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ment l'ivoire, l'article le plus important du commerce de Zanzibar^ tant par le chifflre de son exportation que par sa valeur vénale. L'ivoire arriva à Zanzibar d*un grand nombre de pointstrès-éloignés dans l'intérieur de l'Afrique, et l'on peut dire de oe commerce comme de celui du girofle, que sans l'esclavage il disparaîtrait; dans ces pays où nulle route, nulle voie de communication ne relie les pomts de l'intérieur aux ports d'embarquement, le transport ne peut se faire avec sécurité et économie qu'à l'aide dés esclaves qui mettent souvent un mois et plus à transporter une ou deux dents sans coûter à leur maître autre cbose que la nourriture. On a vu des dents se payer jusqu'à cinq cents francs sur le marché de Zanzibar; il en est de tous les prix suivant le poids, la couleur et le grain.
La colonie européenne est peu nombreuse et peut être évaluée à une cinquantaine de personnes. Je mentionnerai parmi les Français notre consul et son chancelier, un médecin de la marine, le chef d'une maison de commerce, la plus importante du pays, et les pères et les sœurs de la mission catholique, établie principalement en vue d'enseigner les métiers les plus utiles aut enfants des deux sexes que l'on parvient à tirer de l'esclavage; cette mission rend déjà des services dans le pays ainsi qu'aux navires qui ont besoin de petites réparations, et montre à la population les avantages de la civilisation et du travail. Un hôpital, sous la direction du médecin, reçoit tous les malades et serait très-utile, si la routine, l'insouciance, la superstition et l'avarice n'étaient pas les premiers mobiles de cette race à demi musulmane mais entièrement ignorante et barbare.
Il y a peu de pays dont la population soit aussi hétérogène que celle de Zanzibar. Aujourd'hui encore on distingue facilement les races d'origines différentes qui la composent, et dont les principales sont celles des Mohadimous, des Souahéli, des Angazias, des Indiens, des esclaves, des affranchis et des Arabes.
Suivent de très-intéressants détails sur chacune de ces races, pour lesquels nous devons renvoyer à la notice elle même.
s 3. Explorations allemandes dansje sud-est de rAfriqae. M.Maach,M.Frit8eh. M. Mohr. — Les sites aurifères. —Une nouvelle colonie portugaise.
Les journaux ont retenti d'une découverte de terrains aurifères qu'un voyageur allemand, M. Karl Mauch, aurait faite dans la partie de l'Afrique australe située au sud du Zambézi, vers le N. 0. de la Gafrerie ; les imaginations se sont élancées aussitôt vers une nouvelle Californie, et Ton n'a pas manqué de rappeler les vieilles traditions de l'Opfair de Salomon, que la plupart des commentateurs ontcherché, comme on sait, dans les parages de Sofala. Un nombre considérable de mineurs expérimentés, attirés par la rumeur qu'avait soulevée la nouvelle découverte de M. Mauch, sont accourus à Mental; mais la plupart se sont rembarques pour l'Australie aussitôt qu'ils ont pu juger de la valeur réelle des choses* Ce qui est plus positif, ce sont les acquisitions considérables que la géographie de ces contrées devra aux longues explorations de M. Mauch, que soutient de ses subsides le comité de Gotha, et dont les Mittheilungen de Petermann — on y est toujours ramené quand il s'agit d'explorations actuelles — ont déjà donné d'importants spécimens (V. ci-dessus, à la bibliogr, n° 50, et le t. VII de Y Année Géographique ^ p. 246). Sur les déterminations astronomiques de K. Mauchy le D' Petermann fait cette remarque {Mittheil. 1869, p. 192): «Les nouvelles positions et les relevés des itinéraires de Mauch apportent des modifications notables à toutes les cartes actuelles, même aux plus récentes et aux meilleures. Ainsi, Potchefstroom (Transvaal) se déplace de 19 milles nautiques vers le N. £.*, et Rustenburg de 22 milles dans la même direction (en prenant pour terme de comparaison la grande carte de Jeppe et Marensky, au n«24des£i'gânzungsh. des