‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 47 sur 368 · PALESTINE. VICTOR GUÉRIN · texte numérisé non relu

PALESTINE. VICTOR GUÉRIN

qu'il a relevés dans ses courses , tous appartenant indubitablement aux temps anciens, et qui s'ajouteront désormais aux restitutions déjà si nombreuses, qui, depuis Robinson, ont reconstitué la géographie biblique. Il est à désirer que la relation définitive soit accompagnée de cartes plus sérieusement étudiée^ que les esquisses que l'on a jointes aux Rapports, et que les itinéraires de l'explorateur y soient exactement tracés.

Sous le titre de Notes pour servir à la géographie de la Palestine f M. le docteur G. Rosen, ci-devant consul de Prosse à Jérusalem, rend compte, dans le journal géographique de Berlin (n** 72), de quatre excursions qu'il a faites en difiérentes occasions aux environs de la ville d*Hébron. Les remarques du docteur Rosen se rapportent surtout à la topographie et au sol ; elles ne touchent pas à la géographie comparée.

La relation de M. Renan (n"" 73), par sa nature exclusivement archéologique, resterait en dehors de nos appréciations, si la carte de M. le capitaine Nau de Champlouis ne lui communiquait un caractère géographique. Cette carte, dressée au 500 000", s'étend depuis le 33" degré de latitude jusqu'aux approches du 35*; elle donne conséquemment toute la partie de la zone littorale qui répond à l'ancienne Phénicie. Elle a pour base les relevés des officiers d'étatmajor attachés à notre expédition de Syrie, joints aux travaux des officiers de la marine anglaise.

S 2. Voyages dans les autres pays syriens.

L'excursion qu un missionnaire de la société des Missions de Londres, le révérend Zeller, a faite au mois de mai 1863 dans les montagnes du Haourân (n° 75), renferme d'intéressantes observations sur les Druzes de cette région transjordanienne, dont la première notion un peu complète nous

a été donnée, il y a cinq ans, par le docteur Wetzstein (n"* 77). Kattention se laisse volontiers ramener de temps à autre sur ce peuple singulier, destiné, sans aucun doute, à un rôle considérable dans les futures destinées des pays syriens. Moitié religion, moitié politique, les anglais ne négligent aucune occasion, au moyen de leurs missionnaires, de développer leur influence parmi ces rudes et fières populations.

Il est difficile, dit le D' Zeller, de donner en peu de mots un tableau du caractère des Druzes. Nous rencontrâmes pour la première fois à Bozrah des Druzes du Haourân, et nous fûmes frappés de la différence qu^il y a entre ces hommes et les autres Orientaux : on croirait voir des lions au milieu d'un troupeau craintif. Le turban des cheïkhs est plus ample que celui des plus riches musulmans, et sous le turban ils portent le kéfieh, large carré de soie écarlate brodée en or, qui retombe jusque sur leurs épaules. Leur vêtement ordinaire est une sorte de manteau noir; mais en temps de guerre, et dans les occasions solennelles, ils portent toujours le manteau royal (bendj), brodé en or aux épaules. Le teint des Druzes est remarquablement frais; chez quelques-uns il est tout & fait européen. Les yeux bleus ne sont pas aussi rares qu'ailleurs. Leur regard est ferme et ouvert, et leurs mouvements énergiques; leur parole est brève et décidée, sans ambages ni compliments. Ils portent la moustache toujours relevée, ce qui leur donne une apparence singulièrement batailleuse. Tout chez eux annonce un peuple libre, qui a mis sous la garde de son épée son indépendance et son existence tout entière. On ne rencontre guère chez eux cette arrogance de l'orgueil fanatique si commune^chez les musulmans des villes, non plus que cette attitude basse et rampante, qui, dans le Levant, est si souvent un objet de dégoût pour l'Européen; pas de ces flatteries emmiellées, de ces compliments exagérés, de cette montre d'une amitié menteuse qui découlent si aisément des lèvres de l'Arabe ; mais en revanche une hospitalité large et sincère....

Après le D' Wetzstein (à côté duquel il faut rappeler aussi le nom du voyageur anglais Cyril Graham), un de nos compatriotes, M. de Vogué, a conquis une place émi-

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nefite parmi les explorateurs du Haourftn. Nons avons dit prëcédemment quel fut, en 1862, l'oocasion des courses savantes de M. de Vogué dans la Syrie orientale^; en attendant la relation complète de ces voyages et de ceux de son compagnon M. Henri Waddington, un mémoire sur quelques-unes des inscriptions recueillies dans le Haourân (n* 76) nous apporte, avec la publication analogue de M. Wetzstein (n" 77), un spécimen de ce que va fournir aux études archéologiques cette rédon si nouvellement entrée dans la science.

Une traversée de l'Arabie centrale, de la Méditerranée au golfe Persiquc.

81. W. Gifford Palgrave. Notes ofajoumey from Gaza, through the interior of Arabia, to el-Khatif on the Persian Gulf , and thcnce to Oman, in 1862-63. Proceedings of the Boy. Geographical Society, vol. VIII, n" 3, apr. 1864, p. 63-82, 97-105.

82. H. KiEPERT. Arabien, zu C. Ritter's Erdkumde. Neiie berichtigte Ausgabe, die Ortographie revidirt von Th. Nœldeke. Berlin, 1864, 1 feuille.

Rarement une communication géographique a excité un intérêt comparable à la lecture de M. Palgrave au sein de la Société de géographie de Londres, et aux développements pleins d'une familiarité originale dont il Ta fait suivre. M. Palgrave est un de ces anglais instruits, qui, après Té* duçation classique qu'ils ont puisée sur les bancs de Cam. bridge ou d'Oxford, consacrent un nombre d'années à visiter les pays de T Orient. Il résidait depuis longtemps déjà en Syrie, quand Tambition le prit de pénétrer dans quelque

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