Ed. Biot, Nour. Journ. Asiat., août, 184?, p
2. Dans le Tcheou-li, sorte d'almanach impérial dont la rédaction remonte au douzième siècle avant l'ère chrétienne, il est prescrit à un officier qui porte le titre de ta-ssé-tou de dresser la carte de chacun des quinze royaumes feudataires, entre lesquels se partageaient les neuf grandes divisions de l'empire {Tcheott-li, t. I, p. 192; add. t. II, p. 266. Cp. les Mémoires concernant les Chinois, t. II, p. 5U7. Paris, 1777, in-4).
3. Le P. Amiot, dans son curieux mémoire sur l'antiquité des Chinois (Mémoires cités concernant les Chinois, t. II, p. 284), a fait graver la copie d'une vieille carte chinoise représentant la Chine au temps des Tcheou, avec ses quinze royaumes feudataires. Il a aussi donné (l). 283) une vieille carte de la Chine de Yu ; mais celle-ci est l'ouvrage de commentateurs relativement modernes.
â30 ASUE.
Une inondation extraordinaire des plaines que traverse le Hoy comme on disait alorS; — c'est-à-dire le fleuve par excellence, qui fut nommé plus tard Houang-ho, le fleuve Jaune, — avait porté la désolation dans les pays chinois*. C'était sous le règne de Ghun, successeur de Yao. Un homme renommé par sa science et sa sagesse, Yu, reçut de l'empereur la mission de réparer les désastres de l'inondation, et d'en prévenir le retour. Il fallait encaisser le lit du fleuve et celui des grandes rivières, ou bien ouvrir des canaux de dérivation à leurs eaux surabondantes. Yu employa neuf années à ce travail immense, puis en rendit compte à l'enipereur dans un exposé où se trouvent indiqués succinctement les travaux qui avaient été faits dans les neuf provinces du royaume, en même temps que pour chacune d'elles on y voit notés la nature du sol, les productions, l'industrie des habitants et les impôts, — les tributs, dans la langue de ce temps, — qu'ils devaient payer au trésor impérial. Ge document, où se révèle à un si haut degré l'eaprit pratique ai positif, qui a été dans tous les temps le cachet du caractère chinois, forme dans le Ghou-king, ainsi que nous l'avons dit, un chapitre que Gônfucius a intitulé Fw-fcongf, c'est-à-dire les tributs assignés par Yu. « Les lieux de la Ghine dont il est parlé dans le Yu-kong sont si bien désignés, disait le P. Gaubil au commencement du siècle dernier, que sur les positions respectives dont il est parlé on pourrait dresser une carte d'une bonne partie de la Ghine. Et les difficultés qu'on trouverait à concilier la géographie de la Ghine d'aujourd'hui avec la Ghine du Yukong, ne seraient pas plus grandes qu'à concilier la géogra-
1. I^ Hoang-ho f sorti d'une haute région de montagnes, qui lui envoie de nombreux affluents ^ est sujet à de grands débordements à l'époque de la fonte des neiges. L'empereur Kien-loung, en 1780, y fit exécuter par son ministre Akouî des travaux qui lappeUent ceux de Yu, ministre de Chufi. Voy. Mém. concertiant les Chinais, t. IX, p. 25, et X, 434. Add. II, 402.