‹ L'Année géographique (volume 2)Chapitre 89 sur 368 · Paullownia imperialis · texte numérisé non relu

Paullownia imperialis

un homme a commis un crime grave, il est retranché seul de la société. S'il a commis deux crimes graves, le même châtiment l'atteint ainsi que ses fils et ses neveux; s'il en a commis trois, ce châtiment s'étend jusqu'à la septième génération.

c Le roi s'appelle I-ki. Les nobles de première classe sont les Touï-lou; ceux de deuxième classe, les petits Touï-lou; ceux de troisième classe, les Na-to-cha.

« Quand le roi sort, on l'accompagne avec des tambours et des cornets. La couleur de ses vêtements change suivant les années. Dans les années marquées des signes cycliques Kia et /, ils sont verts; dans les années marquées des signes cycliques Ping et Ting, ils sont rouges; dans les années marquées des signes Meou et Sse, ils sont jaunes; dans les années marquées des signes cycliques Eeng et Sin, ils sont blancs ; dans les années marquées des signes Jin et Eouei, ils sont noirs ^

c II y a des bœufs dont les cornes sont fort longues, et qui sur leurs cornes portent jusqu'à un poids de 20 ho (le ho est une mesure de 10 boisseaux).

« n y a des^ chars traînés par des chevaux, des bœufs ou des cerfs. Les habitants élèvent des cerfs comme en Chine on élève des bœufs.

« On fait des fromages avec du lait. U y a une espèce de poire rouge qui peut être gardée pendant une année sans se gâter* U y a beaucoup de raisins. H n'existe pas de mines de fer, mais le cuivre est très-abondant. Les habitants n'estiment pas l'or ni l'argent. Les marchés publics ne sont soumis à aucun droit.

l. Ces signes sont ceux du cycle dénaire, que les Chinois combinent avec ceux du cycle duodénaire pour former le cyde de 60 ans.

c Voici la loi des mariages : Le futur va dans la famille de la fille (qu'il vent épouser), et construit une maison (sic) en dehors de sa porte ; le matin et le soir, il l'arrose et la balaye. Si, au bout d'un an, la fille n'éprouve pas d'amour pour lui, elle le renvoie ; mais s'il sont épris d'amour l'un pour l'autre, ils se marient. Les cérémonies du mariage sont en général les mêmes qu'en Chine.

« Si un père ou une mère meurent, on ne mange pas pendant sept jours ; si c'est un grand-père ou une grand'mère, pendant cinq jours; si c'est un onde, une tante ou une sœur, pendant trois jours. On place sur un piédestal l'image de la personne défunte ; on la salue le matin et le soir et on lui fait des offrandes. Aucune loi ne règle les vêtements de deuil. L'héritier du trône reste trois ans sans s'occuper des affaires du royaume.

ff Anciennement, on ne connaissait pas la doctrine du Bouddha. Dans la deuxième année de la période de Taming, de la dynastie des Song (458), cinq bbichous (religieux mendiants) du royaume de Ki-pin ' voyagèrent dans ce pays, et y répandirent la loi, les livres et les images du Bouddha. Leur doctrine engageait les homiftes à quitter la famille (à embrasser la vie religieuse). Les mœurs des habitants changèrent aussitôt (c'est-à-dire les habitants adopté* rent aussitôt les usages et les principes du Boaddhisme.) »

Maintenant qu'on a sous les yeux toutes les pièces de l'enquête , on peut montrer, avec la dernière évidence,

1. C'est-à-dire de la Cophène de nos anciens auteurs classiques (la région du Cophès), aujourd'hui le pays de Kaboul; et non Samarkand comme le croit De Guignes et comme on l'a répété d'après lui. Le pays de Kaboul était alors un centre bouddhique important, comme on le voit par les relations de Fa-hian et de Hiouen-thsang. (V. S. M«)

qu'il est de toute impossibilité que le/ pays de Fou^sang soit en Amérique. De courtes remarques y suffiront.

Klaproth, avec la justesse habituelle de son esprit, avait bien vu les impossibilités de la thèse impatronisée par De Guignes ^ Aux raisons déjà suffisamment péremptoires qu'il a développées, on peut en ajouter aujourd'hui d'autres encore plus directes et plus décisives.

La distance, d'abord.

On a pu voir assez par ce qui précède quel fond il faut faire sur les indications de cette nature contenues dans les livres chinois, quand il s'agit surtout de distances considérables dans des pays peu ou point connus, notées par des hommes généralement ignorants, et en dehors de toute garantie d'exactitude même approximative. Assurément c'est bien le cas oîi nous nous trouvons ici. Il est évident que dans la bouche du missionnaire bouddhiste à qui l'on doit la seule mention du pays de Fou-sang qu'aient eue les Chinois, 20 000 li ne signifient rien autre chose qu'une trèsgrande distance. Prenons cependant k la lettre ce chiffre de 20 OOQ li et la direction c au levant » : où cela nous conduit-il ^? En partant des environs du bas Amour, contournant Tile Sakhalïn, remontant les Kouriles et longeant la longue chaîne^des Aléoutes, c'est-à-dire en suivant la ligne la plus favorable à Thypothèse américaine, on dépasse à peine la presqu'île d'Alaska, ce qui nous place au sein d'une région dont le climat presque polaire, et la misérable population indigène, ne répondent en rien, assurément, aux conditions du texte. Pour ceux qui ont cm pouvoir

1. Le mémoire déjà cité de Klaproth a pour titre : Recherchai sur le pays de Fou-sang mentionné dans les livres chinois, et pris mal à propos pour une partie de V Amérique. Il est inséré aux Nouvelles annales des voyages, t. III de 1831.

2. Dans la supputation qui va suivre, je compte 1000 li environ pour trois degrés équatoriaux, et conséquemment un développement d'une soixantaine de degrés pour les 20,000 li. C'est le module qu'on trouve en usage au huitième siècle.

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