M. PALGRAVE EN ARABIE
Tisité Màskat, il est revenu k Bagdad par TEuphrate, et de Bagdad à Damas et k Beyrouth, où il s'embarquait pour l'Europe au mois de juillet 1863. La seule lacune qu'on poisse regretter dans le journal, d'ailleurs aussi instructif que vivement attachant de M. Palgrave, c'est l'absence des observations qui exigent l'emploi des instruments physiques et astronomiques, instruments que son caractère d'Asiatique ne lui aurait pas permis d'avoir dans les mains. On n'aura pas de relations complètement scientifiques sur ces contrées intérieures, tant que nos explorateurs ne pourront y circuler sous leur caractère franchement européen. D'un autre côté, il faut reconnaître qu'un voyageur qui peut se présenter, comme Burckardt, Wallin, Burton et M. Palgrave, sous les dehors d'un Asiatique, a des facilités d'études sociales qu'un Européen, sous son costume national, n'aura probablement jamais au même degré.
Citons maintenant quelques points saillants des communications de M. Palgrave :
Le premier point qui m'a frappé en Arabie, dit le voyageur, est celui-ci. Accoutumé de longue date à regarder ce pays-là comme la patrie par excellence des Bédouins, une sorte d'énorme plateau de mauvais pâturages que parcourt incessamment un nombre indéterminé de chameaux et de nomades, et où se trouvent des tribus dont les rapports de guerre et d'alliance changent fréquemment, j'ai trouvé, au lieu de cela, que la population bédouine était à peu près limitée à un cercle de déserts qui entoure TArabie centrale ; que la grande masse de •ette population nomade est concentrée sur la frontière du Nord, c'est-à-dire sur les limites du désert qui sépare l'Arabie de la Syrie, et qu'une fois entré dans les limites de l'Arabie proprement dite, au sud du pays de Djâouf qu'avait déjà visité le D' WaUin, la population sédentaire devient beaucoup plus nombreuse et infiniment plus importante que la population bédouine ; j'ai trouvé enfin que cette proportion de la population fixe à la population nomade s'accroît à mesure qu'on avance plus au Sud, si bien que dans les parties centrales du pays ouahabite, qu'enveloppe une ligne de montagnes fortement pro-
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nonoée, il y a nombre de provinces où Pon ne trouve pas un seul Bédouin proprement dit. Du reste, ces gouvernements et ces pays de l'intérieur de l'Arabie sont bien organisés et fortement centralisés ; ce sont, en un mot, des monarchies régulières, avec des traditions connues, des lois fixes, et une meilleure organisation, peut-être, que dans la plupart des pays de Tempire turc.
Cette vaste région que je viens de désigner présente trois divisions principales :
Premièrement le pays du Nord, dont la capitale est Hall, et qu'on nomme la province de Djebel-Ghômèr. Hall peut avoir actuellement 20000 habitants. C'est, dans son genre, une ville de très-bonne apparence, avec des boutiques passables , et un grand palais appartenant au gouvernement du centre ; elle est entourée de fortifications et de murailles. La ville sert de résidence au roi effectif de la province, dont le nom est Zélal-ibn- Raschid. La fondation de cet État date seulement du père du roi actuel, Abd-Allah-ibn-Raschid; il n'a, par conséquent, qu'une soixantaine d'années d'existence. Il n'en est pas moins, au moment actuel, bien organisé et subdivisé en plusieurs provinces, dans chacune desquelles est un gouverneur placé sous le contrôle du pouvoir central.
Le second État est encore plus remarquable ; c'est l'État ouahabite, qui occupe presque partout l'intérieur de l'Arabie, depuis le golfe Persique jusqu'au voisinage de la Mecque. Il n'arrive pas tout à fait jusqu'à la mer Rouge, parce que la Mecque et la province limitrophe du Hedjaz sont sous la protection du gouvernement turc. A cela près, toute l'Arabie centrale appartient aux Ouahabites. Là encore nous avons une monarchie, et une monarchie de la forme la plus absolue, — un despotisme, puis-je dire, tel que peut-être on en a rarement vu en Europe ou dans l'histoire. C'est en môme temps un gouvernement parfaitement bien organisé, divisé en onze provinces ayant chacune son gouverneur; chaque gouverneur, à son tour, ayant ses sous-gouverneurs, avec un certain nombre de soldats levés dans chaque village, des impôts fixes, des redevances, en un mot tout ce qui se rattache à ia vie commerciale et agricole.
La troisième grande division de l'Arabie que j'ai visitée est l'État d'Oman, qui appartient à un personnage connu dans nos livres sous le titre d'imâm de Mâskat, bien que ce titre n'existe pas dans le pays môme. A proprement parler, le titre d'imAm appartient au roi ouahabite, et non à celui d'Oman. Le pays
s'étend au long de la côte depuis la frontière du pays ouaha* bite ; ses limites vont se perdre dans l'intérieur ou se dirigent vers le territoire conuu sous le nom de Yômen. Entre ce dernier pays et la contrée des Ouahabites s'étend le grand désert, où bleu peu de chose est fait pour appeler un voyageur, et â'où un voyageur, s'il y allait, aurait peu de chance de revenir. Les Arabes eux-mêmes ne le traversent guère d'une manière régulière, si môme ils y entrent jamais. Je n'ai rencontré que deux Arabes qui eussent traversé le grand désert, et qui me furent présentés comme des hommes remarquables à cause de cela lùôme. Je leur demandai ce qu'ils y avaient vu, et ce qu'on y tnmve. Us me le décrivirent tel que j'en avais vu certaines parties : des sables mouvants, quelques rares oasis ou lieux à demi cultivés oti se trouve un peu de végétation, quelques palmiers nains et un peu d'eau saumfttre ; puis çà et là quelques villages occupés par des nègres * et une population éthiopienne, — laquelle semblerait être, autant que j'en puis juger, la population himyârite dont il a été question en France dans ces derniers temps. Ce parait être une colonie abyssine.
J'ai pu séjourner assez longtemps dans chacune de ces trois contrées; j'y ai fréquenté les chefs et ce qu'on peut nommer les principaux membres de la société locale. J'ai resté près de deux mois dans la capitale ouahabite, comme hôte du roi et logé par lui. Cette capitale n'est plus Dérayèh, ville qui a été détruite par Ibrahim Pacha; elle a été remplacée par Riadh, à une demi-journée environ de Dérayèh, vers le S. £.
Un des côtés les plus importants des notesde M. Palgrave, est celui qui touche au credo religieux des Ouahabites et à leur organisation politique et sociale. Nous rendons la parole au voyageur :
• Le caractère de leur religion est ceci, dit-il : le mahométisme dans sa forme la plus stricte, la plus primitive, exactement comme Mahomet l'a conçue, et telle qu'il l'a enseignée à ses compagnons, telle aussi qu'ils l'ont prôchée, à très-peu d'exceptions près, je crois. Il me semblait, quand j'étais dans le pays, que j'étais revenu au siècle de Mahomet et de ses
l. Peut-être le narrateur aurait-il dû dire des noirs. Il serait bien à désirer que ce curieux rapport pût être vérifié par un explorateur européen (V. do S. M.).
compagnons. Le tableau exact qu^on pourrait tracer de leur manière de vivre, de penser et d^agir, tel que nous le retracent les traditions contemporaines de Mahomet, vous le retrouvez aujourd'hui chez ce peuple. Et cela n'est pas étonnant, parce que c'est une population entièrement pure de tout mélange ; jamais ils n'ont épousé les filles des autres tribus, jamais non plus ils ne leur ont donné les leurs en mariage.
On sait qu'il y a cent ans environ, au temps où l'Arabie était dans une profonde anarchie et que les opinions religieuses étaient tombées dans un étrange état de confusion, apparut un fanatique célèbre, Mohammed ibn-Abd-el-Ouahab ; ce fut le fondateur de la secte ouahabite, —- non de la dynastie, comme quelques-uns l'ont supposé, mais seulement de la secte, n'ayant été qu'un prédicateur religieux. Mais par ses doctrines mômes et son enseignement, Abd-el-Ouahab ayant mis la prédication nouvelle sous la protection d'un chef très-important d'une ville voisine, Dérayèh, ce chef devint le fondateur d'une nouvelle dynastie, et en môme temps l'instrument de propagation par l'épée des doctrines réformatrices du nouveau prophète. Il y eut donc deux familles qui s'élevèrent côte à côte, la famille du fondateur de la secte et la famille du fondateur du gouvernement. Ces deux familles résidèrent ensemble dans la capitale, l'une exerçant les fonctions religieuses, l'autre ayant dans les mains le pouvoir civil et militaire.
Je n'ai pas à raconter comment ce pouvoir nouveau se développa, comment il étendit ses conquêtes sur l'Arabie presque entière et se trouva en contact avec le gouvernement turc; com • ment Ibrahim-Pacha réussit à envahir le pays et détruisit la capitale ; comment enfin, après un long intervalle, les éléments du pouvoir brisé se reconstituèrent et formèrent l'Etat ouahabite actuellement existant, État dont les limites, bien que réduites aujourd'hui, comprennent encore au moins un tiers de l'Arabie. A ces dexù. familles se rattache actuellement le double principe d'autorité réuni dans la capitale. Là famille d'Abdel-Ouahab, sans avoir de position directement politique, n'en exerce pas moins dans la ville, et même aans tout TÉtat, une énorme influence religieuse, et elle a un très grand empire sur le souverain lui-même; et cette influence, où respire un étroit et profond fanatisme, tend à resserrer de plus en plus le lien religieux qui enveloppe le peuple tout entier, qui enchaîne sa pensée et sa volonté, et qui le sépare de plus en plus de tout ce qui ne partage pas les mômes croyances.
Parmi les prescriptions qui distinguent la réforme ouahabite, une des plus rigoureuses, et en même temps une des plus singulières au milieu des habitudes de TOrient, est rinterdiction du tabac. Fumer le tabac est le plus grand des péchés ^ux yeux d'un fervent ouahahite. M. Palgrave, qui avait peine à croire k la réalité rigoureuse de ce qu'on lui' avait rapporté de cette défense^ mit un jour la conversation sur ce sujet avec un habitant de la capitale qui était devenu son ami. < Après un prélude convenable, dit-il, j'arrivai à parler des Syriens et des opinions qui les divisent, quant à la distinction des petits et des grands péchés, les grands péchés étant ceux qui sont punis dans le monde à venir, et les petits péchés ceux qui s'expient ici-bas en disant : Dieu me pardonne j ou d'autres formules du même genre. »
Là-dessus, mon ami devint tout à fait sérieux, et d'un ton de gravité pharisalque : c Le plus grand et le premier péché, ditil, est l'idolâtrie, c'est-à-dire l'adoration de quelque chose autre que Dieu même.
— Sans doute. Personne n'ignore que l'idolâtrie est le plus grand de tous les péchés. Mais quel est le plus grand péché qui vient ensuite ?
*- C'est de boire la honte, répondit mon ami sans la moindre hésitation. »
Boire la honte est une expression métaphorique chez les Ouahabites, pour l'action de fumer du tabac.
c Mais le meurtre, le vol, le faux témoignage et autres actions de. cette nature?
— Oh ! répartit mon austère compagnon, Dieu est miséricordieux; tout cela est mal, mais ce sont des petits péchés. »
Il n'y a donc que deux grands péchés, deux péchés irrémissibles, l'idolâtrie et le tabac.
La doctrine ouahahite est en réalité un panthéisme absolu. Un de leurs principaux dogmes est le pouvoir absolu, universel, de la divinité, qui pénètre tout, qui existe en tout, qui se manifeste dans chacune de nos pensées et de nos actions, aussi bien que dans tous les accidents du monde extérieur. Il n'y a pas pour eux d'action humaine, ni d'action
animale ou physique : tout est action divine. C'est Dien, et Dieu seul, qui agit en tout. Si je prends une plume, ce n'est pas moi, c'est Dieu qui prends la plume. Ce qui découle de là, c'est le fatalisme le plus absolu, le plus aveugle qui se puisse imaginer.
Un autre point très-intëressant et très- curieux des observations de M. Palgrave est ce qu'il rapporte des restes du culte antë-islamique dont on retrouve encore des vestiges en différentes parties de l'Arabie ;
On a toujours dit que la religion de Mahomet, dans ses formes rigoureuses, n'est strictement pratiquée que dans les villes et les villages : les Bédouins, affirme-t-on, n'ont de musulman que le nom. Or, j'ai trouvé qu'un grand nombre de tribus, avant que nous n'ayons atteint les parties du pays où il est vrai de dire que la religion musulmane est strictement dominante, gardent encore quelque chose des vieilles coutumes religieuses qui existaient en Arabie avant le temps de Mahomet. Toutefois, il n'est pas d'Arabe, là comme ailleurs, qui ne se dise musulman ; mais entre leur islamisme et celui des purs sectateurs du prophète, la différenee est grande, et beaucoup de ces soi-disants musulmans du désert seraient fort empêchés s'il leur faillit dire les prières consacrées.
Une des choses qui m'ont frappé tout d'abord chez ces tribus nomades du nord et du centre de l'Arabie, c'est que leur seule démonstration religieuse est de se tourner vers le soleil levant et le soleil couchant, en récitant certaines prières. Personne n'ignore que réciter des prières au moment où le disque du soleil apparaît le matin à l'horizon ou va disparaiti'e le soir est une pratique formellement défendue par le Coran ; les prières, dans la prescription orthodoxe, doivent être dites ou un peu avant ou un peu après le coucher du soleil. Donc, le matin et le soir , ces Arabes du désert disent leurs prières non en se tournant vers la kaaba de la Mecque, ainsi qu'il est prescrit et comme le font toujours les vrais musulmans, mais en se tournant vers le soleil ; et c'est à une divinité que l'on suppose résider dans le soleil que s'adressent ces prières. Ce sont de simples formes d'adoration, des invocations qui s'adressent à Dieu en s'élevant vers le soleil. Je ne dis pas qu'elles s'adressent précisément à l'astre, mais elles s'élèvent vers le soleil.
Ub autre point da leur religion dont ils me parlaient trèslibrement, oomme ils en parlent entre eui, est la pratique du Bacrifice sur la tombe de leurs parents, non pas , comme dans les pays vôritablement musulmans, sur la tombe des saiits ou des marabouts, mais seulement de leurs parents les plus pro* ches. Ces sacrifices, qui généralement te renouvellent une foia Pan, au jour anniversaife de la mort de celui que l'on veut honorer, consistent en brebis et en chameaux.
J'ai trouvé ces pratiques très-généralement répandues. Quand je pénétrai dans le royaume de Chômer ou Hall, parmi les habitants à demeure fixe, je vis les mômes pratiques très^communément en usage dans les villages, mais non dans les villes principales. On y ajoutait le culte des arbres. Ils croient que eertains arbres, convenablement invoqués, ont le pouvoir d*enyoyer la pluie. Lorsque j'eus dépassé le pays ouahabite, où j'avais retrouvé l'islamisme, et que je me dirigeai vers le royaume d'Oman, sur le golfe Persique, je retombai &u milieu des pratiques du culte du feu et du culte du soleil. Dans ces nouveaux cantons, le culte du feu consiste en danses autour de grands feux allumés sur une éminence ou au plus haut d'une montagne. Ces danses religieuses ont lieu généralement le premier jour de chaque mois. Je ne vis nulle part aucun ordre sacerdotal régulier, tel qu'il en existe dans l'Inde et en Perse. Je n'ai découvert non plus aucune trace de dualisme persan. Le culte non-musulraan, tel que je l'ai observé, m'a paru être une ancienne forme de sabéisme, c'est-à-dire du simple culte de l'élément du feu, soit en lui-môme, soit dans le soleil ou dans les planètes.
J'ai vu aussi parfois le peuple, dans ses prières, se tourner vers le Nord ; et, outre cela, on donnait à l'étoile du Nord le nom même qui dans la Bible est attribué à l'Être immuable, à rÉternel, le nom ineffable qui s'exprime en hébreu par les trois lettres JAH. Il semble que ce nom ait dû ôtre donné à l'étoile du Nord parce que c'est le seul point fixe du ciel, le point autour duquel le reste de l'univers accomplit sa révolution. En ceci je ne fais que répéter ce que j'ai entendu parmi eux.
On doit encore à M. Palgrave la connaissance d'un fait tout nouveau, qui est de nature, si je ne me trompe, à jeter une lumière inattendue sur une question dont se préoccupe beaucoup en ce moment les archéologues :
Je dois, dit notre voyageur, mentionner ici rezistence en Arabie de ces rangées circulaires de grandes pierres, bien connues en quelques parties de l'Angleterre et de la Bretagne, et dont le Stonehenge est un exemple bien connu. J'en ai rencontré un dans le Kâc!m (province de Nedjed), près de la ville d'er- Râs. Deux énormes blœs, posés debout, supportaient une troisième pierre, tellement élevée que je pouvais passer dessous à dos de chameau. Quelques blocs ont, comme celui-ci, une masse posée transversalement à leur sommet; d'autres sont isolées (comme nos pierres-levées)^ beaucoup sont éparses dans la vallée. Celles qui sont encore debout forment une portion de cercle; leur hauteur moyenne est de 12 à 14 pieds (environ 4 mètres). Sur ma demande s'il existait ailleurs des pierres semblables, on me dit que dans la même province il y en avait deux autres à quelque distance. Les Arabes les regardent comme appartenant aux anciennes races de géants qu'ils croient avoir occupé autrefois le pays, à des époques inconnues. Je ne doute pas que des monuments analogues ne puissent être découverts dans l'intérieur de l'Oman et dans d'autres provinces du sud.
Cette découverte, nous le répétons, n'est pas seulement très-curieuse ; elle nous paraît de nature à éclairer la solution d'un obscur problème, l'origine de ces monuments d*un caractère tout à fait primitif si communément répandus, sous les noms de cromlechs y de dolmens ^ etc., dans les pays celtiques de l'Europe occidentale, et dont on a trouvé les analogues en Algérie, dans la Syrie méridionale, et jus« que dans le sud de l'Inde.
Dans la conversation que l'importante communication de M. Palgrave a provoquée au sein de la Société de géographie de Londres, des éclaircissements d'une grande importance ont été donnés par le voyageur sur la configuration physique de l'Arabie intérieure, et en particulier sur l'enchaînement des ouâdis du Nedjed (c'est-à-dire du plateau central) et la direction des eaux courantes. Ces éclaircissements ont été surtout provoqués par les savantes remarques du révérend Badger. L'espace nous interdit de nous y arrêter ici ; mais nous devons les signaler à ceux qu'intéresse
la géographie eneore si imparfaitement comiae de la Péninsule arabe*.
, ANATOLIB R LEVANT. PATS DU CAUCASE.
83. £. SpEBUNGy Dragoman der kœnigl. preuss. Gesandschaft to Constantinopel. J^n Ausflug in die isaurischen Berge, im herbst 1862 (Excursion dans les montagnes isauriennes, durant Tautomne de 1862). Zeitsehrift fur Àllgemeine Erdhundey n* 126, nov. 1863, p. 418-438; n» 127, janv. 1864, p. 1-69. Avec une carte de M. Kiepert.
84. F. Unger et Th. Kotscht. Die Insel Cypern ihrer physischen und organischen Natur nach, mit KQcksicht auf ihre frûhere Geschichte geschildert (Vile de Cypre, tableau physique et historique....) Wien, 1864, in-8.
85. Relations inédites des missions db la compagnie de Jésus à Gonstantinople et dans le Levant au dix-septième siècle, publiées par le P. Aug. Carayon, de la même compagnie. Poitiers (et Paris), 1864, in-8, xx-288 pages.
86. Lieutenant général Jos Khodzko, chef des travaux trigonométriques et topographiques du Caucase. Coup d'œii sur les travaux trigonométriques du Caucase, depuis 1847 jusqu'à l'automne de 1863. (Tiflis, 1864), in-4, 70 pages (autographiées). Avec une grande carte de la triangulation du Caucase.
Ce travail n'est pas dans le commerce.
87. H. J. Stebnitzkt, kapitân des Generalstabes. Ueber die neu zusammengestellte lO-'Werst-Karte des Kaukasus (sur la nouvelle carte du Caucase, de 10 versts au pouce). Mittheilungen de Petermann, 1864, n* vi, juin, p. 205-207.
88. Generalkarte des Kaukasischen Gebietes, herausgegeben von Militâr-Sammler, 1856, berichtigt 1863. Saint-Pétersbourg, 1863, 2 feuilles (au 1280000*).
89. F. J. RupRECHT. Barometrische hohenbestimmungen im Kaukasus, ausgefahrt in den Jahren 1860 and 1861, fur pflanzengeographische Zwecke, nebst Betrachtungen ûber die pbere
1. Proceedings ofthe Roy, Geogr, Soc, VIII, n» 3*, p. 97 et suiv.
154 Asn;.
Grenzeder Kulturpflanzen. Mémoiretdel'Acad.impér. de Saint- Pétersb., V série, t. VII, n° 1, 1863. in-4.
Voir notre l'» Ânnée^ p. 202, 204.
90. H. Abich. Ueber eine im Caspichen Meere erschienene Insel; nebst Reitràgen zur Kennlniss der Schlammvulkane der Caspischen Région (sur une île apparue dans la mer Caspienne; avec des notes pour servir à la coi^naissance des volcans de boue de la région Caspienne). Mémoires de V Académie de Saint- Pétersbourg, t. VI, 1863, in-4-, 156 pages et 4 cartes.
Cette lie volcanique, qu'on a nommée lie Koumani, est apparue par 89*84' 14Mat. N.,67* 17' 20* longit. E. de l'Ue de Fer. Sa plus grande dimeRsion (N. S.) est d'environ 5 kilom.
91. Ad. Berqé, de Tiflis. Voyage en Mingrélie, exécuté en 1862. Paris, 1864, in-8, 40 pages (Veuve Benj. Duprat). Extrait de la Revue de l'Orient ^ juillet 1864,
92 Hyoe Clabkè. The classifications of the circassian, georgian, and caucasian groupa. Àthenœum, n' 1920^ août 1864, p. 212-213.
93. A. ScHXBPNBB. Versuclie tiber die Sprache der Uden. Mémoires de VAcad, impér. de Sain^Pétersb., 7* série, t. VI, 1863, UO pages.
94. Du même. Ausfiihrlicher Bericht ûber des Gênerais Baron Peter von U.slar Abchasische Studien. ibtd., t. VI, 1863, 61 pages.
— Ueber Baron Uslar*s neuere linguistische Forschungen. Bulletin de l'Académie de Saint-Pétersbourg , t. VII, n* 2, février 1864, p. 99-104.
Les nouvelles études de M. le général Ouslar, dont M. Schiefaer donne ici un premier apergu, portent sur Tavàr et sur la langue inconnue d'un village appelé Ardji, dans le cercle des Kasikoumuks.
95. Du môme. Ossetische Texte. I5td., t. VI, n* 4, ?iov. 1863, p. 446-473.
96. Du même : Versucb ûber das Awarische. Méjpoires de V Académie de Saint-Pétersbourg j t. V, 1862, 54 p4^s, grand in-4''.
La langue avàr, dont le nom rappelle un des peuples les plus notables du Caucase dans le moyen âge, est restée un des principaux dialectes parlés dans le Daghestan.
97. Baron Uslar. Ueber die geographische Verbreitung der awarischen Sprache. Bulletin de l'Acad. de Saint-Pétersb.^ t. VII, n« 4, H. 273-275.
ânatoue. 155
98. Jul. Bldhm, Oberst in k. tûrk. Diensten. Routen in Tûrkischen Arménien. Zeitschrift fur Allgem. Erdk. Berlin, n° 130, avril 1864, p. 346-357. Avec une petite carte et des remarques de M. Kiepert.
Ces roatiers sont au nombre de trois : d'Erzincljan à Erzeroum, d'Er • zeroum àKars, de KarsàOlti; plus une ascension du Chabiol-dàgh, montagne située entre TAraxe et' les sources du Mourad-tchaî.
99. KeithE. Abbott, H. M. consul gênerai in Persia. Extracts from a Mémorandum on the country of Azerbaijan. Procrcdings of theRoy, Geogr. *oc., vol. VIII, n» 6, juin 1864, p. 275-279.
100. Histoire du Darôn, par Zenob de Klag, évêque syrien. Journal asiat., déo. 1863, p. 401-475. ^
101. Major F. J. Goldmid. Diary of proceedings of the Mission into Mekran for political and survey purposes, 12-19 déc. 1861. Journal of the Royal Geogr. soc. y vol XXXIII, 1864, p. 181-214. Map.
S 1. Quelques récents itinéraires en Asie Mineure et dans TArménie turque. Les travaux géodésiques des ingénieurs russes dans le Caucase. Cartographie caucasienne.
Quelques documents descriptifs, quelques nouveaux itinéraires, viennent s'ajouter de temps à autre à ceux dont s'est à peu près exclusivement formée depuis un siècle notre carte actuelle de l'Asie Mineure et de la plupart des contrées limitrophes. Nous en avons deux à signaler cette année : les routiers du capitaine Bluhm dans TArmënie turque (n° 98), et l'itinéraire de M. Sperling à travers l'ancienne Phrygie et la Lycaonie, depuis Gonstantinople jusqu'aux parties du Taurus central qui dominent le détroit de Gilicie (n° 83). Ce dernier morceau n*a pas seulement une valeur topographique ; il touche aussi, sans toutefois y apporter de faits précisément nouveaux, à quelques points intéressants de géographie comparée. M. Sperling a revu le premier, depuis William HamiUon qui le découvriten 1837, le site ruiné de l'ancienne Isaura.
Dans la région du Caucase, les ingénieurs russes pour-
suivent et complètent leurs grands travaux géodésiques. Les triangulations de la grande chaîne et des bassins qui s'y appuient, le Terek, la Géorgie, la Miugrélie, le Daghestan, les provinces du Kour, sont achevées ou très-avancées; les levés partiels de ces pays d'alpes se sont effectués simultanément; des cartes de plus en plus exactes et complètes sont sorties de cet ensemble de travaux. Une carte en 21 feuilles (10 versts au pouce) de Tisthme Caucasien, dernière expression des résultats acquis, vient d'être terminée dans les bureaux de la guerre k Saint-Pétersbourg, et se grave actuellement à Gotha. Un officier de l'état-major russe, le capitaine Stebnitzky, a tracé Thistorique de la cartographie russe pour cette région caucasienne (n^ 87); et, de son côté, le chef des travaux trigonométriques du Caucase, le lieutenant général J. Khodzko, dans un mémoire particulier dont il a bien voulu nous adresser un exemplaire (n"" 86), a exposé le développement de ce bel ensemble .d'opérations géodésiques jusqu'à la fin de 1863, et présenté un aperçu descriptif de l'orographie de l'isthme. C'est un document d'une grande valeur pour la géographie positive. Les études hydrographiques sur la mer Caspienne se poursuivent et se complètent ^
S 2. Courses et explorations caucasiennes. Études et notices
ethnographiques.
Les études physiques et naturelles, l'archéologie, Tethnographie et la linguistique ont eu leur place dans cette suite de travaux dont la prise de possession russe a été le point de départ. À peine le docteur Ruprecht venait-il de publier le résultat de ses investigations physiques et botaniques de
1. Le Compte rendu des travaux de la Société de géographie de Saint-Pétersbourg pour 1863 entre à ce sujet dans d'intéressants détails.