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LES ANCIENNES MISSIONS BOUDDHIQUES

renseignements assez précis pour lever tous les doutes que le périple chinois ne suffirait pas seul à écarter. Le ré7 sultaty on va le voir, est de placer le Ta-han vers Tembouchure de rAmoûr, peut-être dans la grande tle SakhaljLn (ou Tarakaï) qui fait fade aux bouches du fleuve, mais plus probablement sur le continent.

Ce document est un routier décrit par les missionnaires bouddhistes du temps de la dynastie des Thang (618 - 907), qui allaient porter leurs prédications parmi les hordes bar* bares et les peuplades à demi-sauvages du centre et de Torient de l'Asie. C'est à ces prédications bouddhiques, qui datent au moins de la première moitié du cinquième siècle de notre ère, que remonte le chamanisme des populations nomades de l'Asie centrale. Les missionnaires bouddhistes de la Chine qui entreprenaient ce voyage partaient de la grande courbe que décrit le Hoang-ho à l'ouest de Péking, traversaient le désert de Gobi, et gagnaient ainsi le campement principal des Turcs Hoeï-khé, là où s'éleva plus tard la célèbre ville mongole de Kara^koroum, dont on reconnaît encore les ruines non loin des sources de TOhkhon, à 150 lieues environ au sud du Baïkal. De là on continuait jusqu'à ce dernier lac, et, tournant à Test, après avoir visité nombre de tribus turques et mongoles de la région daourienne et des hautes vallées de l'Amour, on arrivait, dans la partie moyenne de ce dernier fleuve, au pays des You-tché, peuple que les Mandchous (qui prononcent Djourdjé) regardent comme la souche de leur nation.

On est ici sur un terrain connu. Depuis dix ans que la Russie a pris possession de ce vaste bassin de l'Amour, qu'elle a fait explorer par ses ingénieurs et dont ses voyageurs ont publié des descriptions et des cartes, la contrée et ses habitants nous sont devenus familiers. Les indigènes sont de misérables tribus à demi- sauvages, vivant de chasse et de pèche; ils appartiennent à la nation des ToungouseSi qui est une branche de la race Mandchoue. Quelques tribus

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seulement (les Ghiliaks), répandues sur le littoral^ appartiennent à la race insulaire et complètement diJETérente des AïnoSy que leurs longues barbes et le singulier développement de tout le système pileux, non moins que leur aspect physique et l'ensemble de leur physionomie, distinguent profondément des populations imberbes de race tartare qui leur eonfinent sur le continent.

Les quelques germes de civilisation rudimentaire dont on trouve la trace chez les tribus de l'Âmoiir, sont d'origine bouddhique. Us appartiennent sûrement à plusieurs époques ; mais les plus anciens se rattachent aux missions du sixième siècle et des trois siècles suivants, dont il est question dans les textes que De Guignes a le premier signalés. C'est un service réel, parmi tant d'autres, que le savant auteur de V Histoire des Hims a rendu aux études, et dont Terreur d*une application hypothétique ne diminue pas le mérite. Une trè^urieuse découverte faite , il y a dix ans, sur les bords de l'Amour inférieur par un des premiers explorateurs russes, est venue confirmer l'exactitude des anciennes relations recueillies par les historiens chinois. Près du village ghiliak de Tour, on a trouvé des restes de piliers avec des inscriptions chinoises et mongoles, portant des formules bouddhiques. Les piliers sont figurés, et les inscriptions rapportées, dans l'intéressant volume publié à Paris en 1861 par M. de Sabir (d'après les récents matériaux russes), sous le titre Le fleuve Amour, histoire, géographie^ ethnographie '. Une des inscriptions, si la traduction est exacte, est du temps de la dynastie Youan (mongole), qui a régné en Chine de 1260 à 1338 ; mais il y avait eu là des établissements plus anciens, car l'inscription elle-même parle d'un couvent rétabli '.

1. In-4, 168 pages de texte, avec des planches, portraits, etc., et une carte.

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