‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 79 sur 368 · Cp. Kurz, Nouv. Journ. Àsiat., t. VI, 1830, p · texte numérisé non relu

Cp. Kurz, Nouv. Journ. Àsiat., t. VI, 1830, p

2. Voy. Kurz, /. r., p. 418 et suiv. Klaproth a donné à ces vieilles traditions une forme plus précise que ne le comporte la nature des anciens documents {Tableaux histor, de VAsie, p. 131, 1826, in-4).

3. Duhalde, Desaipt. de Cemp. delà Chine, t. I,p. 55 et suiv. Paris,. 1735, in-folio. 11 faut y ajouter la lettre du P. Amiot sur la réduction (les Miao-tsé en 1775, t. III de^ Mémoires concernant les Chinois ^ p. 387; a(ld.,p. 412.

renseignement précis sur la langue qu'ils parlent, et sur le rapport que cette langue> qu*on nous dit seulement différer du chinois, peut avoir avec le tibétain. On n'en trouve pas davantage dans la longue notice sur les tribus montagnardes des provinces intérieures de la Chine, au nombre de soixante-dix-neuf, que M. Neumann a traduite d une description officielle de l'empire, publiée en 1818 ^ Les sources indigènes paraissent nulles pour ce côté important de l'étude ethnologiqueMe la Chine, et jusqu'à présent aucun voyageur n'a été à même d'aller étudier au milieu de leurs âpres vallées ces tribus, en qui se perpétue, selon toute ap« parence, la plus ancienne population d'une grande partie au moins du Céleste Empire^.

Un dernier point nous resterait à exposer dans cette étude sommaire de la Chine primitive : c'est l'état même et l'étendue des notions de cosmologie et de géographie générale chez les Chinois des deux premières dynasties, c'est-à-dire depuis les plus anciens temps historiques jus» qu'au douzième siècle avant notre ère. Mais, sur ce point, les sources anciennes sont bien pauvres. Ce qu'on y trouve, au surplus, montre d'une manière certaine que les notions géographiques antérieures à Confucius n'avaient jamais dépassé de beaucoup les limites mêmes de la Chine. Pour les anciens Chinois, la Chine était à peu près le monde entier, le dessotts du ciel, Tien-hia, selon l'expression même des kings; et le Tien-hia est limité par les Quatre Mers. Il ne paraît pas qu'alors, plus que dans les temps postérieurs, les provinces dont se composaient la monar-

1. Neumann, Atiat. Shidierij p. 73 à 120. Leipzig, 1837, in-8.

2. Il y a aussi dans la province de Yun-naû, c'est-à-dire vers l'ex- Irémité S. 0. de la Chine, une autre population montagnarde nommée LO'lOy que Ton dit être distincte des Miao-tsé, et qui parait avoir beaucoup do rapports avec la population indigène du Laos. Duhalde^ op. cit. t. I, p. 54; Neumann, Asiatische Studien, p. 110.-- On peut voir sur ces peuples aborigènes de la Chine du sud nos deux précédentes Années, p. 297 et 204.

chie chinoise aient eu dans leur ensemble d'autre dénomination géographique que cette appellation même de Tienhitty ou celle de Royaume du MUieu (Tchoung-koué), ou encore de pays des Quatre Mers (Ssé-Hai) . De même, on ne rencontre nulle part un ethnique spécial pour la désignation des habitants du Tien-hia par opposition aux Barbares des frontières, si ce n'est l'expression même de Miîï, le peuple ; on trouve cependant deux expressions particulières dans le deuxième chapitre du Ghou-king appliquées ë la généralité des habitants de Tompire : ce sont celles de Pé-sing, les Cent familles*, et Li-rntfl, le Peuple noir*. Ces deux expressions se sont d'ailleurs perpétuées dans les livres et dans l'usage moderne'. La première semblerait annoncer qu'originairement le peuple chinois du Ghen-si ne se composait pas d'un plus grand nombre de tentes. Mais le nom de Peuple noir est surtout remarquable. S'il était permis d'y voir un indice ethnographique, comme l'a pensé M. Kurz*, et comme nous inclinerions à le croire, elle nous reporterait nécessairement à l'époque inconnue où la tribu chinoise demeurait dans les hautes plaines de l'Asie centrale, à côté de populations physiquement distinctes de la race mon^ golique, telles par exemple, que l'étaient les peuples à cheveux blonds qui ont en effet habité, dès les plus anciens temps, ces hautes régions intérieures. Les dénominations de races tirées de la conformation et surtout des opposi tions physiques, sont très- commîmes dans les périodes primitives.

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