EGYPTE. — M. DE ROUGÉ
ôre monumentale dont la grandeur et la fécondité sont signalées depuis longtemps. Les nouvelles fouilles sont très-riches en monuments de cette belle époque. Les premières construc* tiens importantes que nous ayons rencontrées à Tams (ou Avaris, car nous croyons que ces deux noms appartiennent à la môme ville) sont l'ouvrage d' Ouswtasm l^'^ et tous ses successeurs ont continué son œuvre, comme l'atteste la série de nos inscriptions. Nous avons relevé avec soin les légendes qui accompagnent les belles statues de cette dynastie, tandis que la photographie en prenait l'image. On remarquera particulièrement, pour la finesse des traits et l'ajustement de la coiffure, deux statues en diorite représentant la reine Nofre. Quant au colosse du roi Ousertasen I*', c'est un de ces chefs-d'œuvre que nos musées, trop négligents de leurs intérêts pendant de longues années, envieront maintenant au musée du Caire. Un fragment très-célèbre du colosse qui lui servait de pendant à Tanis, et qui est possédé par le musée de Berlin, peut donner aux archéologues une idée exacte de la valeur de ce morceau.
Nous avons étudié et également fait photographier un autre colosse du même roi à Abydos, où la douzième dynastie a laissé de nombreux souvenirs. Cette localité a fourni au musée du Caire une riche série d'inscriptions du même temps que nous avons pu entièrement copier ou photographier. C'est au nord de la plaine d' Abydos que M. Mariette a retrouvé, sous une triple couche de ruines, les restes de l'enceinte du plus ancien temple d'Osiris ; contre cette enceinte aujourd'hui si profondément enfouie, une série de stèles officielles attestait les visites successives des souverains, jaloux de rendre leurs hommages au vieux sanctuaire. Mais la plupart de ces textes tombent en poussière au contact de l'air. Nous avons disputé à la main du temps tout ce qu'il nous a été possible de lui arracher et nous avons copié tout ce qu'une étude attentive et répétée nous a permis d'en saisir, malgré les lacunes qui interrompent à chaque instant les récits.
La douzième dynastie a laissé partout des traces de son pouvoir, depuis la Basse-Egypte jusqu'au fond de TÉthiopie, depuis le-Fayoun jusqu'à la presqu'île de Sinaï. On savait, par l'étude de quelques débris, qu'Ousertasen I" avait construit à Thèbes un premier sanctuaire, détruit à une époque restée inconnue. Une inscription récemment déterrée à Kamak m'a démontré du moins que ce sanctuaire n'avait pas été renversé du temps des rois Pasteurs. Objet d'une respectueuse sollicitude de la part
des Pharaons, il avait été soigneusement réparé, sous la vingtième dynastie, par le grand prêtre Amen-Hotep, ce qui nous prouve qu'il avait dû' être pris en considération dans le plan général des grands travaux exécutés plus tard à Karnak par les Toutmès et les Aménophis.
Les moindres documents historiques appartenant aux dynasties suivantes méritaient particulièrement notre attention. Suivant un système soutenu par divers savants et qui s'appuie sur l'autorité du nom de M. Lepsius, Tinvasion des Pasteurs serait venue interrompre la série des Pharaons nationaux aussitôt après la douzième dynastie. Nous avons recueilli à Âbydos et sur les rochers des lies voisines de la première cataracte des souvenirs nombreux de la famille des Sevek-Hotep, qui ap- ' partiennent à la treizième. Mais ces renseignements, très-utiles à tout autre point de vue, ne décidaient rien quant à la question que je viens de signaler; car l'occupation de la basse Egypte par les Pasteurs, et leurs incursions, si désastreuses qu'on les suppose, auraient pu ne pas interrompre absolument la série monumentale dans la haute Egypte. Mais à Tanis, il en est tout autrement : dans cette ville, véritable boulevard de la frontière du côté de la Palestine et oii nous allons tout à rheure signaler le siège même de la puissance des rois pasleurs, Sevek-Hotep III, le qi^atrième roi de la treizième dynastie, dressait encore ses colosses de granit; on y remarque également une belle figure colossale d'un pharaon nommé Mour- MaschaUj et dont les cartouches se lisent, dans la célèbre liste royale du Papyrus de Turin, parmi les souverains de la même famille. Assurément les Pasteurs n'avaient pas encore passé la frontière au moment où les images de ces Pharaons étaient érigées paisiblement à Tanis pour y attester leur domination.
J'ai déjà expliqué, dans une communication envoyée à TAcadémie des mscriptions et publiée pendant mon voyage, les faits nouveaux qui attestent à Tanis rétablissement de ces envahisseurs venus d'Asie, que la tradition nommait les Pasteurs ou les Hyksos^ et les emprunts qu'ils firent aux arts égyptiens. M. Mariette prépare d'ailleurs un mémoire spécial sur ies questions si curieuses que soulèvent ces monuments nouveaux; l'habile archéologue y retracera d'une manière complète tout ce que les fouilles nous ont appris sur les relations de l'JÉgypte avec ses oppresseurs, relations qui ne jettent pas moins de jour sur l'état antique des peuples dits sémitiques que sur celai de
l'Egypte vers le dix-huitième siècle avant notre ère. Je me bornerai donc à mentionner ici les belles photographies prises à San par M. de Banville, et dans lesquelles le style mixte de ces curieux monuments pourra être étudié comme sur le vif.
L'expulsion des Pasteurs marque le commencement de ce qu'on appelle le second empire égyptien ; il s'ouvre par l'époque des grandes conquêtes qui établirent pendant plusieurs siècles la supériorité de l'Egypte. Nous ne sommes pas encore dans le domaine d'une exacte chronologie, mais la différence entre les résultats des divers calculs est déjà singulièrement diminuée ; cette ère s'ouvrirait, suivant les uns au dix-huitième siècle, suivant les autres au seizième siècle avant J.-G. Ici notre travail le plus ardu ne consistait pas à rechercher des textes nouveaux; les nombreuses pages historiques, gravées sur les monuments et déjà publiées, avaient besoin d'être collationnées soigneusement sur place, et nous avons dû employer un temps considérable à cette minutieuse vérification à Assouân, à Silsilis, à £1-Kab, à Karnak, à Louqsor, à Médinet-Habou, etc., etc. Nos recherches ont souvent été payées par d'heureuses additions ou par des corrections importantes aux textes devenus classiques dans la science. La difficulté de copier avec exactitude certaines inscriptions hiéroglyphiques ne peut être bien comprise que par ceux qui ont eu le courage de passer de longues heures à disputer un texte à des surfaces à moitié détruites par l'action du temps. Là où nous avons employé fructueusement des journées entières, d'autres yeux plus perçants, et travaillant peut-être dans d'autres conditions de lumière, retrouveront encore après nous de quoi payer leurs efforts. • Lesmonuments de la dix-huitième et de la dix-neuvième dynastie ont d'ailleurs fourni un large contingent de textes nouveaux , laissant de côté les inscriptions secondaires, qui nous aideront à compléter l'histoire de cette époque, je signalerai plus particulièrement à l'attention le commencement du poème historique sur les campagnes de Ramsès II (Sésostris). Ce morceau, si important au doublepoint de vue de l'hisloire et de la littérature, était déjà connu par le Papyrus Sallier dont j'ai donné la traduction il y a plusieurs années ; mais les premières pages de ce manuscrit étaient perdues, et le texte commençait au milieu d'une phrase. GhampoUion avait déjà signalé des débris dii même récit sur la muraille extérieure du temple de Karnak ; j'en ai reconnu également un autre exemplaire sur le premier
pylône de Louqsor, mais il était profondément enfoui précisément derrière la place primitive de notre obélisque de la place de la Concorde. Les fouilles entreprises sous nos yeux ont mis au jour tout ce qui subsistait encore, sur les deux murailles, du commencement de cet admirable document. En complétant Pun par l'autre les débris conservés à Karnak et à Louqsor, on peut affirmer que Tœuvre du poôte égyptien, qui avait été ainsi jugée digne d'être inscrite sur les beaux temples de Thèbes, nous sera rendue presque en totalité.
Nous rapportons également des textes inédits et très-intéressants relatifs à une autre phase de l'histoire égyptienne, qui se développe vers le quatorzième siècle avant notre ère. A cette époque, des noms inconnus jusque- ià apparaissent parmi les peuples rivaux de l'Egypte ; ils appartiennent en grande partie à la race blanche que les Égyptiens nommaient Tamahou. Les uns occupaient alors une partie du littoral africain, les autres habitaient les lies et les côtes de la Méditerranée. Leur première attaque eut lieu sous le règne de Menephthah, fils de Ramsès II ; elle se présente avec le caractère tout décidé d'une invasion. L'Egypte eut à défendre ses propres foyers ; une in* scription, composée de soixante- dix -sept colonnes d'hiéroglyphes, et mise au jour par nos fouilles, ajoutera beaucoup à nos connaissances sur ces peuples et sur la guerre terrible que l'Egypte soutint contre eux.
Ce sont les mômes ennemis, augmentés toutefois d'alliés nouveaux et appartenant aux mômes races, que nous retrouvons sous Ramsès III, à Medinet-Habou. Les fouilles de cet ad*' mirable édifice ne sont pas encore terminées, et plusieurs grandes pages historiques sont enfouies presque jusqu'au sommet. J'ai pu néanmoins copier ou saisir par la photographie de longues inscriptions inédites et se rapportant à l'histoire de ce temps. Il est impossible que l'étude de ces documents ne jette pas un jour inattendu sur les populations primitives de l'Archipel, et peut-ôtre sur les races pélasgiques auxquelles semble avoir appartenu l'empire de la mer avant le développement de la puissance phénicienne.
Je passe rapidement sur les faits nouveaux relatifs aux dernières périodes de l'histoire des Pharaons, malgré les nombreuses inscriptions qui s'y rapportent, et qui complètent, éclaircissent ou rectifient nos connaissances historiques. C'est ainsi que la vingt-et-unième dynastie de Manéthon, qui était à peu près inconnue sur les monuments, a retrouvé son ohef
Smêndéê et plusieurs de ses rois dans les fouilles de Tanis* G^est ainsi que Torigine et les progrès de la puissance des rois éthiopiens, qui envahirent l'Egypte au huitième siècle avant Jésus- Christ, ont reçu de grands éclaircissements par les inscriptions découvertes à Gehel-Barkal ; mais je me hÂte de terminer cette énumération.
Si nous descendons maintenant au temps de la domination grecque, on pourrait craindre que les monuments mis au jour par les fouilles du gouvernement égyptien fussent moins riches en curieuses révélations. Mais on est promptement rassuré aussitôt qu'on a parcouru le temple d'Edfou (sorti entier et comme tout vivant des décombres qui Pavaient enseveli), qui résume tous les temples ptolémaïques et qui pourrait presque les remplacer à lui seul.
La première impression, qu'éprouve l'archéologuo en abordant Pétude de ces longues murailles toutes couvertes de tableauz et d'inscriptions finement gravées, c'est le sentiment de son impuissance. Il faut choisir et se borner, sous peine de voir le temps s'écouler et le travail grandir devant soi à chaque fois que l'examen devient plus atte^ntif. Nous avons copié, copié sans relâche, pendant que la photographie multipliait ses épreuves partout où le jour éclairait suffisamment la gravure des tableaux et des inscriptions choisies. Ëdfou est le véritable répertoire de la mythologie égyptienne. Sans doute le génie grec se sera fait jour dans quelque détail, mais le fond de la religion antique n'est pas sensiblement altéré ; tout au plus pourra-t-on attribuer à l'esprit nouveau un développement inusité des mythes. Si l'on en excepte les hymnes funéraires, les textes religieux d'une certaine étendue sont extrêmement rares sur les monuments pharaoniques ; nous n'avions rencontré de développements analogues à ceux d'Ëdfou que dans le seul temple d'Abydos, construit par Séti I, et où nous avons recueilli des hymnes très-importants. Edfou reste donc extrêmement précieux sous ce rapport ; comparées aux représentations de Philœ, qu'elles complètent, les figures et les légendes de co temple forment un sujet d'études inépuisables dans le domaine de la religion égyptienne : nous en rapportons une énorme série d'inscriptions inédites.
Les soubassements des diverses parties du temple présentaient également un sujet d'études attachant pour nous. Leur décoration se compose de véritables traités de géographie conçus dans l'esprit du temps et dont voici le programme invariable : le
souverain offre ses hommages aux dieux du temple, auxquels il est censé amener et présenter toutes les régions de son empire. Dans les listes les plus étendues, chaque province est escortée de ses villes principales, dont les meilleurs produits sont souvent énoncés. D'autres séries de tableaux et d'inscriptions énumèrent les dieux vénérés dans chaque localité. Nous avons aussi complété la copie de ces précieux documents.
Je me suis moins arrêté aux derniers temples de style égyptien, construits du temps des Romaiss; ce n'est pas que Pétude n'en puisse être profitable, mais leurs inscriptions rebutent l'archéologue par leur tracé confus et le mauvais style des caractères, qui sont d'ailleurs souvent effacés ou difficiles à lire, parce qu'ils étaient gravés en relief sur des blocs de grès. Je citerai pourtant un souterrain découvert depuis peu de temps dans la partie méridionale du grand temple de Dendérah : la seule entrée était dissimulée par une pierre mobile et qui semblait faire partie de la décoration de la salle. Déplacée par hasard, elle donna accès dans une suite de couloirs et de petites chambres obscures, où peut-être s'accomplissaient les épreuves des initiations. Il est certain que, malgré l'état de dépendance où se trouvait alors le pays, on lit sur diverses portes de ce souterrain la défense d'y laisser pénétrer les profanes ; les Asiatiques et les Grecs eux-mêmes en sont exclus nominativement. Les représentations sont du reste analogues à celles qu'on voit dans les autres parties du temple. Nous en avons fait une étude suffisante, en copiant toutes les légendes qui accompagnent les tableaux religieux dont les parois sont couvertes sur une longueur de plus de 50 mètres.
Tels sont les principaux résultats de nos explorations. Elles se sont étendues depuis le site de Tanis jusqu'à l'Ile de Philœ; les fouilles dirigées par M. Mariette n'ont pas encore dépassé cette limite. Nous avions pu d'ailleurs nous convaincre par un premier aperçu, en remontant le Nil, que les trois mois qui nous restaient avant les chaleurs ne suffiraient pas à terminer la partie la plus essentielle de notre mission. Quand nous avons regagné le Caire, les symptômes de la fatigue commençaient aussi à se faire sentir et nous avertissaient qu'il fallait prudemment songer au retour, malgré le regret que nous éprouvions d'avoir laissé de côté plusieurs localités d'un haut intérêt. Si le climat d'Egypte est excellent pendant les mois d'hiver, il n'en est pas moins vrai qu'un travail intellectuel trop assidu y devient bientôt très-pénible, et qu'il laisse souvent des traces là-
cheuses dans TorganisatioD. On n'y dépasse pas impunément une certaine mesure. Cette première récolte était d'ailleurs tellement abondante, qu'une longue i^ie de travail ne suffirait pas à répuiser.
C'est un devoir pour moi, avant de terminer ce premier rapport, *de rendre hommage au zèle de mes compagnons de voyage, sans Taide desquels ma mission eût été bien incomplètement remplie. Ils n'ont jamais faibli devant les travaux incessants que nous imposait Tabondance des matériaux, et qui donnaient souvent à ce beau voyage une physionomie trop sévère. Je dois aussi des remerciements à M. Mariette, qui nous a si habilement guidés et qui a souvent secondé mon fils dans la pénible copie de longues inscriptions.
M. Wescher a déjà fait connaître à Votre Excellence les bons résultats qu'il a obtenus; la philologie et l'histoire y prouveront largement leur profit. Je ne puis que rendre le meilleur témoignage de son savoir et de son zèle pour la science ; le déchiffrement des graffiti si nombreux, relevé par lui dans les tombeaux de Bab-el-Molouk, sera cité particulièrement comme un chef-d'œuvre de patience et de sagacité. Quant à la collection des photographies exécutées par M. de Banville, elle a déjà réuni les suffrages des connaisseurs de cet art difficile. Il a su rendre les figures avec toutes les finesies du modelé, les vues des monuments avec les demi-teintes et la vérité de la perspective, et les inscriptions avec une netteté dont nous n'avions pas encore vu d'exemple dans les photographies rapportées d'Egypte. Artiste jaloux de la perfection, et toujours en quête du mieux, il a su approprier ses procédés aux variations de la chaleur et de la lumière, et à la nature même de chaque objet qu'il devait reproduire.
Ainsi secondés et sur un sol aussi riche encore, nos labeurs ne pouvaient pas être inféconds : nous avons la conscience d'avoir rempli fidèlement, et dans la mesure de nos forces, la mission qui nous était confiée, et nous espérons que la science y pourra longtemps puiser d'utiles renseignements.
J'aurai l'honneur de développer à Votre Excellence, dans un rapport plus détaillé, les faits nouveaux que la première étude de nos inscriptions m'aura successivement révélés. Ce premier aperçu de nos travaux aura pu faire comprendre à combien de questions intéressantes il faudra nécessairement toucher dans cet examen : questions ardues, insolubles jusqu'à nos jours, mais qu'il faut aborder résolument aujourd'hui, puisque la dé-
couverte immortelle de Ghampollion a mis les éléments de la discussion entre nos mains, et parce qu'elles 8*impo8ent à l'historien des temps antiques comme un des premiers sujets offerts à SCS méditations.
La lettre au secrétaire perpétuel de VÂcadëmie dés inscriptions complète ou développe sur plusieurs points ce remarquable Rapport. Cette lettre a trait spécialement aux fouilles de San, l'ancienne Tanis^ dans la Basse- Egypte.
Vous VOUS rappelez, dit Texplorateur, que Ghampollion a le premier signalé un groupe hiéroglyphique qui se trouve sur divers monuments de San comme représentant le nom égyptien de cette localité, qui est incontestablement la Tanis des Grecs. Plus tard, le papyrus Sallier n» l,m'a fourni la prononciation de ce groupe, Ha-uar^ et m'a appris en môme temps que cette ville était la résidence du roi pasteur Âpapi. Nous sommes donobien sur le sol de Ha-uar (Avaris) la capitale traditionnelle des Pasteurs. San {Tza'an) n'était autre chose que le nom sémitique de la même ville. Nous constatons en môme temps un fait de la plus haute importance pour l'ethnographie primitive, à savoir, que la divinité de ces envahisseurs (Sutex) était la môme que celle du peuple de Khet^ dominateur de la Syrie et de la Pales* tine pendant les siècles qui précèdent l'arrivée des Hébreux, et que ce dieu avait déjà son représentant dans le panthéon égyp* tien.
Nous ne répéterons pas ici les quelques observations que ridentificationdera/iûetd'iivart^nousasuggérëesdansnotre précédente inn^e (p. 83). Nous ne pouvonsnon plus nous ar^ réter aux suggestions historiques et chronologiques qui ressortenty pour M. de Rongé, de la vue des monuments exhumés du sol de Tanis. « Cette ville, dit le savant archéologue en terminant, remplirait à elle seule un musée ; ne vous éU>n«* nez pas qu'elle ait rempli cette lettre, en ne faisant qu'indiquer les principales conquêtes dues au zèle infatigable de M. Mariette. Il faut avoir été sur les fouilles elles-mémee, pour apprécier ce qu'il a fallu de sagacité, de couragt et de
persévérance indomptable, pour fournir à la science cette incomparable série de documents. »
En transmettant à l'Académie des sciences le plan trigonométrique de l'isthme de Suez, récemment exécuté par M. Larousse, directeur des travaux du canal (n* 25), M. Ferdinand de Lesseps fait remarquer que de ce document il résulte « que la différence de niveau entre la mer Rouge et la Méditerranée est réduite à un chiffre insignifiant. »
Je me fais un plaisir, en terminant cet aperçu des études qui se poursuivent dans la vallée du Nil, de restituer à un homme d'esprit et de talent la part dont je l'avais involontairement privé dans un livre dont j'ai parlé l'an dernier avec un juste éloge. En mentionnant l'agréable relation publiée sous ce titre, la Vallée du Nil, impressions et photographies (voir notre ^4 nnee précédente, p. 81), j'avais rappelé seulement le nom de M. Gammas; M, André Lefèvre, son collaborateur, réclame avec raison sa part d'honneur, et aussi de responsabilité.
« Je ne sais, nous écrit-il, si M. Gammas a eu connaissance de l'aimable page que vous lui consacrez dans votre Année géographique.Je me permets donc de vous remercier en son nom et un peu au mien ; car, si vous ne me nommez pas, l'appréciation que vous faites d'un livre qui est mien depuis la première lettre jusqu'à la dernière, a bien droit à mes remercîments. M. Gammas, il est vrai, a voyagé et observé avec esprit; il m'a transmis des matériaux nombreux ; mais le plan de l'ouvrage, la disposition de ses parties, les aperçus historiques, la rédaction entière enfin m'appartiennent. »