‹ L'Année géographique (volume 3)Chapitre 173 sur 249 · BOUKHARIE · texte numérisé non relu

BOUKHARIE

S 4. Les reconnaissances rosses en Boqkharie. >— Exploration

de la Sogdiane.

Pendant que les Anglais poussent ainsi leurs reconnaissances au cœur do Tibet, les Russes avancent les leurs dans rintërieur de la Boukharie. La paix imposée au khan de Bokhara permet aujourd'hui de porter les études dans cette direction. Une mission organisée par la Société des naturalistes de Moscou a été confiée à M. Fedtchenko. Le voyageur a pu visiter dans toutes ses parties la riche et célèbre vallée de Zérafchàn, la Sogdiane des anciens, où sont situées Bokhara et Samarkhand. De cette dernière place, Fedtchenko s'est dirigé à l'ouest vers Katti-Eourgân, la place la plus importante du district de Zérafchftn après Samarkhand. De là il s'est porté au nord vers les montagnes à'Ak'tau (« les montagnes Blanches >); puis repassant de nouveau la vallée, il a suivi la chaîne de montagnes qui la borde au sud jusqu'à la ville de Pendjakend, à une journée à Test de Samarkhand. II a fait sur ce parcours deux ascensions intéressantes aux montagnes d'Âksaï et de Bel. La hauteur moyenne de cette chaîne est de 2000 à 2500 mètres. Du mont Âksaï on voyait très-distinctement la vallée de Ghehriziabz. Les voyageurs ont fait un trajet de 50 versts au-dessus de Pendjakend jusqu'au village de Dachta-kasi. Le Zérafchân prend ici le caractère d'un torrent, qui dans cette saison avait un tel volume d'eau et une telle rapidité qu'il était impossible de le passer à gué. On se sert de petits ponts en bois très-peu solides. Près du village de Dachta-kasi commence à paraître sur les montagnes la végétation ligneuse, telle que le pistachier, l'abricotier, le genévrier, l'érable, le cratœgus et autres. Ces arbres sont clair-semés et ne répondent pas à l'idée que nous lidQs faiêofls d'une forêt. Lds collections Zoologiques, bdta-* tiiquet et paléoiitologiquet sont nombreuiesi Deux topo'«

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graphes ont fait pendant ce temps le levé, à l'échelle de 5 versts au pouce, d*un espace de 8000 versts carrëeSy depuis les montagnes des environs de Chehriziabz jusqu'au ZérafchâQ Sur ce levé sont marqués tous les villages et les canaux d'irrigation.

S 5. Les Russes sur la côte orientale de la Caspienne.

En même temps qu'ils étendent leurs établissements sur le bassin tout entier du Jaxartes ou Sir-Daria, aujourd'hui compris dans les limites de l'empire^, les Russes att^Equent à l'ouest le bassin aralo-caspien. Un établissement qu'ils viennent de fonder sur la côte orientale de la mer Caspienne va devenir pour eux une excellente base d'opérations à la fois politique et commerciale, — et aussi, nous l'espérons bien, une base d'opérations scientifiques. Des correspondances récentes adressées de Saint-Pétersbourg à notre journal officiel renferment à ce sujet d'amples détails.

Depuis que la mer Caspienne et la mer d'Aral sont devenues des lacs russes, Pattention publique, comme celle du gouverne ment, s'est portée sur les pays qui les entourent. Les progrès accomplis par nos colonies militaires, au bénéfice de notre commerce rians l'Asie centrale, ne datent guère que d'un siècle et demi, et leurs résultats sont néanmoins assez considérables pour qu^il nous semble intéressant d'en étudier la marche depuis Pierre le Grand jusqu'à nos jours, en jetant, au préalable, un rapide coup d'œii sur la topographie de ces régions.

Dans leur ensemble, les deux mers sont comprises entre les 36* et 47« parallèles, c'est-à-dire les plus belles latitudps de l'Europe, et elles sont séparées par un plateau de cent cinquante lieues de large. Leur superficie est très-diflFérente. La mer d'Aral n'a que cent lieues de long, sur une largeur de soixante-cinq ; elle reçoit au nord-est les eaux de l'ancien Jaxartes, le Syr-Daria, qui sort des montagnes de la Chine et tra-

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