‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 34 sur 368 · SAHARA ALGÉRIEN · texte numérisé non relu

SAHARA ALGÉRIEN

n'est venae s'établir dans ses territoires actuels qu'à dater da omième siècle, c'est-à-dire à l'époque de la grande irruption des tribus arabes dans la contrée littorale. Des tribus notables souvent mentionnées avant cette époque aux environs de lac&te, ne se retrouvent plus que cheiles Touftreg. L'étude de ce peuple en reçoit un double intérêt. M. Henri Dnveyrier, plus que personne avant lui» fournit à cette élqde d'importants matériaux. U les a vus de près , il a vécu en quelque sorte de leur vie, et il a apporté dans son étude l'œil et l'esprit d'un boa observateur. Il a fait plus encore. Chargé de poursuivre avec les chefs de Gh'ât les négociations commerciales déjà entamées deux ans auparavant par Boù-Derba, pour rétablir une libre communication entre l'Algérie française et le centre du Soudan, il s'est acquitté avec un plein succès de cette mission délicate. Il a préparé la convention conclue en 1862 à Gh'adamès, et il n'a pas été sans influence sur la visite que deux chefs touareg importants ont faite à Paris. M. Duveyrier a servi son pays en même temps que la science ; c'est un double titre dont la France lui est redevable et dont la Société de Géographie lui a tenu compte.

Il n'a pas été donné à M. Duveyrier d'accomplir dans son immense étendue le plan qu'il s*était originairement tracé. L'état du pays ne lui a pas permis de pénétrer dans les parties du Sahara algérien qui prolongent au sud notre province d'Oran, encore moins d'arriver jusqu'au Sahara marocain, qui jusqu'à présent est resté fermé aux chrétiens. Il n'a guère dépassé à l'ouest le prolongement du méridien d'Alger. Mais s'il a dû laisser en dehors de ses courses (et peut-être faut-il nous en féliciter) la moitié occidentale de ses explorations projetées, l'autre moitié, la partie orientale, celle qui embrassait les contrées situées au sud de nos provinces d'Alger et de Constantine, en poussant plus à l'est encore jusqu'au Sahara tripolitain et au Fezzan, toute cette partie orientale , dis-je , a été admirablement remplie , avec

une intelligence, une intrépidité, une persévérance, et aussi avec un succès qui font de oe voyage une des plus belles et des plus fructueuses explorations du continent africain.

M. Duveyrier avait pris pied à Philippeville au mois de mai 1 859. H se dirige immédiatement au sud, pour atteindre au plus vite le champ projeté de ses opérations. H traverse GoDStantine , coupe le plateau , touche aux ruines de Lambèse, que nos archéologues ont si heureusement explorées, traverse les gorges du mont Aurès qui domine de son massif élevé toute TAlgérie orientale, et de là descend à Biskra, qui est de ce côté la porte du désert. C'est là que commence pour notre voyageur le travail topographique. A partir de ce point toutes les routes parcourues sont relevées à la boussole, les détails en sont fixés comme dans nos reconnaissances militaires, les positions sont fréquemment corrigées par des hauteurs méridiennes, et, toutes les fois que cela est possible, par des observations de longitude. Et ainsi se forme d'heure en heure, jour par jour, presque sans interruption pendant vingt-deux mois, un large réseau de lignes bien étudiées, à travers des pays dont une partie considérable n'avait été vue jusque-là par aucun Européen, et qui nous est maintenant parfaitement connu au moins dans ses traits essentiels.

Dans la grande et belle carte qui n'est pas la partie la moins importante de la publication de M. Duveyrier, il faut distinguer deux ordres de matériaux : ceux qui sont dus aux reconnaissances directes et personnelles du voyageur, et ceux qui proviennent soit de reconnaissances européennes antérieures, soit de renseignements reçus des indigènes.

Ces différentes sources de documents n'ont pas, on le conçoit , une valeur égale au point de vue de Texactitude absolue. L'immense ouâdi qui s'étend de Touggourt à Gh'àt sur une longueur de près de trois cents lieues, et que les Touareg désignent sous le nom d'Igharghar (ou Ighargharén à la forme plurielle, ce qui signifie les Rivières)^ a été tracé d'à-

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