‹ L'Année géographique (volume 3)Chapitre 182 sur 249 · Les monts Laspisar de la carte du colonel Walker · texte numérisé non relu

Les monts Laspisar de la carte du colonel Walker

La vallée deTchitral court dans une direction S. 0« à travers toute la longueur du pays ; un grand nombre de petites vallées y débouchent, et elle est arrosée dans toute son étendue par une rivière appelée la Tchitral, du nom du pays, mais que Ton nomme aussi la Kounar, après qu'elle a reçu la Kama à Tcbagbam Saral, place du territoire de Kounar; puis les eaux réunies des deux courants vont se jeter daos la Landa, ou rivière do Kaboul, à trois marcbes de là, près de Djelalabad.

La rivière de Tcbitral sort d'un lac appelé Tcbittibol, au pied de la passe de Tcbitral qui traverse la chaîne de Karakoram entre Tcbitral et les steppes de Pamir. Ce lac est quelquefois envahi par les avalancbes qui descendent de la passe.

Tcbitral-Bala est sur le cours supérieur de la rivière, et Tcbitral-Payân sur le cours inférieur. Les lieux principaux da premier de ces deux cantons sont Mistotch et Yastn, qui sont des chefs-lieux de districts, Tchitarkoun, Payai, Gaokotcb, Varcbgoum; — dans le second, on trouve Tcbitral ou Kachkaro, Sougbèt, Baroz, Drouz, etc.

La population se compose de musulmans, sunnites et chiites, et de Kafirs; ces derniers sont confinés dans un canton limitrophe du Kafiristàn propre. Les chefs sont sunnites ; ils professent la doclrine que comme sunnites (c'est-à-dire orthodoxes) ils ont le droit de réduire en esclavage non-seulement les Kafirs (les mécréants], mais les chiites (les hérétiques) ; et cette doctrine, ils la mettent largement en pratique. Les esclaves forment la branche principale de leurs revenus; c^est en esclaves qu'ils payent teur tribut aux chefs du Badakchàn. Les jeunes esclaves du Tcbitral, filles et garçons, sont les plus recherchés de tous ceux que Ton amène sur le marché du Turkestan (excepté peotr être les Iranls ou Persans), à cause de la beauté de leurs formes (œil et cheveux noirs), de leur docilité parfaite, et du leur fidélité. Les Kafirs, au contraire, qui se* distinguent par leur peau plus blancbe, la coloration plus rouge de leurs joues, leurs yeux bleus, leurs cheveux clairs', et leurs formes robustes, sont les plus intraitables et les plus vindicatifs des diverses classes d'esclaves de TAsie centrale.

Joignant une grande force physique à un courage indomptable, endurcis à la chasse et à la guerre par la nature même de leur pays, par leurs habitudes sociales et leurs institutions,

I . Ces traits distinclifs sont remarquables dans l'histoire ethïiokh tique (les races de cette région. Comparez ci-dessus, p. 'iSI . v. s. af.

Le vœn de Vi de sept luembn M. Burgess luisont ceux de Maodlik, J. P.

Société}, H. S.

dum en trois ' Eou£ le titre de graphicai name lings, et envoy que ■ le oomîU désigné pour pi pani Doms géo| vières et monta anglais, s'est tr les bases et les ajoute le comité gique; mais le ront mis h sa < également à soi

que. Le comité ne se propose pas de composer nn Dictionnaire, mais seulement une liste de noms de nature ^ former un préliminaire essentiel et une base pour un dictionnaire complet de l'Inde, ouvrage dont maintenant le besoin se fait grandement sentir.... »

Je désire bien sincèrement qne les bonnes intentions et le zèle du Comité géographique de Bombay aboutisse -fa un résultat pratique et à une réforme éminemment néces-

ï }. Lea grandes opécatioiu gêodésiqnes daa* la Penlniula.

Le Rapport de 1869 sur les opérations de la géodésie pendant la campagne de 1867-6S (n" 323), par le lieute •

310 ASIE, (n*» 321-352)

La partie des monts Himalaya qui forme la frontière nord de PAssam, est occupée, par deux populations distinctes (deux races, dit l'auteur). Les plus ^occidentaux sont les Bhoiias (d'où s'est formé le nom de Bboutan), et à Torient de ceux-ci un groupe de .tribus qui n'a pas de nom collectif.

La contrée que ces tribus occupent n'a pas une moindre étendue que le Bboutan et ne présente pas moins d'intérêt. Il est vrai que si peu que nous connaissions le peuple, nous connaissons encore moins le pays. Le petit nombre d'Européens qui ont traversé la frontière n'ont guère vu ^ue la lisière de cette région inconnue. Aucun d*eux n'a jamais pénétré jusqu'à la grande chaîne neigeuse ; aucun n'a jamais traversé l'espace qui sépare TAssam du Tibet propre. Tout ce que nous savons du pays et des habitants nous l'avons appris de ces derniers, qui ne sont pas toujours des informateurs absolument sûrs. Jusqu'à ce qu'un Liwingstone ou un Wilcox entreprenne l'exploration de ces rudes vallées oti des ponts de bambous sont jetés sur les torrents, jusqu'à ce qu'un voyageur intrépide affronte leurs sommets couverts de neige, leurs redoutables san^ues, leurs doumdams et les Abors cannibales, il faudra nous contenter du peu que nous en savons aujourd'hui.

Donc, d'après nos informations actuelles, il parait que la partie de l'Himalaya oriental compris entre 92® 40' et 95® 30' de longitude £. (du mérid. de Greenw.), c'est-à-dire depuis la limite orientale du pays des Bhoutyas de Tauwang et de Kampâ jusqu'à la rivière de Dibong , ayant au S. l'Assam et au N. le Tibet propre, il parait, disons-nous, que cet espace constitue le territoire de quatre peuples, connus des habitants de l'Assam sous les noms d'^^, Mitchis, Daflas et Abors.

Trois de ces tribus, les Akas, les Mitchis et les Daflas occapent le versant méridional de la grande chaîne; les Abors, ou du moins quelques-uns de leurs clans, demeurent aux deux côtés des montagnes, et sont ainsi en relation tout à la fois avec le Tibet et avec l'Assam.

En partant de l'Ouest, c'est-à-dire de la frontière de Bhoutan, la première tribu que l'on trouve est celle des Akas. Ils ont TAssam au S., le Bhoutan à l'O., les Mitchis au N. etles Daflas à P£. De ce dernier côté, ils ont pour limite la rivière Bourouli.

Les Mitchis ont le Bhoutan à l'O. et probablement au N., les Daflas à l'Ë., et au S.- leurs voisins et amis les Dakas. La Bourouli enveloppe leur pays du côté du nord, et de là elle entre dans le Bhoutan.

Les Daflas, comme les Âkas, ont PAssam pour limita méridionale. La Bourouli, qui les couvre à Fouest, les sépare des Akas et des Mitchis; au N. et à.r£., ils confinent aux Abors, dont la rivière Subonsiri les sépare.

Enfin les Abors occupent tout le surplus de l'extrémité orientale de l'Himalaya. Ils sont entre les Daflas, sur le versant méridional de la chaîne, et les Kampo-Bhoutias sur le versant nord, ayant le Tibet au N., i'Assam au S., et à TE. la rivière Dibong qui les sépare des Michmis.

De ces quatre tribus, les Abors sont de beaucoup les plus importants, par leur force numérique, par leurs dispositions belliqueuses et l'étendue de leur territoire.

Aka, Angka, ou A'^ngka^ est le nom que la tribu reçoit de ses voisins; elle-même se nomme Hrasso, et n'emploie jamais l'autre dénomination. Les Akas ne se disent pas aborigènes du pays qu'ils occupent, bien qu'ils ignorent quelle fut leur patrie originaire. Ils croient avoir habité les (daines, et que leurs ancêtres vivaient sur les bords de la Ghiladhari , au nord de Bisnath.

L'idiome et les traits physiques de la tribu nous peuvent mieux renseigner. La langue contient plus de mots qui se peuvent rapporter aux vallées limitrophes des Ghân et de Manipouri, au S. des monts Patkoï (N. et N. 0. de l'Indo-Chine), qu'elle n'en a qui indiquent une affinité directe avec les Daflas et les Abors, et le peuple, dans sa physionomie, diffère notablement des autres montagnards ses voisins, bien qu'il porte comme ceux-ci le cachet commun de la fanulle touranienne. Numériquement, les Akas ne dépassent pas un million d'âmes.

L'auteur de la notice donne des détails étendus sur les mœurs et les coutumes de la tribu, et finit par un vocabulaire de leur idiome.

l 8. Statisticiae.

Quelques chiffres de statistique pour finir.

D'après les derniers recensements officiels, publiés à Londres en 1868 sous le titre de StcUisticcU Abstract relcUing to India^

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les États de la péninsule hindoustanique et de la Birmanie soumis au Gouvernement britannique renferment une population de 143 millions 1/2 d'âmes sur une étendue de 9^7 292 milles carrés ; la superficie des États indépendants (de nom sinon de fait), est estimée à 596 790 milles, et leur population à près de 48 millions d'habitants. On compte un peu plus d'un demimillion d'âmes dans les établissements français et portugais de rinde , répandus sur une superficie de 1254 milles. Le total général s'élève donc exactement à 1 545 336 milles carrés, et à plus de 192 millions d'habitants. Dans ces évaluations n'est pas comprise TUe de Geylan, qui a été transférée du ministère de rinde à celui des Colonies.

La population des trois grandes villes chefs-lieux des Présidences était de 377 924 habitants pour Calcutta au 8 janvier 1866; 816 562 pour Bombay au !•' janvier 1864, et 427 771 pour Madras en 1862-63. La population mâle est de 36 p. 0/0 en excès à Qalcutta sur la population féminine ; l'excédant atteint même 46 p. 0/0 à Bombay. A Madras on trouve au contraire plus de femmes que d'hommes; la différence en faveur des premières est d'ailleurs de 18 p. 0/0, et tient sans doute à ce qu'il y a moins de commerce à Madras que dans les autres capitales. Les Européens, à Calcutta, sont au nombre de 11 224 seulement, contre plus de 239 000 hindous et 113 000 musulmans ; la disproportion est plus forte encore à Bombay; l'élément européen se compose de 8415 âmes, l'élément hindou de près de 524 000 âmes, et l'élément musulman d'un peu moins de 146 000 âmes.

L'effectif de l'armée se montait à 183 909 hommes en 1866» dont 66 814 de troupes européennes; en 1859, à la suite de la révolte des Cipayes, on avait dû porter le nombre des soldais anglais à 106 290.

La voie ferrée comptait, au 30 juin 1866, une étendue de 3452 milles qui ont produit en 1865-66 une somme nette dé 59 531025 francs (2 381241 liv. st ), environ la moitié des recettes brutes. Le nombre des voyageurs transportés pendant cet exercice a été de plus de 10 millions.

En ce qui concerne le mouvement des échanges, les résultats afférents à chaque exercice accusent l'extension de plus en plus grande imprimée au commerce de l'Inde, tant avec la métropole qu'avec les pays étrangers. Les importations, qui n'étaient que de 354 864 675 francs (14 194 587 liv. st.) en 1857 non compris le trésor, ont doublé en 1865, et ont atteint en 18<V6 la

CHEMINS DE FËR DE L*1NDE. 313

somme de 739 980 700 francs (20 599 228 liv. st.). Les exportations ont suivi la même marche progressive.

Les plans définitifs et les concessions des deax principaux chemins de fer de Tlnde ne datent que de 1853. Quinze lignes avaient été originairement projetées ; jusqu'à présent six seulement ont été exécutées : VEastlndiaRailway, le Great Indian Peninsula^ VEastem Bengale le Ma^ dras, le Bombay and Borodah^ et le Great Southern, A ces six lignes primitives, il faut ajouter la ligne du Sindh dont les plans ont été arrêtés en 1855, et celle de Mullànand La/iore^ achevée en 1862. Cet ensemble de lignes ferrées a réuni Calcutta à Dehli, au port de Matlah, aux mines de charbon de Rânigandj, et presque à Dakka; — Bombay à Allâhabad et Nflgpour, à Ahmedftbad et Cholapur; — Madras à Bépour, sur la côte de Malabar, à Kadapa et à Nagâpatnam ; — Raratchi à Haîderâbad; — Moultân à Lahôr. Trois lignes de jonction, non moins importantes que celles qui précèdent, restent à effectuer : celles de Lahôr à Peîchftvèr, de Haîderâbad à* Moultân, de Bombay à Madras. « La souveraineté anglaise a reçu une nouvelle force, dit M. Davidson (n*" 351); les membres un peu disjoints de ce corps immense ont été consolidés et reliés entre eux par un réseau de nerfs d'acier. L'empire est aujourd'hui dans une position infiniment meilleure qu'elle ne Ta jamais été, pour faire face k une insurrection du dedans ou à une invasion du dehors. Si la guerre devait atteindre rinde britannique, elle possède maintenant une puissance de concentration, une vigueur, une unité d'énergie, qui lui donnent une force auparavant inconnue. Avec un avenir de .paix, elle doit bientôt prendre parmi les nations la place à laquelle lui donnent droit l'étendue de son territoire et la fertilité de son sol.... Au point de vue économique et an point de vue social, les conséquences ne sont pas moins grandeà. Le prix du travail, signe de la richesse, a presque

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doublé. Les préjugés nationaux sont ébranlés, le fanatisme religieux s'affaiblit, et un rapprochement plus grand s'est fait entre les classes depuis l'établissement de la première ligne, qu'on n'aurait pu autrement l'attendre de plusieurs siècles. »

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