‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 38 sur 368 · L'AFRIQUE ROMAINE · texte numérisé non relu

L'AFRIQUE ROMAINE

à la simple et pure méthode de Tart sérieux^ la seule que la véritable carthographie puisse admettre. Sortons du métier , revenons à la science 1

Je parlais tout à l'heure de l'insuffisance de la carte actuelle de TAlgérie que nous devons au Dépôt de la Guerre % pour les études de géographie comparée. Cette insuffisance est reconnue depuis longtemps. Construite à peu près uniquement sur des relevés et des reconnaissances militaires, nécessairement incomplètes et d'une valeur inégale; appuyée, pour l'intérieur, sur un trop petit nombre d'observations astronomiques ; n'ayant d'ailleurs été accompagnée d'aucun mémoire, d'aucune analyse qui permette d'en apprécier la construction et de distinguer la valeur relative de ses diverses parties ; ayant en outre de nombreuses et vastes lacunes, dans les régions qui approchent des frontières de Touest, de Test et du sud ^, cette carte provisoire ne donne qu'une représentation absolument insuffisante de notre belle possession africaine. Ce grand desideratum de l'administration et de l'étude va être comblé. Les officiers du génie sont à l'œuvre ; nous aurons, d'ici à quelques années, une Algérie digne de figurer à côté de notre Carte de rÉtat-Major. C'est une œuvre dont on ne peut que hâter de tous ses vœux le prompt achèvement. .

S 4. Études archéologiques et ethnographiques. Les cromlechs algériens.

M. Henri Tauxier poursuit, dans le Journal de la Société historique d'Alger, son étude sur les tribus berbères antérieurement aux invasions musulmanes (n° 36); Ibn Khaldoun, après les auteurs de Tépoque romaine, est la source

1 . Carte des provinces d'Alger, de Constantine et d'Oran, publiée par le Dépôt de la guerre. 6 feuilles, 1856.

2. Ainsi, nous ne possédons ni un levé exact ni une représentation complète du massif du Djebel Amour, le nœud le plus important de tout le système orographique de l'Algérie.

principale de ce travail, qu'un essai de M. Henri Fournel avait à peine effleuré * .

L'investigation des monuments et la recherche des inscriptions de rëpoque romaine ne. sont pas les seuls restes deTantiquité dont se préoccupent les archéologues de l'Algérie ; les singuliers monuments, tout à fait identiques aux Cromlechs des contrées celtiques de l'Europe et de la Scandinavie^, que Ton y découvre en si grande nombre sur différents points des trois provinces, provoquent un intérêt qui va chaque jour croissant. C'est une énigme dont on n'ose se flatter encore d'avoir trouvé le dernier mot. M. L. Féraud, interprète de notre armée d'Afrique, a rendu compte des découvertes de ce genre qu'il a faites sur différents points de la province do Gonstantine (n"" 39). C'est en effet dans l'Algérie orientale que ces restes d'origine inconnue se rencontrent le plus fréquemment'; il y en a cependant de fort remarquables en d'autres endroits de la colonie. Ceux d'Ain Beniân, dans l'arrondissement d'Alger, ont été signalés depuis longtemps; néanmoins nous ne sachions pas qu'une notice en ait été donnée aussi complète que celle qui a été publiée par un antiquaire irlandais, M. T. Gilbert, dans les Proceedings de l'Académie de Dublin (n** 40). Lors d'un séjour qu'il fil à Alger au mois de décembre 1861, M. Gilbert entendit parler de ces pierres druidiques (comme on les désignait) d'Ain Beniân ou Guyotville. Le lieu est situé près delà côte, à environ 6 lieues d'Alger vers l'ouest.

1. Étude sur la conquête de V Afrique par Us Arabes y et Recherches sur les tribus berbères qui ont occupé le Maghreb central^ 1857, in-4.

2. Ce que les antiquaires européens ont désigné sous le nom breton ou gaélique de cromlech, se compose habituellement d'un certain nombre de grosses pierres rangées en cercle sur le sol, autour d'une pierre plus élevée dressée au centre.

3. Dans le numéro de septembre 1864 du Journal de la société liistorique algérienne, p. 390, M. Berbrugger communique une note (Je M. Letourneux sur un groupe de tombelles celtiques situé dan.<» 'arrondissement de Ghelma, au nord de Hammâm-el-Meskhoutiii.

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