‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 348 sur 368 · GÉOGRAPHIE MATHÉMATIQUE · texte numérisé non relu

GÉOGRAPHIE MATHÉMATIQUE

de Tonlon à Tile de Corse, 310 kilom.; de la Corse à la Sardaigne, 1 6 kilom ; de la Sardaigne à la Sicile, 39 1 kilom. ; delà Sicile k Alger, 417 kilom.; de Malte à Alexandrie, 2470 kilom.

Le câble le plus ancien date aujourd'hui de quinze ans.

TRAITÉS GÉNÉRAUX. GÉODÉSRB. CARTOGRAPHIE.

581. Hdmboldt (Alex. de). Correspondance scientifique et littéraire, recueillie, publiée, et précédée d^une Notice et d*une Introduction, par M. DE LA Roquette. Suivie de la biographie des correspondants de HumI)oldt, de notes et d'une table. Paris, 1865, in-8, xLiv-466 pages, avec deux portraits et un fac-similé.

582. Sir George Back , fear-admiral Collinson , and Fr. Galion. Hints to Travellers. Journal of the Roy, Geographicûl soc. Vol. XXXIV, 1865, p. 272-316.

Cette instruction pratique répond à tous les besoins généraux des voyageurs. Elle ombrasse les soins'préliminaires et les préparatifs du voyage, les instruments, les observations, avec des tables et des méthodes abrégées, la photographie, Tesquisse topographique des routes parcourues, la construction d'une carte, le journal, la conservation des objets d'histoire naturelle, etc.

583. L.-B. Francœur. Géodésie, ou Traité de la figure de la terre et de ses parties; comprenant la topographie, l'arpentage, le nivellement, la géométrie terrestre et astronomique, la construction des cartes, la navigation. 4° édition, revue et corrigée sur les manuscrits inédits de M. Francœur par M. Francœur fils. Augmentée de notes sur la mesure des bases, par M. Hos- SAno, prof, de géodésie et d'astronomie à l'École polytechnique. Paris, 1865, in-8, xvi-544 pages, avec II pi, (Gauthier- Villars.)

584. Nau de Champlouis. Rapport sur l'usage de la photographie dans la construction des cartes. Bulletin de la Soc. de géogr.j févr. 1865, p. 170-176.

585. Ed. CoLLiGNON, ingénieur des ponts et chaussées. Recherches sur la représentation plane de la surface du globe terrestre»

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Mômoire présenté à rÀcadémie des sciences. — Rapport lu à l'Académie, le 17 avril 1865, par M. J. Bertrand, au nom d'une commission composée de MM. Bertrand et Babinet. Comptes rendus de l'Académie y 17 avril, p. 762etsuiv.

Alexandre de Humboldt est un des hommes de notre temps qui ont le plus écrit. Au milieu d'une vie prodigieusement remplie, et où ce qu'on nomme les devoirs du monde tenaient eux-mêmes une place considérable, l'auteur du Cosmosy du Voyage aux régions équinoxuileSy de l'Asie centrale, des Tableaux de la nature, àeCExamen critique de la géographie du nouveau continent, et d'une multitude de Notes et de Mémoires répandus dans les collections académiques et dans tous les recueils scientifiques de l'Ëarope, a encore trouvé moyen d'entretenir, durant plus de cinquante ans, une correspondance active avec toute les notabilités scientifiques , politiques et littéraires des deux premières générations du siècle. Dejk deux recueils considérables de ses lettres ont été publiés depuis sa mort, et Ton sait ([11 el émoi la franchise un peu caustique de certains épanchements intimes, révélés par le premier de ces deux recueils*, a soulevé dans les cercles d'Allemagne et d'Angleterre. Le second, presque exclusivement géographique, se compose en grande partiç des lettres adressées par l'illustre voyageur au géographe allemand Henri Berghaus?. Le recueil actuel, édité par M. de la Roquette, a un caractère plus général ; c'est la réunion, par ordre chronologiquei de tout ce que l'éditeur a pu recouvrer de lettres adressées par M. de Humboldt à ses nombreux correspondants, depuis la fin du dernier siècle. Le volume s'arrête à Tannée 1839 ; il doit être suivi d'un second, et peut-être d'un troisième, si les forces et la santé de l'éditeur répondent k son

I. Lettres À Vnrnbugen d'Ensu. Édilion (illomandc, Leipzig^ 1860; ri iul. française, Paris, même année.

. 2. Leipziff, 1863, 3 volume».]

ALEX. DE HUUBOLDT. 471

zèle. Nous n'oserioDs assurer que celte marche Itil éié la meilleure; peut-étre est-il regretlable qu'an lieu d'avoir réuni indistinctement jusqu'au moiadre billet, jusqu'il la moindre bribe de politesse tombée de la plume un peu facile de M. de Humboldt, l'édileur n'ait pas choisi dans ses malériaut ce qui offrait un véritable intérêt, un intérêt biogTa* phique ou scientifique, et n'ait pas tout compris en un seul volume. Aucune superstition n'est bonne, celle des œuvres complètes pas plus que les autres ; car il en est bien peu qui ne soient toujours trop complètes.

A part cetle critique, en admettant qu'elle foit fondée, le volume édile par M. de la Roquette sera parfaitement accueilli de tous ceux qui aiment è suivre un bomme célèbre dans le développement de sa carrière. Nous vivons ici tour à tour avec le voyageur et le savant; l'homme ne se cache plus derrière l'écrivain, comme il arrive dans les livres écrits pour le public. Nous voyons sur combien d'objets se portait rin1elli§;ence encyclopédique de M. de Humholdl, et avec quel intérêt profond sa pensée s'atlacbait b l'avancement de toutes les parties de la science. Aucune étude, aucune recherche, aucune découverte ne le laisse indifférent, parce qu'il n'en est aucune qui ne rentre par quelque côté dans ses propres travaux. C'est quand on la contemple sons cet aspect, que la grande figure d'Alexandre de Humboldt se montre à nous tout entière ; un tel bomme ne s'apprécie pas à la mesure commune. Que l'homoie se laisse aller parfois aux petits commérages du cercle intime ; que çà et là il transperce impitoyablement quelque vanité ou quelque ridicule, et se venge par un trait piquant d'une contrainte que plus ou moins nous subissons tous, chacun dans son cercle : qu'importe? Tout le monde sa conrbe sons celle néceSsiié de la vie sociale; il n'y a que les natures Gommones ou platement ambitienSÏM qui gardent le pli. Ce que le nom d'Alexandre de Humboldt nous représente, ce que la poalérllé verra en loi, c'est tout aalra chose

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que rhofnme de la vie commune ; c*est la plus haute et la plus complète expression du génie scientifique, ou plutôt c'est le génie scientifique même du dix-neuvième siècle.

Quelques-unes des lettres du nouveau recueil nous le montrent dans les circonstances les plus importantes de sa vie de voyageur et de savant. Elles nous conduisent aux plages équinoxiales du Nouveau-Monde, où se produisirent pour la première fois ses merveilleuses facultés d'observavateur, avec une rigueur de méthodes, avec une science déjà presque universelle et une ampleur de déductions, qui ont marqué une époque toute nouvelle dans les explorations du globe. La gloire d'Alexandre de Humboldt date de là, et elle n'a fait que grandir aux acclamations universelles des académies de l'Europe ; il est resté le modèle, bien rarement égalé, des voyageurs savants de notre époque. « Je devrais avoir fait plus, dit-il dans une lettre datée de Caracas le 15 décembre 1799 et adressée à Tastronome Lalande;je devrais avoir fait plus, mais vous savez que l'astronomie, pour laquelle MM. Zach et Robler m*ont inspiré tant de goût, est un peu éloignée de mon but principal, et qu*à 10 degrés de latitude on ne travaille pas comme à 49, J*ai donc mieux aimé faire peu d'observations, mais avec toute l'exactitude dont je suis capable, que beaucoup de- médiocres. J'ai consigné dans mes manuscrits jusqu'aux plus petits détails de mes observations, les hauteurs correspondantes, les rectifications des instruments, afin que dans le cas probable où je périrais dans cette expédition, ceux qui les calculeront puissent juger du degré de confiance que chaque résultat doit comporter. »

Son but principal, dont il parle dans cette lettre, était, on le sait, l'histoire naturelle. Il dit en une autre occasion (lettre de la Nouvelle-Barcelone adressée à Delambre, 24 novembre 1800) : « Parcourant un pays dans lequel les Européens ne sont entrés que depuis trente ans, dans lequel toutes les missions chrétiennes ne comprennent encore que

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