Voir notre Année précédiçote, p. 196, Sj^ î
Cette campagne de Gochincbine aura mis en évidence, dans le corps de nos officiers, des aptitudes extrffment remarquables. A côté de M. le lieutenant de vaisseau Fallu, que nous venons de mentionner, nous avons à nommer M. le capitaine Lucien de Grammont, du 4^* de ligne, et M. Aubaret, capitaine de frégate. Le premier a publié, sous le titre de Onze mois de sous-préfecture en Basse^Cochinchine ^, un recueil de notes et de documents fort instructifs; on doit au second la traduction d'un ouvrage chinois indigène (le chinois est la langue administrative et officielle du pays, en même temps que la langue savante), qui n'est rien moins que la description statistique, historique et géographique de la Basse-Gochinchine (aujourd'hui la Gochincbine française), avec des détails étendus sur les productions et sur le genre de vie des habitants (n"" 129). Ge dernier chapitre ne fait pas du tout double emploi avec celui que M. Fallu a consacré dans son livre au même sujet ; il est curieux, au contraire, de mettre en regard le point de vue indigène et l'impression européenne. L'ouvrage a été écrit, il y a une trentaine d'années, pour servir de manuel aux hauts fonctionnaires de rËtat; il a un caractère tout à fait officiel. On conçoit qu'il sera d'un précieux secours à nos propres agents. Sous un rapport plus particulièrement scientifique, c'est une curieuse addition k notre littérature géographique de l'Asie.
Le peuple que nous sommes appelés à gouverner dans ce lointain climat appartient, comme toutes les populations de rindo-Ghine, à cette immense famille de l'Asie centrale que l'on désigne indifféremment sous les noms de race jaune et de race mongolique. Il en a tous les traits et la physionomie, — les pommettes fortement saillantes, la face en losange, les yeux bridés et obliques, la peau d'un jaune mat, qui rappelle la cire d'église, tournant à la feuille morte ou au rouge d'acajou chez les classes inférieures, exposées k l'action in^