KURDES. 3S
moins de^ 9 millions de francs, et qui est concentré entre les mains du cheik et ceUe de riches marchands indiens , arabes et persans.]
S 3. Lifroatlèn tiireo-p«miit. — LtiXudts*
Nous reproduisons, sur cette partie de la frontière persane, une correspondance de Téhéran du mois de septembre 1869.
Les préoccupations politiques de la Perse, en ce moment, se résument dans deux questions importantes : Tune est l'état des afiaires sur la frontière turco-persane; l'autre, la difficulté de rencontrer une combinaison qui tienne compte des privilèges traditionnels d'une province considérable de la* monarchie, le Kurdistan, et qui se combine en même temps avec les droits souverains de la cour de Téhéran. Je suis en mesure de vous adresser des informations précises sur ces questions, dont la première se rattache à la situation géographique de la Perse, et dont la seconde touche par plusieurs points aux combinaisons de son administration intérieure.
Dès Tannée dernière, un conflit s'était élevé entre les tribus de la frontière et les troupes turques qui s'y trouvent cantonnées, et des faits analogues viennent de se renouveler. On ne peut se dissimuler que, sur cette frontière mal délimitée, de tels incidents sont presque inévitables, et ne peuvent manquer de se reproduire tant que la ligne de démarcation entre la Turquie et la Perse ne sera pas définitivement fixée. Le traité d'Ërzeroum, conclu en 1847 entre les deux États, sous la médiation de la Grande-Bretagne et de la Russie, avait prévu ces difficultés, et Tune de ses clauses prescrit la formation d'une commission mixte» qui devait être chargée de tracer exactement les limites et de mettre fin, par ime convention précise, à toute discussion ultérieure.
Cette commission, composée de délégués des deux puissances intéressées et des deux gouvernements arbitres, se rendit sur les lieux en 1849 et y continua ses études jusqu'en 1852; elle ne put toutefois, par suite de difficultés imprévues, atteindre le but de sa mission; elle se borna à recueillir les données in-
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dispensables à rachèvement de l'œuvre qui lui avait été confiée, ainsi qu'à lever le plan topographique de la contrée. Son travail fut repris en 1859 à Saint-Pétersbourg par une autre commission, où figuraient trois fonctionnaires anglais; mais les cartes dressées alors ne se trouvèrent point d'accord avec les premières, et l'on dut s'occuper d'une étude de comparaison et de rectification qui fixerait nettement les situations réciproques.
Une carte nouvelle, préparée par l'état-major russe et an commissaire anglais, est, dit-on, maintenant terminée, et permettra de traiter en pleine connaissance de cause la question de délimitation. Mais le point le plus difficile à constater restera encore la nationalité exacte des tribus nomades qui passent la frontière deux fois par an, et peuvent être alternativement considérées comme turques ou comme persanes. Ce sera % évidemment, le côté délicat d'une négociation qui intéresse à tant de titres la tranquillité des provinces limitrophes et les rapports de la Perse avec la Turquie.
L'autre affaire dont le gouvernement persan poursuit en ce moment la solution est le règlement de la situation politique du Kurdistan. Depuis plusieurs siècles, cette province, qui de tout temps a joui d'une indépendance relative, était devenue une sorte de principauté héréditaire sous l'autorité d'une famille indigène. Le dernier chef de cette famille n'ayant laissé que des enfants en bas âge, le roi de Perse a noomié directement un de ses parents au gouvernement du Kurdistan, et a placé également un fonctionnaire persan à la tète de l'adimnistration d'un des plus importants districts du pays. Mab le caractère des Kurdes et leurs traditions rendent cette combinaison difficile à maintenir, et le gouvernement a déjà rappelé le fonctionnaire envoyé à Sondj Boulak, tout en conservant, comme un témoignage de son autorité légale dans cette province dn royaume, un prince de la maison royale au poste de gouve^ neur général. On croit généralement que la cour de Téhéran, préoccupée de cette question, rencontrera un moyen de concilier pleinement ses droits avec les privilèges dont la population kurde parait être en possession depuis un temps inunémoriiL Il faut, pour se rendre exactement compte de la difficulté, apprécier rapidement le caractère et Thistoire de ces peuples.
Les Kurdes sont des tribus indigènes dont rétablissement dans le pays qu'ils occupent remonte aux époques anté-historiques. Ce pays, qui s'étend entre la Mésopotamie, le Tigre,