‹ L'Année géographique (volume 3)Chapitre 18 sur 249 · ANTIQUITE CHINOISES · texte numérisé non relu

ANTIQUITE CHINOISES

la dëductioù est rigoureuse. Ce qui nous paraîtrait plus surprenant, ce serait que pour représenter un poisson, Tun des deux eût figuré un éléphant. Il y a à Paris un homme, fort honorable du reste et non moins convaincu que M. Pauthier, qui depuis quarante ans poursuit les académies de ses innombrables découvertes dans l'histoire primitive des peuples, et en particulier des Chaldéens et des Chinois, entre lesquels il a trouvé, lui aussi, une multitude de rapports de la dernière évidence, rapports de langues, d'histoire, de philosophie, de symboles, de symboles surtout : M. Paravey est maintenant atteint, s'il n'est dépassé. Il y a aussi en Angleterre, à ce qu'il parait, un sinologue (n** 24), qui par la comparaison du chinois avec nos langues occidentales ne conclut à rien moins qu'à l'identité d'origine de la langue chinoise, — conséquemment de toute la famille mongolique, — <- avec la famille des langues ariennes. Il est vraiment triste, dans l'état actuel de la philologie et de la critique historique, de voir encore se produire des rêveries, il faut bien dire le mot, dignes deis écoles surannées des trois derniers siècles. Ce qu'on est foToé d'en conclure, c'est que l'étude et même la profonde comiiLi9SfLuce de langues peu fréquentées telles que le chinois e| l'asisyriepi i^ donnent pas nécessairement le sens critique.

Nous regrettons véritablement d'avoir à relever de pareilles aberrations historiques; elles sont d'autant plus fâcheuses, que nous ne voudrions à aucun degré paraître nous associer au parti pris de silence ou d'injustice dont plus d'une fois, il faut le reconnaître, il a eu trop justement à se plaindre. Mais la sincérité est encore une preuve d'estime.

Nous ne voulons pas descendre de ces observations générales à des remarques de détail ; il est cependant une méprise de géographie comparée (l"* Mémoire, p. 207) que nous ne pouvons nous dispenser de relever, parce qu'elle a été plus d'une fois commise par d'autres savants, faute d'avoir fait une étnde particulière des sources de la géographie

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brahmanique, et que parfois aussi oa y a Youlu rattacher toutes sortes de couséquences. C'est au sujet du nom de Tchînd qui se rencontre fréquemment dans rancienne géographie sanscrite. M. Pauthier, suivant en cela de vieux errements, rapporte ce nom à la Chine. C'est nne immense erreur. Les Tchînâ des Grands Poèmes, du livre de Manou, des Pourânas et du Radjâ Taranghinî, ne sont antre chose qu'une tribu (ou plutôt un corps de tribus) qui demeure aujourd'hui, comme aux temps antiques, vers la nord-ouest du Kachmîr dans les vallées orientales de l'Hindoukoûch, où elle garde encore son nom primordial de Ghint. L'identification, ici, ne repose pas seulement sur l'identité des noms et la contiguïté géographique ; elle s'appuie sur tout un ensemble de rapports dans la nomeuclatnre ancienne et actuelle des tribus de cette région alpestre. Lt moindre attention donnée à la lecture des anciens textes ne permet pas le plus léger doute à cet égard.

Il y aurait un chapitre intéressant à écrire snr les nombreuses investigations dont l'île de Formose (dans sa partie chinoise, il est vrai) a été l'objet dans ces derniers temps. Nous devons nous borner à la série bibliographique que nous en avons donnée (n* 31 à 36).

S 4. Note sur la Corée.

Nous avons joint à notre bibliographie chinoise une noti intéressante de M. Henri Jouan sur la Corée (n® 39}.

M. Henri Jouan est un de nos officiers de manne qui utilisent avec le plus de zèle et de constance les occasions d'étude que leur apportent leurs courses incessantes à travers les mers du globe. Les Mémoires de la société dei sciences de Cherbourg (sa ville natale, sans doute) sont remplis de ses communications. Celle que nous atou

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