‹ L'Année géographique (volume 3)Chapitre 127 sur 249 · ZANZIBAR · texte numérisé non relu

ZANZIBAR

sions que j'ai pu faire et les questions que j'ai cherché à résoudre : je veux parler de M. Jablonski, qui, depuis neuf ans, gérait le consulat' de France avec autant d'habileté que de dévouement, et dont le souvenir est resté cher à tous ceux qui ont eu le plaisir de le connaître. Je puis dire que c'est à lui que je dois la plus grande partie des notes que j'ai prises sur Zanzibar, et que ce n'est que sur son refus de publier lui-même les précieux documents qu'il a rassemblés, que je me suis décidé, sur son invitation, à y puiser largement, et à parler d'une contrée que l'on ne connaît guère en France que de nom.

Voici, d'après M. Jablonski, quelles sont aujourd'hui les limites des possessions qui relèvent du sultan de Zanzibar.

Les États du sultan commencent à Toungui, un peu au sud du cap DelgadOy et s*é tendent sur plus de deux cent quarante lieues de côte jusqu'au nord de Lamou, en comprenant les lies de Monfîa, de Zanzibar et de Pemba. On pourrait, à un point de vue purement géographique, partager la côte en trois grandes régions :

l^ Le pays de Quiloa compris entre le cap Delgado et la rivière Loufidji, dont l'embouchure est vis-à-vis de Tlle Monfia. Les Makonda au sud et les Wamuera au nord, occupent ce premier district, où nous remarquons les villes de Mongallo, de Lindjy et de Quiloa.

2* La côte de Zanzibar, s'é tendant de la rivière Loufîdjl à Mombaz, et dont les contrées principales sont Uzaramo, Uasegua, Usambara et le pays de Wanika, et les villes principales Bagamoyo et Mandjiani sur le Pangani.

30 La côte de Mélinde, s'étendant de Mombaz au Djob par 0^15' environ de latitude sud, e]b dont les villes principales sont Mombaz sur l'Ile de ce nom, Mélinde aujourd'hui en ruines, Lamou, Patta, Sivi, Durnfort, etc.

Les peuples qui habitent les deux derniers districts sont désignés sous le nom de Souahéli.

Nous ne pouvons nous arrêter qu'à quelques indications, parmi les détails circonstanciés dans lesquels entre M. Jablonski:

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50 AFRIQUE. (n'** 46-60)

L'Ile, généralement basse mais ondulée par quelques collines, a pour base un terrain d'ail avion exhaussé principalement dans le sud par quelques soulèvements volcaniques; M. Jablonski a réuni quelques échantillons de madrépores injectés de laves, et découvert, au sommet du morne Kombëni, un banc d'huîtres fossiles surmontant un terrain évidemment volcanique. Le sol est riche et propre à la plupart des cultures tropicales. La canne à sucre, Pindigotier, le giroflier, le riz, le millet, le sésame, le montama, le manioc, le mais, la patate douce, etc., y viennent, à merveille; mais le pays parait trop humide pour la culture du coton, dont les gousses se pourrissent à la germination. Cependant l'agriculture est à peine assez développée pour fournir à la consonunation ; le girofle est la production la plus importante, mais la quantité et la valeur de son importation diminuent chaque jour. Les arbres fruitiers, tels que les orangers, les citronniers, les manguiers, les bananiers, viennent naturellement en forêts épaisses dont rien n'égale la beauté, et donnent des fruits délicieux; enfin le cocotier, où la nature semble se plaire à réunir tout ce qui est utile à l'habitant de ces contrées, est très-abondant et donne lieu par la quantité de ses fruits à Tune des principales branches du commerce du pays.

L'industrie est presque nulle ; quelques forges à l'état le plus primitif suffisent à la fabrication des bijoux et de quelques armes blanches de mauvaise qualité ; les vases qui servent à porter l'eau se font à la main, en argile cuite sur un feu de paille ; on trouve aussi quelques petits métiers à tisser suffisants pour la fabrication des bordures en fils de soie ou d'argent dont on orne les vêtements : sur quelques points de la côte des B6nadirs, tels que Brawa et Merka , on fabrique avec le coton du pays et celui qui vient de Tlnde de petites pièces d'étoffe blanche; mais cette industrie tombe en décadence depuis l'importation des cotonnades européennes, indiennes ou américaines. Mentionnons encore, pour terminer la nomenclature des industries de Zanzibar, le tannage des' peaux dont on fait les sandales, les ceintures, etc.; et une quarantaine de moulins à huile mus par des chameaux et où Ton fabrique l'huile de sésame et surtout l'huile de coco.

Les principaux articles du commerce extérieur sont : les esclaves, les peaux et les cuirs, les cornes de rhinocéros, la cire, la gomme copal, le moutama, l'orseille, le sésame et son huile, les cocos en copra et l'huile de coco, le girofle, et principale-

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