AFGHANISTAN. BALOUTCHISTAN
353. Le Kaboulistan et le Kaferistan, d'après Ch. Rittbr, traduit et annoté par M. B. Grioorief, professeur d'histoire orientale à l'Université de Saint-Pétersbourg. Saint-Pétersh,, 1868, in-8, xv-1010 pages (en russe).
La traduction du texte allemand occupe, dans le traTail de M. Grigorief, 172 pages, les notes et corrections an texte, 1S9 pages, les additions du traducteur, 695 pages.
Ces proportions ne sont pas de nature à modifier l'opinion que nous avons autrefois émise sur le plan adopté par la Société de Géographie russe pour la traduction des parties^de l'ouvrage de Ritter qui se rapportenta l'Asie centrale. On ne traduit pas un travail auquel il faut apporter 834 pages de corrections et d'additions sur 172 pages de texte : on le refait. Autrement vous tombez dans Hnévitable inconvénient d*nn ouvrage décousu et sans ensemble.
354. D' B. Trump. Die Verwandtschaftsyerhaltmsse der Padito; zugleich eine Kritik von Raverty's Grammar of the Poxhto, und von Belle w's Grammar of the Pukktô langttage. 2* partie. Zeitschr. der Deutschen Morgeniàr^ischen Geidlschaft, t. XXIII, 1869, p. 1-133.
Pour la l** partie de cet important travail, voir le t YI de rjnii^f
géographiquef p. 187, n» 127, et p. I9i:
355. Lieut. E. G. Ross, assistant political agent at Khelat. Mémorandum of notes on Mçkran, together with a Report on a yisit to Kcj, and route through Mekran from Gwadur to Kurrachee
(1865). The Transactions of the Bombay Geograph. Soc, vol. XVllI, p. 36-77, with Map. Bombay ^ 1868, in-8.
Cette relation sommaire est un des morceaux les plus importants que nous ayons eus sur les territoires si peu fréquentés et si peu connus de Tancienne Gédrosie, depuis le voyage fondamental de Pottinger. Nous en donnons ci-après quelques extraits. La carte comprend, à Téchelle de 13 milles 1/2 au pouce anglais, la c6te et le pays situés entre Ouadèr et Karatcht.
356. Col. Lewis Pelly. Remarks on the pearl oyster beds in the Persian Gulf. Ibid., p. 32-35.
Voir le t. V de V Année géogr., p. 90.
357. Major 0. S*-John. On the élévation of the country between Bushirc and Téhéran. Journal of the Roy. Geogr. Soc. y vol. XXXVIII, p. 411-413; avec une coupe hypsométrique.
Note importante, malgré sa brièveté. L'altitude moyenne du plateau que traverse la roule dans la plus grande partie de son étendue (Iran occidental \ se maintient entre 5 et 8000 pieds anglais, c'est-à-dire de 1500 à 2500 met. environ. Ispahan est à 1370 met. au-dessus du niveau de la mer; Téhéran à lo20 met. Il n'est pas dit par quel moyen d'observation ces altitudes ont été obtenues ; dans tous les cas il ne faut sûrement pas s'attacher trop minutieusement aux fractions inférieures aux centaines de pieds.
358. R. Lbnz. Positions-Bestimmungen und magnetische Beobachtungen in Persien. Mittheilungen de Petermann, 1869, n°2, p. 70-72.
M . Lenz faisait partie, comme astronome et physicien, de l'expédition scientifique de M. Nie. deKhanikof enPerse, de 1858 à 59, expédition dont M. de Khanikof a donné une savante relation, accompagnée d'une grande carte, dans les Mémoires de la Société de Géographie de Paris, t. VU, in-4. Le nombre des points observés est de 96. Les longitudes sont données par le chronomètre, sauf Mesched, Gouri&n, Hérat, Toun, Sabsor et Nekh, dont la position a été directement obtenue au moyen de distances lunaires. — Le travail de M. Lenz est ^ aussi imprimé en russe au t. XIII, n» 3, des Mémoires de l'Académie de Saint-Pétersbourg, et le voyageur a puNié sa relation à Saint-Pétersbourg en 1868 (1'* partie), également en langue russe.
359. Thomson, secrétaire de la légation britannique à Téhéran. La Perse, sa population , ses revenus, son armée, son commerce. (Extrait du n» 4 des Reports (1868) by H. M. secretaries of Embassy and Légation, on the.... countries in which they réside). Bulletin de la Soc. de Géogr. , juillet 1869, p. 15-40, avec notes, par M. N. de Khanikof.
360. J. C. HiENTzscHE in Dresden. Specialstatistik von Persien.
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Zeiischr. der €eseUsch. fur Efdk. jsu Beriin (dout. série). T. IV (n»*23), 1869, p. 429-450.
Morceau particoliûrcment recommandable pour le côté ethncgraphiqae.
301. Chèref-Namèh, ou Fastes de la nation kourde, par Ciiêref- OuDDiNE , prince de Bidlls, dans Tiiâlèt d'Ârzeroûme. Traduits du persan et commentés par Fr. Bcrn. Charmoy. T. I , !•• partie, contenant l'Introduction ethnographique et géographique, suivie de "700 notes qui s'y rattachent. Saint-Pétersbourg f 1868, in-8, 852 pages.
' 362. Le comte de Gobineau. Histoire des Perses d'après les auteurs orientaux, grecs et latins, et ftarticulièrement d'après les mss. orientaux inédits, les monuments figurés , les médailles, les pierres gravées, etc. Paris, 1869, 2 vol. in-8*.
363. D' M. Haug. Ueber den g-genwartigen Stand der Zendpbilôlogie, mit besonderer Rûcksicht auf .F. Justi's sogena notes Aibaktrisches Wœrterbuch. Stuttgart, 1868, in-8. 1 fl. 12 kr.
(Grûninger).
^ l<^^ Réformes économiques et administratives en Perse.
Notes commerciales.
La géographie physique et administrative de la Perse s'est enrichie cette année de plusieurs bons travaux. La note du major Jones sur la configuration de la Perse occidentale (n^ 357), et la communication des déterminations astronomiques de M. Lenz pendant Texpédition scientifique de 1858 dont il faisait partie (n® 358), sont d'excellentes acquisitions pour la géographie naturelle et mathématique» de même que les mémoires de M. Thomson et de M. Hœntzsche (n""' 359 et 360) pour la géographie générale et la statistique. Nous ne nous arrêterons ici qu'aux symptômes qui S9 produisent de réformes considérables et de sérieuses améli'>rations dans le régime intérieur.
Le Chah de Perse a rendu^ au mois d'octobre dernier (1 869), deux décrets, dont l'un ordonne le recensement général du royaume; l'autre règle sur de nouvelles bases la per-
ception de Timpôt. Ces décrets ont éiè accueillis avec une salisfactioa universelle. Au moment où des améliorations notables vont se réaliser dans l'organisation économique du pays, il n'est pas sans intérêt de se rendre un compte exact de la constitution actuelle de la propriété en Perse» ainsi que des modifications que va y introduire la nouvelle législation.
La Perse, pays essentiellement agricole, comprend un nombre considérable de villages (il faut entendre ainsi les terres arables qui en dépendent), classés en trois catégories :
1* Les khalissè, qui font partie du domaine de ia couronne ;
2* lies ketaâty ou terres appartenant aux paysans cultivateurs ;
3"* Les erbftbi, terres qui sont la propriété des particuliers faisant cultiver par les paysans.
Les khalissè sont placés sous la direction d'un adminis* trateur général nommé pour chaque province, qui à son tour les afferme par district. Cette année, les khalissè de la province de TAzerbaidjân ont élc affectés à Tapanage duprinoe royal, au lieu et place d'une dotation d'environ trois millions de francs qui lui était assignée précédemment.
Les paysans propriétaires des ketaât les administrent eux-mêmes, et traitent directement avec les agents du divan.
Quant aux villages possédés par des particuliers, l'administration en est confiée par les propriétaires à un délégué (xâbit), chargé des rapports entre l'autorité et les paysans, dans tout ce qui concerne les intérêts respectifs de chacun.
Chaque village choisit son maire, dont les fonctions sont honorifiques, et qui, exerçant une sorte de justice de paix, est le plus souvent désigné comme arbitre unique, en cas de différend entre les pay.sns.
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C'est lui qui est aussi chargé, avec le zftbit, de la distribution des terres et de la répartition de TimpAt, an prorata du nombre des bœufs possédés par chaque famille. L'état civil n'existant pas en Perse, le maire ne dresse aucnn acte de naissance ou de décès ; les actes de mariage sont passés devant un moUa, ou bien le contrat se fait verbalement en présence de témoins.
Certaines terres, dépourvues de cours d'eau naturels, sont arrosées par des aqueducs, presque toujours souterrains, et dont les frais de construction et d'entretien incombent au propriétaire. Ces aqueducs, que l'absence de tuyaux en métal rend défectueux, à cause de l'absorption d'une notable partie du liquide, sont néanmoins construits d'une manière remarquable, si l'on tient compte de l'insuffisance des moyens matériels que les puisatiers ont à leur disposition.
En effet, leurs outils ne consistent qu'en pelles, pioches, quelques sacs et une machine à bras d'une simplicité primitive. C'est avec ce matériel si peu compliqué, et sans l'aide du niveau et de la boussole, que, guidés par la routine, les puisatiers persans amènent l'eau sur un point donné et d'une distance de plusieurs lieues, avec une étonnante précision.
A titre de fermage, le propriétaire perçoit sur tous les produits de la terre un dixième en nature, livrable au moment de la récolte. En général, il renonce à l'exercice de son droit sur les fourrages, les arbres fruitiers et les bois de construction, afin d'encourager les paysans à la culture et à la plantation de ces espèces.
Le paysan n'est nullement attaché à la glèbe; c'est un fermier qui reste libre d'aller où il lui plaît. Le propriétaire est donc intéressé à le ménager, car il arrive parfois que les reeyet (villageois), pour se soustraire aux exigencea de certains propriétaires, prennent le parti d'émigrer en masse et vont s'établir ailleurs*
Telle est ea ce moment la constitution de la propriété rurale en Perse, organisation simple et dégagée de toute entrave, mais dont l'inconvénient est de n'offrir aux différentes transactions qui s'y opèrent aucune garantie légale. La propriété se transmet et s'acquiert, en Perse, ainsi qu'en France, par voie de succession, de donation et par l'effet des obligations; mais si, d'un côté, elle n'est grevée d'aucun droit de mutation, de l'autre il faut reconndtre que l'absence d'enregistrement et d'inscription des hypothèques donne lieu à des contestations fréquentes et interminables.
La perception de l'impôt, en Perse, offre cette particular rité, qu'elle ne s'étend qu'aux populations des campagnes, qui en supportent toute la charge, et qu'à l'exception de quelques droits d'octroi et d'une légère contribution imposée aux corps d'État^ les populations urbaines sont exemptées des charges publiques et du service militaire L'impôt est à la fois payable en nature et en argent. L'impôt en nature est livrable en partie sur le lieu de production, et en partie au chef- lieu du district, où les grains sont affectés au service de larmée.
Plusieurs propriétaires reçoivent de leurs paysans trois dixièmes du produit, et se chargent d'acquitter directement les contributions.
Ce système est d'une grande simplicité, et l'impôt devant être en rapport avec la production et en suivre les fluctuations, il semblerait que les charges ne dussent pas peser bien lourdement sur les populations; mais par suite de l'état de choses regrettable auquel on songe à porter remède, la quotité afférente à chaque village est encore aujourd'hui telle qu'elle a été fixée au commencement de ce siècle, d'après le cadastre dressé sous le gouvernement de Feth Âli Chah, dans la province de l'Azerbaidjân.
Quelques-uns de ces villages ont naturellement prospéré, d'autres ont périclité, de sorte que les premiers
payent moins qu'ils ne devraient, tandis que les seconds sont taxés au delà de leurs ressources.
On paraît généralement croire que rintention du Ghfth est de renouveler le cadastre, mesure qui, si elle est hien exécutée, aura pour résultat d'augmenter les revenue de l'État, et établira une répartition plus équitable de Timpôt, réforme qui répondra à l'un des vœux les plus ardents que puissent former en ce moment les populations persanes.
Les conditions nouvelles qui vont se produire dans la navigation des mers orientales par suite de l'ouvertore da Gtnal de Suez, ramènent aussi l'attention vers le golfePersique. Cette petite mer renfermée entre la Perse méridio-' nale et l'Arabie doit acquérir une importance qu'elle n'ap vait pas alors qu'elle n'était en quelque sorte abordable que par la voie de Bombay et par le cours du Tigre et de TEuphrate. Désormais, les produits de la Mésopotamie, de la Perse méridionale, de l'Arabie orientale, de MaskAt et des côtes de la mer d'Oman auront, comme ceux de l'Inde, un débouché facile et rapide vers l'Europe.
Bassora profitera la première de ces avantages. Située sur la rive droite du Chât-al-Arab, au-dessous de la jonotion des deux fleuves et à trente lieues seulement de la mer, elle est peuplée de soixante mille habitants, turcs, arabes, persans, arméniens et juifs, qui se livrent au commeree. Les fils télégraphiques la relient aux Indes et à l'Europe, et les navires de 500 tonneaux parviennent jusqu'à ses quais, oîi abordent les steamers anglais de Bombay et de Karatcht. Des bâtiments à vapeur plus légers remontent l'Euphrate en passant, à Hillah, devant l'ancienne Babylone, tandis que les navire» qui suivent le Tigre atteignent les villes importantes do Bagdad et de Mossoul, eu face de laquelle s'étendent les ruines de Ninive.
De même que certaines provinces de la Turquie d'Asie,