CYRÉNAÏQUE
Benrmann et Hamilton. Ce' chemin conduit jusqu'au Ouadi el- Farez, par un terrain susceptible d'être cultivé avec succès. La végétation y est la môme que sur l'étroite bande côtière du nord de Benghazi; mais, à mesure qu'on gagne le sud, les formes du désert prennent le dessus. Le terrain qui, dans la Gyrénaïque, se compose partout d'un sol gras, glaiseux et de couleur rouge (ce qui lui a fait donner par les Arabes le nom de Barka el- Hamra) cède la place, près de El-Housseïn , à un sable blanchâtre et prend le nom de Barka el-Beida. La véritable limite de la Cyrénalque ou Barka des indigènes d'aujourd'hui, est formée par le Ouadi el-Fareg, ée qui veut dire : ravin-frontière. Les roches sont, comme dans le Djebel Akhdar, toujours de formation calcaire. Elles continuent jusqu'en Egypte. Les habitants clair-semés sont des Arabes vivant sous la tente, en vrais nomades. Les agglomérations de tentes s'appellent Fareg, ce qui signifie la même chose que Douar. Ces dernières années, plusieurs tribus algériennes, désireuses d'échapper à la domination française, sont venues s'établir dans ce pays. Le règne animal y a les mêmes' représentants que sur toute la côte nord de l'Afrique.
On ignore encore si le Fareg suit ou ne suit pas une pente quelconque : il y a dans le désert beaucoup de dépressions qui ne forment que des sortes de crevasses, sans avoir la déclivité de véritables cours d'eau. En franchissant le Fareg,j)n met le pied sur le sol du désert. La végétation, qui consiste en domrah, bebbel, nicha et quelques autres plantes du Sahara, devient extrêmement pauvre. Jusqu'à Audjila, on se trouve toujours sur un terrain de sésir, c'est-à-dire sablonneux, recouvert de cailloux de diverses grosseurs. Ça et là, on découvre des souches de palmiers pétrifiées et de grands lits de coquillages de mer. Il est à remarquer que dans tout le pays qui s'étend de la grande Syrte à l'Egypte, on ne trouve pas une seule source d'eau douce. A Djalo et à Audjila l'eau de source n'est presque pas buvable. Les ouadi donnent de Peau salée ; et entre Djalo et Siwah il n*y a pas d'eau douce pas plus qu'à Siwah même, car la source du Soleil est également un peu saumâtre. Bayle Saint-John, qui a fait l'analyse de cette dernière eau, y trouva plus de sels que dans Teau de la Tamise.
l'année GÉOGR. VIII.
s 2. Tripoli.
Le pi^^oqne à'em est la grande pl&îe de toute )a zone i^frioaine, depuis la Basse-Egypte jusqu'au Maroc; ici les rivières sont sous le sol au lieu de couler à la surface. L'industrie des indigènes depuis des siècles, et les travaux de nos ingénieurs depuis trente ans, a été d'atteindre cqs nappes souterraines qui recèlent la fécondité, qui apportent la vie. Sur ce point et sur quelques autres nous trouvons d'importants détails dans une lettre de Tripoli du mois de juin dernier.
DMaiportantes mesures, dont on attend les plus heureuses conséquences, viennent d'être décrétées par le gouvernement ottoman pour développer les ressources du vilayet de Tripoli et vivifier cette vaste province. Le gouverneur général actuel, Ali Riza Pacha, frappé des résultats obtenus dans le Ouad Gh'irpar le forage des puits artésiens, a proposé de faire exécuter dans la Régence des travaux analogues. On sait que le principal ot^ stacle à la prospérité agricole du pays consiste dans la rareté des sources et des cours d*eau; les récoltes dépendent entièrement des pluies, et souvent, au printemps, les plus belles espérances sont anéanties par quelques jours de vent du désert. Dans un petit nombre d'oasis privilégiées, de fréquentes irrigations, qu'alimentent à grands frais des puits profonds, permettent seules à la petite culture de résister aux dé.-astreux effets de la sécheresse. Ali Riza Pacha s'est donc adressé au gouverneur général de l'Algérie pour obtenir un conducteur des travaux d^un de nos ateliers de forage du Souf ; un appareil a éti construit, et une première expérience se fait en ce moment non loin deïripoli. Une nappe dormante d'eau saumâtre, mais potable et bonne pour Tirriga'ion, se trouve presque partout à u|ie profondeur de six ou dix mètres ; et s'il existe plus bas des nappes artésiennes, on^e propose de pratiquer des séries de forages dans la direction du sud pour jalonner la route des caravanes qui vont au Fezzan.
Une autre question également importante a fixé Fattention de l'administration ottomane.
TRÏPÔLI. 67
La côte qui s'étend depuis la Tunisie jusqu'à TÉgypte n'offre que deux mouillages fréquentés, ceux de Tripoli et de Benghazi: la grande navigation trouve cependant trois autres refuges contre le gros temps, mais tous trois en face d'une plage déserte et sans aucune ressource. Les deux principaux sont la grande rade de Bomba, excellent abri où toute une flotte peut se réfugier, et le port naturel de Tobrouk, bassin très-sûr, vaste et d'un accès facile, auquel sa situation et la prochaine ouverture du canal de Suez réservent, croyons-nous, un avenir de prospérité. S'inspirant de ces considérations, le sultan a accordé à Ali Riza Pacha les plus larges pouvoirs pour fonder à Tobrouk un établissement considérable. La ville est érigée en chef-lieu de canton, et son port jouira de la franchise. Un vaste lazaret, une caserne et des magasins d'entrepôt, ne tarderont pas à s'y élever ; les familles qui viendront s'y établir seront exemptées de tout impôt pendant dix ans, et recevront gratuitement pour une année leur nourriture, le bétail nécessaire à la culture, les semences et les matériaux pour construire des maisons. Enfin, une importante concession de terrain est offerte aux missionnaires pour y bâtir un hospice et une chapelle, afin d'attirer l'immigration maltaise. Une petite ville se trouvera ainsi improvisée, à l'abri des nomades, dans l'enceinte parfâitemeiit conservée d'un castellum romain dont les ruines offrent des matériaux tout prêts. Le gouverneur général du vilayet se propose de partir dans un mois pour aller installer lui-môme à Tobrouk une petite garnison choisie parmi les soldats mariés qui recevront pour eux et leurs familles des lots de terrains et des moyens de culture. Déjà le préfet de la mission catholique, plusieurs négociants et un certain nombre d'ouvriers, ont annoncé Pintention d'accompagner le pacha.
Si la position de Tobrouk est importante au point de vue politique et maritime, elle n'a pas moins d' avenir au point de vue commercial. Cette ville peut devenir, en effet, la tête d'une route plus directe que toute autre vers le Ouadâi, d'où de riches caravanes partaient encore, il y a vingt-cinq ans, pour Benghazi. La tentative du gouvernement ottoman semble donc devoir être féconde en résultats heureux pour la régence de Tripoli, si elle est poursuivie avec persévérance.
Bomba est une lie de la côte cyrénéenne , au fond d*uii grand golfe du même noniy à 20^49' à l'est du méridien de Paris. M. Ed. Guys de Marseille a publié en 1862 une
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bonne notice sur cette localité, et dès cette époqoe il la signalait à l'administration française comme éminemment propre à l'établissement d'une station maritime. Tobrouk est un port de la même côte, nn peu plus oriental.
ALGÉBUS.
MABOG.
77. Jules DuvAL et le D' Âug. Varnier. Bureaux arabes et colons. Paris, janvier 1869, in-8 190 pages. 3 fr. (Challamel) .
78. Général E. Daumas. La vie arabe et la société musulmane. Parts, 1869, in-8, xv-5y4 pages. 7 fr. 50.
79. Ville, ingénieur en chef des mines. Voyage d'exploration dans les bassins du Hodna et du Sahara. PariSj I. Impér., 1868. in-4* vii-790 pages, avec 3 cartes et 2 pi.
80. G. Bourdon. Notes sur la géographie physique de la province d^Oran. Bulletin de la Soc. de Géogr.yjxim 1869, p. 445>455.
Voici en quelques lignes un aperçu de la disposition physiqae de la province. Sauf quelques modifications, cette description, dans sestraits essentiels, peut s'appliquer à rAlgérie tout entière. Seulement, elle est ici, dans l'est de la province d'Oran, plus nette et mieux définie que sur aucun autre point.
Cette région peut se diviser, de la cAte à la limite du Tell, en cinq bandes parallèles et distinctes :
lo Une petite chaîne côtière. presque en ligne droite de l'embouchure de la Tafna ou Isser à celle du Chélif, d'une altitude maximum de 5 à 600 mètres, sans ramiûcations, et interrompue sur deux points par le golfe d'Oran et par celui d'Arzeu.
2° Une bande de terrain généralement plate et de huit à dix lieaes de largeur, ondulée en quelques endroits de basses collines on relevée en petits plateaux de 150 à 300 mètres d'altitude moyenne très>légèrement accidentés.
3° Une chaîne très-massive appelée par les géographes le Petit Atlas, élevée de 800 à iooo mètres au maximum, épaisse de huit à dix lieues, et traversée par des cours d'eau venus de l'intérieur.
40 Une haute plaine alluviale s'appuyant sur la chaîne préoédente, large de cinq à huit lieues et haute de 500 à 700 mètres.
50 UQe bande monUgnense formée par les contre-forts da plateaa central et les petites vallées qai en descendent.
Les rivières qui arrosent cette partie de rAlgérie sont le Sig, l'Habra* le Mina et leurs afQaents.
Ces cours d'eau ont leur origine sur le plateau même à 1000 ou 1100 mètres d'altitude, dans de petites vallées herbeuses à pentes trèsdouces. Ils serpentent quelque temps entre des collines d'un faible relief. Le sol est très-riche et percé par places par des roches de grès gris.
81 . Heinr. Freiherr van Maltzan. Drei Jahre im Nordwesten von Afrika; Reisen in Algérien und MaroklLO. Leipzig^ 1868, 4 vol. petit in-8 avec gravures et carte. 2* édit (Dûrr).
Voyageur passionné, observateur instruit, familier avec la langue arabe et bien au courant des questions de géographie comparée que la science a débattues ou débat encore dans les territoires de la Numidie et la Mauritanie, M. le baron de Maltzan a écrit sur nos provinces algériennes et sur le Maroc un livre plein d'intérêt, d'où ses compatriotes pourront tirer grand profit pour la parfaite connaissance des contrées de l'Atlas. Cette relation n'est p9& le résultat de moiçs de sept courses ou voyages successifs. M. de Maltzan a vu les parties littorales àe nos provinces d'Alger et d'Oran. il a pénétré dans la province de Constantine, et s'est enfoncé jusqu'à Touggourt dans les oasis pittoresques du Sahara algérien ; il a accompli le périple entier du Maroc depuis la Moloula jusqu'à Mogador, et a fait une pointe dans l'intérieur des États de Chérif, de Mogador à Maroc. Le 4* volume tout entier avec une partie du 3*, sont consacrés au voyage du Maroc. — Nous retrouverons M. de Maltzan dans d'autres parties peu visitées de l'Asie et de l'Europe. (K. aux chapitres de l'Arabie et des lies italiennes.)
82. Du même : Sitlenbilder ans Tunis und Algérien, Leipz. 1869, petit in-8, 1 thaler 10 sgr. (Dyk).
83. Bernard d'HARCouRT. Une colonne d*expédition dans le désert. Revue des Deux Mondes, !•' mars 1869, p. 5^35.
Récit d'une course militaire dans le Sahara d'Oran. Mous en suivrons tout à l'heure l'attachant récit.
84. Lbtourneux. Aperçu des monuments préhistoriques de TAIgérie. Bulletin de la Société algérienne de Climatologie j 6* année, 1869. N- 1, p. 67-73. Alger, 1869, in-8.
85. Général Faidherbb. Quelques mots sur l'ethnographie du Nord de l'Afrique, et sur les tombeaux mégalithiques de cette contrée. Ihid. p. 4-19.
Conjectures sur les origines de la race berbère. — Remarques sur les populations ouïes tribus à cheveux blonds du Nord de rAfrique.
86. J. R. BouRGUiGNAT. Histoire des monuments mégalithiques de Roknia, près d'Hammam-Meskhoutïn. Paris, 1869, in-4* 118 pages avec 1 carte, 9 pi., et fig. dans le texte. 22 fr.
70 AFRIQUE. (n^ 77-94)
jy* lascicnle des Sonveain d'ane exploratioa «dealUkiM dans le Nord de rAfriqne. ( F. notre précédent vol., p. 210, n* IM, «t p. 227.
87. Ch. DB ViGNEBAL, capit. d'État-Major. Ruines romaiDCs de TAlgérie. Kabylie du Djurjura. Paris, 1868, in-S, 195 pages, avec 17 pi.