CALIFORNIE
pour mettre le métal en fasion; c'était donc du cuivre natif.
M. Whittlesey se demande combien de temps s'est écoulé depuis que ces gisements furent ainsi exploités? La réponse à une telle question ne peut qae se renfermer dans des termes très-vagues. L'âge des arbres qui couvrent en partie les terrains travaillés, et dont les racines sont enchevêtrées dans les restes des anciens travaux, fournissent néanmoins un minimum. Cet âge varie entre 300 et 350 ans, ce qui porterait à la première moitié du seizième siècle, c'est-àdire au temps précisément de l'arrivée des Européens. Ce rapprochement est certaineiaent d'un grand intérêt. « Il faut observer, toutefois, que sous l'ombrage de ces patriarches de la forêt, on trouve aussi les troncs gisants et pourris d'une génération antérieure. »
S 2. Les études refoulées dans les territoires de l'Ouest. — La Californie et la région des montagnes Rocheuses. — L'orographie du continent américain.
Pour retrouver un peu de vie et de mouvement scientifiques, il faut nous porter vers les provinces du Far West, loin du sanglant tumulte de la guerre. Des recherches, des exploration?, des études topographiques et géologiques se poursuivent activement dans les jeunes États de la région californienne, sur lesquels un érudit allemand dont nous avons déjà rencontré le nom dans un tout autre ordre de recherches, M. Karl Friedrich Neumann (voyez ci-dessus, p. 253), a jeté un coup d'oeil général au point de vue de l'organisation politique et statistique (n° 204), et auxquels un autre Allemand, un voyageur naturaliste, M. le baron Ferdinand de Richthofen, vient de consacrer une sérieuse étude d'économie métallurgique (n"" 209). Une des parties les plus curieusement remarquables de la Californie américaine, la grande chaîne côtière à laquelle son élévation et
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les neiges qui la coaronnent ont valu autrefois le nom de Sierra Nevada que les nouveaux possesseurs du pays loi ont conser\'éey a été surtout depuis quelques années Tobjet d'investigations particulières. Le mobile principal de ces études est la recherche des gîtes métallifères ; mais elles profitent en même temps à la géographie et aux sciences physiques. Une question importante d'orographie générale a été soulevée à cette occasion par M. Whitney, chef du service géologique de la Californie (n"" 211). M. Whitney rappelle que dans rétat de nos connaissances actuelles, le mont Sbasta, un des sommets de la Sierra Nevada, était regardé, jusqu'à ces derniers temps, comme la plus haute cîme des grandes montagnes de l'Ouest, et, consëquemment, des territoires américains. L'altitude absolue de cette montagne, d'après la détermination de M. Whitney lui-même, basée sur une série d'observations barométriques prises au mois de septembre 1862, est de 14 440 pieds anglais, ou 4401 mètres'. Le mont Hood, le pic le plus élevé des Cascade Mountains (chaîne côtière de rOrégon),n'aque 11 934 pieds (3637 m.}. Mais une excursion postérieure que plusieurs des membres du service géologique ont faite dans la Sierra Nevada, y a fait reconnaître un groupe quLparaît dépasser en hauteur le mont Shasta. Le professeur Whitney écrit à ce sujet à V America/ri jowmal of science de Silliman (sept, 1864, p. 298) :
Ces messieurs ont entrepris une reconnaissance étendue dans la haute Sierra, entre le 36* et le 38® parallèles ; à partir de Visalia, ils ont exploré le territoire et les sources des rivières Kaweah et King. Contrairement à nos conjectures précédentes , basées sur les informations que nous avions pu réunir sur cette partie inexplorée de la chaîne , elle parait devoir être regardée désormais comme la plus élevée de tout le système, de môme qu'elle en est la partie la plus sauvage et de Paspect