‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 87 sur 368 · Sabir, p · texte numérisé non relu

Sabir, p

LES BOUDDHISTES DANS l'aSIE ORIENTALE. 259

On a donc aujourd'hui la preuve directe que les missionnaires du culte de Bouddha (ou de Fo, comme disent les Chinois) non-seulement ont porté le chamanisme dans toute l'Asie centrale, mais ont poussé à Test, en descendant la vallée de T Amour, jusqu'au bord de la mer orientale, en même temps que d'autres propagateurs de ce culte éminemment prosélytique se répandaient, par la voie maritime, dans tout le pourtour de la mer fermiée que nos cartes désignent sous le nom de mer du Japon, entre l'archipel japonais et la côte de la Mandchourie. Le pays de Ta-han, où arrivèrent de part et d'autre ces deux catégories de missionnaires, les uns par terre en venant de l'ouest, les autres par mer en venant du sud, et qui fut, pour les uns et les autres le terme extrême de leurs courses, cepaysdeTa-han, dis-je, ne peut se chercher que dans la région inférieure del'Amoûr. Le périple maritime nous portait déjà dans cette direction; le routier terrestre nous y amène nécessairement. Il y est dit en effet que du pays des You-tché ^ (Toungouses de la vallée moyenne de l'Amour) on se rendait en dix jours, en se dirigeant vers le nord, au pays de Ta-haii.

Voici la notice que l'Encyclopédiste chinois Ma-touanlin, d'après les historiens, donne du pays de Ta-han :

« Le royaume de Ta-han a été connu (des Chinois) sous la dynastie des Liang (502-558); il est situé à environ 5000 li k Test au royaume de Ouen-chin •. Les habitants n'ont point d'armes et ne livrent point de combats. Leurs mœurs

1. On pourrait croire que 'ce nom se retrouve dans celui des Oltcha, une des principales tribus toungouses de l'Amour inférieur (Sabir, p. 100). Les Oltcha (c'est leur nom indigène) sont plus connus de leurs voisins sous le nom de Mangoûns, c'est-à-dire riverains du Mangou, qui est dit- on, dans cette partie, le nom mandchou du fleuve.

2. Cette direction « à l'Est » est évidemment erronée. Elle suffirait pour montrer, ne le sût-on pas de reste, quelle confiance il faut mettre dans les indications des routiers maritimes reproduits ou abrégés par les chroniqueurs chinois.

et leurs coutumes sont les mêmes que celles du royaume de Ouen-chin ; mais la langue est différente ^ »

Arrivés au Ta-hafi^ nous sommes en quelque sorte (malgré la distance) au seuil du Fou-sang, terme final de notre recherche ; car c'est du Ta-han que part l'unique voyageur bouddhiste qui ait fait autrefois connaître en Chine le nom de ce mystérieux pays de Fou-sang, et aucune contrée intermédiaire n'est mentionnée.

Mais ici, dans cette question controversée, la première chose importante c'est un texte hors de toute suspicion.

Quoique nous lie missions pas en doute l'exactitude générale de* la traduction de De Guignes déjà contrôlée par Klaproth ', pour avoir de ce côté, néanmoins, toute la sécurité désirable, nous avons eu recours à l'obligeance inépuisable de M. Stanislas Julien. Voici la version littérale que ce savant a bien voulu nous communiquer : on peut être certain qu'on a là sous les yeux le calque scrupuleusement fidèle du texte chinois.

Le royaume de Fou-Sang (a été connu des Chinois) dans la première année de la période Yong-Youen de la dynastie des Thsi (499). Dans ce royaume, il y eut un Gha-men, nommé Hoeï-chin, qui vint dans l'arrondissement de Eingtcheou '. Il raconta ce qui suit :

« Ce royaume est situé à environ 20000 li à Test du

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