ajoute une classification par provinces et districts. C'est ce dernier travail, dont les résultats sont clairement représentés sur une grande carte ethnographique, qui fait la nouveauté et l'importance de la publication de M. Orozco y Berra ; malgré les lacunes et les incertitudes qu'on y peut encore regretter sur bien des points, l'ouvrage restera comme un très-utile compendium ot un excellent point de départ. La géographie des langues mexicaines était un sujet à peine abordé.
Un Mexicain pouvait seul entreprendre un tel travail, car c'est seulement au Mexique qu'on en pouvait trouver les éléments. Les sources que M. Orozco y Berra a consultées sont nombreuses et en grande partie inédites. Ge sont des notices locales transmises par les évêques ou par les agents du gouvernement ; c'est surtout la riche bibliothèque de don José Fernando Bamirez (aujourd'hui président de la nouvelle académie de Mexico); c'est encore la préciense collection de manuscrits formée par M. Garcia Icazbalceta, éditeur d'un précieux Becueil de documents inédits relatifis à l'histoire du Mexique, et un grand nombre d'autres matériaux manuscrits et imprimes fournis par diverses collections particulières.
Cette masse de documents, l'auteur l'a mise en œuvre avec un zèle et une persévérance que des circonstances souvent très-difficiles n'ont pu ralentir. Il ne faut pas, du reste, se méprendre sur le caractère de l'ouvrage* M. Orozco