‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 335 sur 368 · WAL£S · texte numérisé non relu

WAL£S

d'uDe race qui a souffert. Les événemenls de l'hisloire ont été dars pour ce rameau de la famille celtique : comme un enfant dont la maison a été dâtruite et qui passe dans le sein d'une autre famille, les Welshes ont de bonne heure changé de maîtres et de patrie. La nature elle-même leur a fait de rudes présents; elle leur a donné le fer, La contrée est belle, mais quelle âpre lé dans lagran^deur! Les montagnes qui s'élèvent vers le nord ressemblent à des nuages figés en granit. Si la luoe a des paysages, ils doivent ressembler à ceui-là. Je ne connais que les sévères conquêtes de l'industrie qui puissent faire diversion h. cet ensemble de causes absorbantes. Dansjes cisleitdfixlaa, la voii des orateurs soulève plus d'une chaleureuse acclamation ;'mai5 ces bruits s'éieignent bientôt dans le vide, ainsi que les derniers échos d'une nationalité eipir&nte. La gloire militaire des Wal es n'est plus qu'un souvenir; leur poésie elle-même semble destinée à périr comme Ophélia, le raf on de la jeunesse et la couronne de fleurs sauvages sur la tâte. Dans les usines au contraire, où l'on nci s'enivre point des fictions du passé, quel changement! Le feu, l'eau, la- vapeur, les machines, les hommes, tout lutte, tout produit, tout vît. On a devant les yeux le grand spectacle d'une ancienne race, qui, sortant enfin des nuages d'une rêverie énervante, se régénère dans le travail et se rattache bravement au grand courant des sociétés modernes.

Pour peu qu'on interroge l'histoire, on est entraîné vers un autre ordre de réflexions. Le caractère des métaux n'a point été étranger à la nature des différentes époques. Les découvertes de l'or du quinzième au seizième siècle ont répondu aui besoins d'une société aristocratique. L'âge du ter est au contraire, par une curieuse coïncidence, l'âge de la démocratie. La moralité de ce dernier métal, si l'on pe ni s'exprimer ainsi, est du moins supérieuro k celle de lor : il n'allume point les convoitises des aventuriers, il n'a jamais dépeuplé les contrées .loin) aines ni traversé les mers teint du sang des indigènes. Transformé en outils, il apporte au travailleur des forces nouvelles; converii en machines, il centuple la production; allongé en rubans, il rë' doit les distances. Combien le bon marché des ustensiles de fer n'a-til pas depuis un demt-sièclé accru chez nos voisins le bien-être domestique! L'agriculture lui doit ses meilleurs progrès. C'est ce caractère d'utilité g^n^rale qui assure l'avenir aux iron-works. Les grandes industries sont aujourd'hui les industries populaires. Pareilles à ces chênes gigantesques dont

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les racines, selon l'expression de Humboldt, plongent vers le foyer central, elles vont puiser la sève et la chaleur dans les couches profondes de la société.

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