LE N7AB8A
lèvre et qui se dresse jusqu'au milieu du nex. Toutes se tatouent, les figures du tatouage variant selon les tribus.
Le seul commerce du lac est le commerce des esclaves. Les noirs ne cherchent jamais, avec leurs arcs et leurs flèches, à tuer les éléphants ni les hippopotames ; aussi ces animaux sontils remarquablement familiers. On venait souvent nous offrir des esclaves à acheter. Le coton qui croit près du haut lac est d'une excellente qualité.
Du côté du sud, le lac proprement dit, là oîi il se rétrécit pour former le Chiré, commence vers W 25' de latitude australe. La dernière observation de latitude prise sur le lac est par 11^ 4V, et le bateau s'avança de 2V par estime encore plus au nord, c'est-à-dire jusqu'à 11" 20' environ. L'extrémité nord du lac n'a pas été vue. Du côté du sud, le Nyassa, coQune on sait, se déverse dans le Zambézi inférieur par une rivière large et profonde appelée le Ghiré. Cette rivière, dans la partie moyenne de ton cours, a des rapides d'une étendue considérable qui y interrompent la navigation. Les cataractes du Ghiré sont comprises entre 15® 20' et 15® 55'; c'est un espace de 35 à 40' de partiige.
Un des compagnons de M. Livingstone, le D' Kirke, a communiqué à la société de Géographie de Londres le résultat de ses observations pour déterminer le niveau du lac au-dessus de la mer. II a conclu de ses données barométriques une altitude de 1520 pieds anglais (463 m.). Comparé à l'altitude maintenant connue des autres grands lacs de l'Afrique tropicale, ce chiffre accuse un abaissement considérable du niveau du plateau central. Le Tanganîka, exploré en 1848 par MM. Burton et Speke, est à 1844 pieds anglais au-dessus du niveau de la mer (562 m.) ; le Nyanza, presque sous l'équateur, est à 3740 pieds d'après les premières observations de Speke en 1858 (1140 m.), ou à 3308 pieds seulement (1008 m.) d'après les observations du même voyageur dans sa grande traversée équatoriale de 1862*). Le Nyassa occupe un des gradins qui s'é-
1. Ainsi que le fait très-justement observer une note insérée aux MiUheilungen, n" 10 de 1864, p. 391, il est fort à présumer que c'est la seconde de ces deux observations, celle de 1862, qui est fautive.
chelonnent entre les hautes plaines centrales de TÂfrique du sud et la région littorale.
Un des points que se proposait d'éclaircir la seconde expédition du D' Livingstone était la communication directe que certains rapports indigènes disent exister entre le côté oriental du lac et la mer au nord du Mozambique, par une rivière considérable appelée la Rovuma. L'expédition a tenté de jremonter la rivière en partant de la côte ; mais l'époque peu favorable n'a pas permis de pousser bien avant. Pendant la navigation sur le Nyassa, on ne manqua pas d'interroger les habitants sur cet écoulement orienjtal du lac. « Leurs réponses, dit le D' Livingstone dans une de ses lettres, montrent assez quel fond il faut faire sur les informations purement indigènes, et ce que vaut la géographie spéculative basée sur cette nature d'informations. Un Noir intelligent, auquel on ne pouvait supposer aucun motif pour tromper volontairement ceux qui l'interrogeaient, affirma de la manière la plus positive que le bateau pourrait passer directe* ment du lac à la rivière ; un autre, qu'il y aurait un portage de quelques toises ; un troisième, enfin, que le portage serait au moins de 50 milles. »
N'y aurait-il pas là une question de saisons? C'est ce qui ne peut-être décidé que par une reconnaissance complète de la Rovuma.
Les dépêches ministérielles invitant le D' livingstone à mettre fin à son expédition ne lui parvinrent que le 2 juillet 1863, à une époque de l'année où les eaux du Zambézi étaient trop basses pour que le bateau à vapeur de la mission, le Pioneer, pût descendre à la mer. Pour mettre le temps k profit jusqu'aux crues de décembre, le D' Livingstone résolut de reprendre, en compagnie du stev^ard du navire, l'exploration du Nyassa, en vue surtout de vérifier si en effet une rivière considérable lui arrivait à son extrémité nord. Le naufrage du bateau dans les rapides du Ghiré l'obligèrent de renoncer à ce projet de contourner
PAYS A l'ouest du NYASSA. 133
entièrement rintérienr du lac; il se disposa donc à atteindre par terre Textrëmité nord, en se portant d'abord an N. 0. penduit nn assez grand nombre de journées, de manière à enter nne colonie de Zonlous alors en guerre avec les Nègres de l'ouest du lac. Il arriva, en suivant cette direction, à une chaîne de montagnes de 6000 pieds de haut, qui court nord-sud, et qui borde de ce côté le plateau où habitent les Maravi. Plus loin, tournant au N. E., il atteignit les bords du lac à la baie de Kola-kota, par 12^ 55' de latitude. C'est sur ce point que presque tous les trafiquants d'esclaves et d'ivoire passent d'un bord du lac à l'autre, en se rendant de la côte orientale d'Afrique au pays de Gazembé dans l'intérieur.
De la baie de £ota-kota, le docteur prit de nouveau sa route directement à Fouest, et au bout de trois jours il atteignit le pied de la montée qui conduit au plateau. Cette longue pente, coupée de collines et de vallées^ où courent des eaux vives bordées d'arbres toujours verts, est très-belle. On jouissait sur les hauteurs d'un air délicieux et très-vif, qui réconforte le corps et l'âme. A 80 ou 90 milles duNyassa on franchit le point de partage des eaux; deux rivières, nommées l'xme et l'autre Loangoua, y courent en deux directions opposées. Tune à Test vers le lac, l'autre à l'ouest vers le Zambézi. On vit là une autre rivière appelée la Moïtâoua, qui va se perdre dans un petit lac appelé Bemba, et dont une autre branche, au rapport des gens du pays et des Arabes, irait, sous le nom de Louapula, former le lac Mofoué, d'où, tournant au nord, elle irait se jeter dans le Tanganika (le grand lac central) après avoir baigné la ville de Cazembé. Le D' Livingstone aurait vivement désiré suivre le cours de cette rivière et vérifier ces intéressantes indications; mais l'heure était venue où il fallait rejoindre le Pioneer,
C'est une tâche réservée, parmi tant d'autres encore qui appellent nos explorateurs.
Quant à l'existence d'une grande rivière qui viendrait du Tanganika se jeter dans rextrémité N. du Nyassa, le D*^ Livingstone a reçu de tous ceux qu'il a interrogés k ce sujet l'affirmation qu'une telle rivière n'existe pas, mais seulement deux petits cours d'eau qui sur ce point viennent tomber dans le lac. Toutefois, le D' Livingstone lui-même nous a mis en garde contre la confiance trop explicite qu'on serait tenté d'accorder à ces informations indigènes.
PALESTINE ET STRIER
7 1 . Trois rapports envo)^ à S. E. M. )b ministre de l'instruction publique par M. V. GuéRiN, chargé d'une mission scientifique en Palestine. Comptes rendus des séances de VÀcadémie des inscriptions et belles lettres j par Ern. Desjardins, février 1864, p. 38-68; avec une carte.
On a fait de ces derniers un tirage à part, 78 pages et cartes. (Arthus Bertrand.)
— Les mêmes rapports, dans les Nouvelles annales de voyages, octobre et novembre 1864 ; avec une carte (autre que la précédente).
72. G. RosEN. Zur Géographie Palàstina's. Zeitschrift fur AUgemeine Eràkunde, n« 135, sept. 1864, p. 213-231; avec une carte.
— Das palâstinensische Felsengrab, und seine Bedeutung fur die formelle Ausbildung der christlichen Kirche. i&td, p. 161-182.
73. Mission de Phénicie, par M. Ern. Renan. Paris, 1864, grand in-4, texte et planches.
— Carte des pays explorés par la mission de Phénicie. Dressée au dépôt de la guerre, d'après les travaux de MM. Gélis, Nau de Champlouis et Béguin, du corps d'état-major.
74. MiLL. Three Months résidence at Nablus. Lond., 1864, in-8.
75. Rev. J. Zeller, Itinerary in ,'the Hauran. Church Missionaiij Intelligencer, vol. XV, febr. 1864, p. 32-37.
76. De Vogué. Inscriptions araméennes et nabatécunes duHaourân. Revue archéologique, avril 1804, p. 28^-*288.
77. D' J. G. Wetzstein. Narrative of a journey into Trachonitis and the Hauran, translated by E. R. Straznicky. Church Missionary InteUigencer f vol. XV, febr. 1864, p. 39-45.
La relation allemande do D' Wetzstein a été publiée en 1859 dans le journal géographi(iue de Berlin. Voir notre l**" Année, p. 191.
78. J. G. Wetzstein. Ausgewàhlte griechische und lateinische Inschriften gesammelt auf Reisen inden Trachoaenund um das Hauran-Gebirge. Berliù , 1864, in-4. (Dûmmler.)
78 6w. Note sur le voyage de M. le duc de Luynes en Palestine. Bulletin de la soc. de Géogr. nov. 1864, p. 392-396.
79. Cosmographie de Dimashqui, traduit pour la première fois par M. A. F. Mehren, professeur de langues orientales à l'Université de Copenhague. Cinquième extrait. Nouvelles annales des voyages j juin 1864, p. 257-308.
Ce cinquième extrait d'un géographe arabe (Schems'ed-din Mohammed ae Damas), qui vivait au commencement du quatorzième siècle de notre ère, se rapporte aux pays syriens. Les quatre extraits précédents, et une notice qui leur sert d'introduction, ont été donnés dans le même Recueil, cah. de mars, juin et octobre 1860, octobre 1861 et octobre 1862.
S 1. Investigations nouvelles en Palestine. Études et recherches locales
sur la géographie biblique.
Parcourue, étudiée dans tous les sens par une multitude d'investigateurs et de pèlerins, la terre sainte réserve toujours de nouvelles découvertes à ses nouveaux explorateurs.
La fin de 1863 et Tannée 1864 marqueront parmi les plus fructueuses. Trois expéditions savantes y auront récolté des faits nombreux et neufs, dont s'enrichira la géographie comparée aussi bien que l'archéologie : ce sont les voyages de M. de Saulcy, de M. Victor Guérin (n° 71), et de M. le duc de Luynes (n° 78 bis).
M. de Saulcy, dans son nouveau voyage, avait particulièrement en vue Féclaircissement de certaines questions, archéologiques; mais la géographie n'aura pas laissé d'en tirer d'heureux résultats. On en jugera par la note analytitique que le savant académicien a communiquée àllnstitut,
et OÙ l'on voit signalées bon nombre d'identifications^ou- Yelles.
Parti de Marseille le 9 octobre 1863, j'ai séjourné, dit-il, une dizaine de jours en Egypte; visité Sakharah, le Sérapéum et les pyramides de Ghizeh; étudié à fond le musée de Boulaq. Reparti pour JafFa, oîi j'ai débarqué le jour même, je suis allé coucher à Ramieh. J*ai gagné le lendemain Jérusalem par Kafar-Noba, Naby-Samuel et le tombeau des Juges; je suis reparti deux jours après pourHébron. J'ai reconnu en passant Beït-Sour et la fontaine où fut baptisé Tennuque de la reine Candace. J'ai étudié à Hébron l'appareil judaïque du Haram. Revenu à Bethléem par Etham, je suis allé à Hérodium pour étudier les constructions hérodiennes, puis je suis rentré à Jérusalem. Trois jours après, départ pour le pays d'Amman. Première station à Jéricho, dans le voisinage du Bordj. J'ai retrouvé la Gilgal de la Bible et « Tacervus prœputiorum > de saint Jérôme. J'ai passé le Jourdain au Makhadet-el-R'horanieh, et fait halte à Kefrein. Est-ce une Gyprion d'Hérode, ou ce nom signifie-t-il simplement les deux villages? J'ai gagné de là Aâraq-el-Emir, levé photographies et dessins en quantité de ces curieux monuments. Il est de toute évidence que Josèphe, qui en fait une tour défensive construite par Hyrcan vers 180 avant Jésus-Christ, n'avait jamais vu cette localité. Rien n'est plus aisé que de démontrer que ces monuments furent un sanctuaire des Ammonites. De là gagné Amman, ou Philadelphia (Rabbat-Ammon de l'Écriture). C'est une ville de l'époque romaine de la plus grande magnificence. Il n'y reste rien, absolument rien de la Rabbat- Ammon proprement dite. En revanche, les monuments romains y sont merveilleusement conservés. Temples, thermes, théâtres, boutiques, tombeaux, quais, portes monumentales, casernes, etc., etc., tout s'y retrouve. Il faudrait des mois entiers pour faire une bonne monographie d'Amman. Entre lamontagne que couronne le Qualaah et la mon-