ANCIEN ORIENT
le plaçait son iéducation historique. Mettez Ibn-Khaldoun dans un autre centre^ au milieu du mouvement virile et fécond de notre monde occidental, nourri des grands modèles de notre antiquité classique, c'est un esprit de la famille de Montesquieu.
M. Gustave d'Eichthal a réuni et publié à part ses premiers mémoires « sur les origines bouddhiques de la civilisation américaine, » en y ajoutant une courte réponse à nos remarques de Tan dernier (n** 616, et notre précédente Annéôy p. 253). Nous ne reviendrons pas sur une discussion à peu près épuisée ; mais puisque notre savant ami persiste dans ses rapprochements géographiques renouvelés de de Guignes, il nous sera permis de rapporter ici quelques parties d'une lettre privée que nous lui avons adressée à propos de sa « réponse à nos observations. »
« Je regrette que nous continuions d'être séparés sur la valeur de l'hypothèse de de Guignes quant à l'application géographique du nom de Fou-sang ; d'autant plus, comme je l'ai dit, que vos vues sur les origines bouddhiques de la. civilisation mexicaine n'en sont pas du tout solidaires. Que de Guignes ait tort dans son application particulière, cela n'implique nullement que vos propres rapprochements ne soient pas fondés. Mes études personnelles ne me permettent pas d'avoir sur ce dernier point une opinion motivée; tout au plus pourrais-je alléguer des impressions, ce qui ne prouverait rien ni pour ni contre. Il y a incontestablement bien des points curieux et des choses singulières dans les faits parallèles que vous avez signalés, surtout si les représentations de M. Waldeck et celles du recueil de lordKingsborough joignent à. leur mérite artistique la rigoureuse fidélité archéologique indispensable pour cette nature d'études.
« Si je répugne instinctivement à certains rapprochements, c'est que je trouve qu'on a singulièrement abusé,
l'année oéogr. IV — 32
SOUS l'empire de préoccupations qui ne sont certes pas les vôtres, des origines asiatiques appliquées à rAmérique, aussi bien que des origines égyptiennes, indiennes et autres. Pourquoi donc les peuples du continent américain n'auraient-ils pas eu leur impulsion spontanée dans les voies de la demi-civilisation où ils étaient entrés, comme l'ont eue les races de TAncien Monde? Pourquoi des {acuités analogues, sous des impulsions semblables, n'auraient-elles pas conduit à des résultats quelquefois pareils, ou du moins amené parfois des rapports qui ne seraient ni des emprunts ni des importations?
« Je n'entends nullement parler ici des idées ou des faits archéologiques que vous avez développés dans votre étude ; encore une fois je me récuse à cet égard comme absolument incompétent. Surtout croyez bien, mon cher M. d'Ëichthal, que l'Amérique tout entière dût-elle se mettre entre nous, elle ne saurait porter atteinte à mes sentiments, etc. »
ISniNOGRAPmE.
617. C. VOGT, professeur à TAcadémie de Genève, leçons sur rhomme, sa place dans la création et dans l'histoire de la terre. TraU. française de J. J. Moulinié^ revue par Tauteur. Paris, 1865, in -8, xvi-632 pages.
618. Lives and Anthropological Treatises of J. F. Blumenbacb, in* cluding the De generis humani varietate nativa, and the Dissertatio inauguralis of D*^ J. Hunter. Translated and edited bt T. Bendyshe. Lond., 1S6S, in-8, 420 pages.
Publié sous les anspices de la Société d'anthropologie de Londres. La réunion en un volume des principaux traités du célèbre Blomenbach et de divers morceaux qui s'y rapportent, est un juste hommage que la Société de Londres a rendu k Thomme qui a été, en Enropè, à la fin du dernier siècle, le véritable fondateur de la science ethnographique.